Skip to main content

« Quand Maître Robert parlait des artistes »

En 60 ans de carrière, Maître Robert a traversé le XXème siècle comme l’un des premiers (et des derniers) commissaires-priseurs visionnaires à prendre le risque de regarder un atelier d’artiste comme un trésor à faire découvrir au public et au marché.

Des dizaines de talents, qui, aujourd’hui, paraissent comme une évidence les salons et ventes d’Art Moderne, ont été révélés grâce aux enchères et à ce marteau précurseur.

Claude Robert (1924-2014), un commissaire-priseur entre tradition et modernité

Figure marquante du monde des enchères, Claude Robert a marqué de son empreinte l’histoire du marché de l’art parisien. Commissaire-priseur de renom, il a longtemps exercé au sein de l’étude Robert, maison fondée par son père et qui deviendra plus tard la maison de ventes aux enchères Millon.

Né le 24 février 1924 dans le 16e arrondissement de Paris, Claude Robert est le fils de Jacques Robert, lui-même commissaire-priseur, et fondateur de l’actuelle Maison de ventes MILLON en 1928.

Après un parcours scolaire au lycée Janson-de-Sailly, il poursuit des études de droit à la Faculté de droit de Paris, puis complète sa formation à l’École du Louvre en art et archéologie. Ce double cursus nourrit son regard sur les œuvres et forge les bases de sa future carrière.

En 1951, il obtient son diplôme de commissaire-priseur et prend naturellement la relève de son père à la tête de l’étude familiale. Installée au 5 avenue d’Eylau, dans le 16e arrondissement, l'étude Robert devient sous sa direction un lieu incontournable pour les amateurs d’art.

Sa carrière atteint un tournant majeur en 1975-1976 lorsqu’il est nommé Président de la Compagnie des commissaires-priseurs de Paris, une reconnaissance par ses pairs de son expertise et de son engagement.

En 1990, il s’associe avec Joël-Marie Millon. Ce partenariat marque un tournant décisif dans l’histoire de l’étude, qui prend officiellement le nom de MILLON en 2002.

Grand passionné d’art moderne, Claude Robert est à l’origine de nombreuses ventes d’ateliers d’artistes organisées à l’Hôtel Drouot. Il possédait lui-même une belle collection de tableaux et de dessins, témoignant de son goût sûr et de son attachement personnel aux œuvres.

Les ventes marquantes de Maître Robert

Dans les années 60, il s’illustre notamment en proposant des ventes d’ateliers autour de figures de l’art qui sont aujourd’hui particulièrement reconnues.

C’est le cas dès 1966 avec Georges Kars, dont il organise deux ventes à quelques mois d’intervalle. L’année suivante, il met en lumière Willem Van Hasselt, Marcel Roche, mais aussi Augustin Carrera, dont les ateliers sont dispersés avec soin. En 1968, les œuvres de Louis Süe, Anders Osterlind ou encore Adolphe Milich trouvent également preneur sous son marteau.

La décennie suivante marque la poursuite de ce travail patient. En 1970, Maître Robert consacre une vente à Paul Colin, avant de réunir en 1971 les ateliers de Jean AujameHenri NouveauGio Colucci ou encore Jean Pougny.
Le 22 mars 1971, il orchestre une vacation particulièrement représentative de sa ligne : celle des ateliers de Marcelle Cahn, Joseph Csaky et Léon Tutundjian, tous trois figures majeures de l’abstraction.

L’œuvre de Tutundjian, artiste complexe passé de l’abstraction géométrique au surréalisme, retiendra d’ailleurs l’attention de Claude Robert à plusieurs reprises. Il lui consacre trois ventes posthumes : en février 1976novembre 1977 puis à nouveau en mars 1987, soulignant ainsi sa conviction que cet artiste méritait une reconnaissance accrue.

À cette même époque, il défend également le travail de Géza Szobel, dont les ventes d’atelier sont organisées en 1971 puis en 1972, ou encore celui de Jean Lambert-Rucki, présenté en octobre 1971. Suivent Odilon RocheEugène Chigot ou Serge Charchoune, dont les ateliers sont dispersés à plusieurs reprises entre 1972 et 1977.

En 1971, il organise aussi une vente consacrée à Pierre de Belay, dont les dessins et scènes de la vie parisienne suscitent l’intérêt des institutions. Par cette vente, Claude Robert permet à son œuvre de circuler à nouveau, bien au-delà des cercles spécialisés.

Dans les années 80, cette fidélité aux ateliers se poursuit. Paul Ackerman fera l’objet de plusieurs ventes, entre 1984 et 1985, preuve de l’attention constante de Maître Robert pour les fonds cohérents. Il revient également sur Tutundjian en 1987, tout comme sur Fernand Pinal, Germaine Lacaze ou Adolphe Beaufrère, dispersés entre 1985 et 1987.

Enfin, dans les années 1990, Claude Robert reste fidèle à son engagement, poursuivant les ventes d’ateliers d’artistes contemporains ou plus confidentiels comme Ruben CamachoDjil Marson, Pierre Gogois ou Alexandre Khanine, qu’il accompagne jusqu’aux enchères.

Claude Robert s’éteint le 9 août 2014 à l’âge de 90 ans, laissant derrière lui une maison de ventes florissante et un héritage durable dans le monde des enchères.

Voici ce que Maître Claude Robert écrivait au sujet des artistes et qu’il s'apprêtait à révéler au marché de l’art.

 

- Léon Tutundjian

- Pierre de Belay

Anders Osterlind

Paul Colin

Jean Aujame

Henri Nouveau

Gio Colucci

Jean Pougny

Marcelle Cahn

Geza Szobel

Jean- Lambert Rucki

Eugene Chigot

Serge Charchoune

Adolphe-Marie Beaufrère

 

-> "Le dernier des géants" 

Obtenir une estimation gratuite dès maintenant

  • Réponse en 48h
  • Confidentielle
Votre estimation

Nos actualités

Nos actualités et événements vous intéressent,
inscrivez-vous !

Skip to top