Decouvrez l'oeuvre et la vie de Jean Pougny, ainsi que sa cote et son prix sur le marché de l'art.
Jean Pougny
Biographie
Ivan Albertovitch Puni, connu sous le nom de Jean Pougny après son installation en France, est un artiste franco-russe majeur de l'avant-garde du XXe siècle. Né le 3 avril 1890 à Kuokkala, dans le Grand-Duché de Finlande alors sous domination russe, il est le petit-fils du compositeur italien Cesare Pugni. Issu d'une famille de musiciens, son père, violoncelliste, envisage pour lui une carrière militaire, mais Ivan choisit la voie artistique. Il commence sa formation à Saint-Pétersbourg, puis poursuit ses études à Paris en 1910, notamment à l'Académie Julian, où il découvre le fauvisme et le cubisme.
De retour en Russie en 1912, Puni épouse l'artiste Ksenia Bogouslavskaïa et s'immerge dans le cercle de l'avant-garde pétersbourgeoise, collaborant avec des figures telles que Kazimir Malevitch et Vladimir Tatline. En 1915, il organise des expositions révolutionnaires comme "Tramway V" et "0,10", qui marquent l'émergence du suprématisme. Puni y présente des œuvres cubistes et des reliefs, contribuant activement au développement de l'art abstrait en Russie.
Après la Révolution d'Octobre, Puni est nommé professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Petrograd. Cependant, en 1919, il quitte la Russie pour s'installer à Berlin, où il expose à la galerie Der Sturm et conçoit des décors et costumes pour le théâtre. En 1923, il s'établit définitivement à Paris et adopte le nom de Jean Pougny. Son style évolue vers une forme de primitivisme lyrique, influencé par Pierre Bonnard et Édouard Vuillard. Naturalisé français en 1947, Pougny décède à Paris le 28 décembre 1956.
Style et Influences
Jean Pougny est reconnu pour sa capacité à intégrer et réinterpréter divers courants artistiques. Initialement influencé par le fauvisme et le cubisme découverts lors de son séjour parisien, il adopte ensuite le suprématisme aux côtés de Malevitch, explorant l'abstraction géométrique et la réduction des formes. Ses œuvres de cette période, telles que "Le Coiffeur" (1915), témoignent de cette approche. Après son installation en France, son style devient plus figuratif et intimiste, rappelant les œuvres de Bonnard et Vuillard, avec une attention particulière portée aux scènes de la vie quotidienne et aux intérieurs chaleureux.
Cote et Marché de l’Art
Tableau des prix :
| Type d’œuvre | Prix bas | Prix haut |
|---|---|---|
| Peinture | 230 € | 407 880 € |
| Dessin-Aquarelle | 50 € | 70 000 € |
| Estampe-Multiples | 10 € | 3 222 € |
Jean Pougny occupe une place significative sur le marché de l'art, ses œuvres étant recherchées par les collectionneurs et les institutions. Ses peintures, notamment celles de la période suprématiste et ses compositions postérieures influencées par le primitivisme lyrique, atteignent des prix élevés lors des ventes aux enchères. Par exemple, en 2012, une de ses œuvres a été adjugée pour une somme significative lors d'une vente aux enchères à New York. Les œuvres sur papier, telles que les dessins et aquarelles, présentent une fourchette de prix plus accessible, reflétant la diversité de sa production artistique.
Les records de vente pour Pougny illustrent l'intérêt constant pour son travail. Ses œuvres sont régulièrement présentées dans des ventes aux enchères internationales, témoignant de sa reconnaissance sur le marché de l'art. L'analyse de la cote de Pougny révèle une stabilité avec une tendance à la hausse, particulièrement pour les œuvres majeures de sa période russe et ses peintures parisiennes des années 1920 et 1930. La demande est soutenue en Europe, notamment en France et en Allemagne, ainsi qu'aux États-Unis.
Comment estimer une œuvre ?
L'estimation d'une œuvre de Jean Pougny repose sur plusieurs critères essentiels :
Période de création : Les œuvres de la période suprématiste (1915-1917) et celles réalisées après son installation à Paris sont particulièrement prisées.
Technique et médium : Les peintures à l'huile sur toile atteignent généralement des valeurs plus élevées que les œuvres sur papier ou les esquisses.
Provenance : Une provenance documentée, notamment une inclusion dans des expositions majeures ou une appartenance à des collections reconnues, peut augmenter la valeur de l'œuvre.
État de conservation : Un état impeccable est crucial pour maintenir la valeur de l'œuvre.
Dimensions : Les œuvres de grand format sont souvent plus valorisées, bien que les petites pièces de qualité puissent également atteindre des prix significatifs.
Estimation & Vente
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« Quand Maître Robert parlait des artistes »
En 60 ans de carrière, Maître Robert a traversé le XXème siècle comme l’un des premiers (et des derniers) commissaires-priseurs visionnaires à prendre le risque de regarder un atelier d’artiste comme un trésor à faire découvrir au public et au marché.
Des dizaines de talents, qui, aujourd’hui, parsèment comme une évidence les salons et ventes d’Art Moderne, ont été révélés grâce aux enchères et à ce marteau précurseur.
Voici ce que Maître Claude Robert écrivait au sujet de Jean Pougny au moment de le révéler au monde de l’Art.
« II en est de l’œuvre de Pougny comme des grands crus qui dans le secret du caveau se bonifient et dont le délicat bouquet donne alors toute sa saveur...
Pougny s'y révèle essentiellement le peintre de l'intimité. Attiré dans ses débuts par le fauvisme, puis le cubisme lors de son passage à Berlin, il demeurait à la fin de sa vie fidèle aux Nabis qu'il chérissait entre tous, et particulièrement à Vuillard, auquel plus d'un de ses intérieurs ou de ses plages nous font songer.
Poète, il demandait à ses "Arlequins" au "modeste fauteuil" qu'il éclaboussait de couleurs, comme une cadence. Il se plaisait à la chaleur du foyer, aussi parmi les "petites gens" dont il scrutait fiévreusement l'âme. D'un ancêtre compositeur célèbre d'opéras et de ballets, d'un père violoncelliste non moins réputé, il avait retenu les enseignements, dont il laissait le soin à son pinceau de prolonger l’écho.
Degas lui-même n'était-il pas fils de musicien ? Aussi chez l'un comme s'affirme, une fois de plus la réponse des sens aux couleurs. En dépit du dépaysement, Pougny avait conservé cette sensibilité, celle d'un Soutine et d'un Chagall slave qu'il n'abandonne jamais avec moins d’apprêté aussi moins de fantaisie, il en est cependant très proche... "