Gio (ou Géo) Colucci est un peintre, illustrateur et architecte italien du XIXème siècle. Né au Caire, il est admis à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris puis retourne en Afrique pendant la Première Guerre mondiale où il exerce la profession d’architecte. De retour en France, c’est d’abord pour ses gravures qu’il se fait connaître. Il produit de nombreuses illustrations, pour son frère l’écrivain et éditeur Guido Colucci ainsi que pour d’autres éditeurs. C’est ensuite dans la mouvance expressionniste qu’il produit des peintures et gravures qui seront présentées dans plusieurs salons, notamment au Salon d’Automne et au Salon des surindépendants. Artiste en perpétuel renouveau, il s’oriente vers la céramique au tournant des années 1920 et produit de nombreux objets. Il collabore notamment avec la galerie Christofle à Paris et connaît un important succès. Ses productions figurent aujourd’hui dans d’importantes collections privées et muséales. Une huile sur papier représentant une femme assise a été adjugée 800 Euros en 2018 chez Millon.
Découvrez l'œuvre et la vie de Gio Colucci, ainsi que sa cote et son prix sur le marché de l’art.
Biographie
Gio Colucci, né le 30 mai 1892 au Caire et mort le 5 octobre 1974 à Paris, est un artiste aux multiples facettes : peintre, graveur, illustrateur, céramiste et sculpteur d’origine italienne. Élève à l’École des beaux-arts de Paris, il s’oriente d’abord vers l’architecture en Égypte, puis rentre en France en 1918, après la Première Guerre mondiale, où il développe une œuvre plastique libre et expérimentale.
Issu d’un milieu intellectuel – son frère Guido Colucci était écrivain et calligraphe – il illustre avec lui plusieurs ouvrages de bibliophilie. Dans les années 1920, ses gravures expressionnistes sont exposées dans les plus grands salons parisiens (Salon d’Automne, Salon des surindépendants) aux côtés de Gleizes, Herbin et Delaunay. Il collabore avec de nombreux éditeurs d’art, illustrant des textes de Barbey d’Aurevilly, Maupassant, Octave Mirbeau, Dante ou encore Villon.
En 1929, il se tourne vers la céramique et installe son atelier à Aubagne. Influencé par les traditions provençales et l’esthétique étrusque, il crée des pièces uniques aux formes puissantes et aux émaux denses, mêlant art utilitaire et sculpture expressive. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la Légion étrangère, est fait prisonnier puis s’évade avant de revenir à son travail de potier.
Après-guerre, il expose notamment à la galerie Christofle à Paris. En 1956, il fonde avec Gino Severini l’École d’art italien, où il enseigne la céramique. En 1959, il est exposé à la Quadriennale de Rome et à New York. Il meurt à Paris en 1974. Son atelier a été dispersé aux enchères en 1994 et 1995.
Ses œuvres sont conservées dans de nombreuses institutions : musée des Arts décoratifs de Paris, musée Rodin, musée Paul-Valéry, Corning Museum of Glass (New York), musée d’art moderne du Caire, National Gallery of Victoria à Melbourne, et plusieurs musées aux Pays-Bas et en Indonésie.
Style et influences
Gio Colucci développe un style profondément personnel, à la croisée de l’expressionnisme, de l’abstraction et de l’art décoratif. Il s’illustre par un travail virtuose de la matière, que ce soit dans ses eaux-fortes, gravures sur bois, illustrations de luxe ou ses pièces en céramique.
Son univers graphique, très contrasté, oscille entre tension dramatique et lyrisme formel. Ses illustrations de La mort de Philae de Loti ou du Jardin des supplices de Mirbeau sont emblématiques de cette esthétique. Sa série de manuscrits enluminés en collaboration avec son frère (notamment le Grand Testament de Villon) relève d’un travail d’orfèvre entre peinture et calligraphie.
Dans le domaine de la céramique, il mêle tradition et exubérance, revisitant des formes classiques (soupières Louis XV, plats godronnés) avec des émaux aux coulures baroques. Il revendique une approche organique, presque sculpturale, du matériau. Son travail avec le verre dans les années 1950, parfois comparé à celui de Picasso, illustre sa capacité à renouveler son langage plastique.
Colucci est aussi un inventeur de formes, intégrant parfois le métal, le bois ou le verre dans ses objets, et anticipant une approche pluridisciplinaire qui marquera l’art contemporain.
Cote et marché de l’art
| Type d’œuvre | Prix bas estimé | Prix haut estimé |
|---|---|---|
| Peinture | 800 € | 8 000 € |
| Dessin, aquarelle | 150 € | 2 500 € |
| Gravure (eaux-fortes, bois) | 100 € | 1 200 € |
| Céramique (poterie) | 300 € | 6 000 € |
| Sculpture en verre/objet | 1 000 € | 10 000 € |
| Illustrations de livres | 200 € | 3 000 € |
Parmi les records de vente récents :
Sans titre, sculpture-objet en verre et métal, musée des Arts décoratifs, estimée à plus de 10 000 €.
Nus étendus, huile sur toile, 1935, 81 x 65 cm, conservée au Telfair Museum of Art.
Série d’eaux-fortes pour Le Jardin des supplices adjugée à 2 800 €.
Plusieurs pièces de céramique (soupières, plats) de l’atelier d’Aubagne ont été adjugées entre 1 000 € et 4 500 €.
Nous avons vendu plusieurs gravures et objets de Colucci, confirmant l’intérêt croissant pour ses œuvres illustrées et ses céramiques uniques.
La cote de Colucci bénéficie d’un regain d’intérêt ces dernières années, porté par la redécouverte de l’art décoratif du XXe siècle et des illustrateurs de bibliophilie. Ses œuvres sont recherchées tant par les amateurs de livres illustrés que par les collectionneurs de céramique et d’art moderne.
Le marché est réparti principalement entre la France, les États-Unis, l’Italie et les Pays-Bas, avec une demande accrue pour ses œuvres entre 1 000 € et 5 000 €, notamment pour les pièces en verre ou les objets uniques illustrés.
Comment estimer une œuvre de Gio Colucci ?
L’estimation d’une œuvre de Colucci repose sur plusieurs critères essentiels :
Type d’œuvre : les pièces uniques (sculpture, céramique, objets illustrés) sont plus cotées que les œuvres en série.
Période de création : les œuvres entre 1920 et 1955 sont les plus recherchées.
Technique : l’originalité de la matière et du traitement (verre soufflé, émail coulé, gravure originale, manuscrit enluminé) influe fortement sur la valeur.
Signature et provenance : les œuvres signées, issues de collections documentées ou passées en expositions, sont plus valorisées.
État de conservation : les céramiques doivent être intactes, les ouvrages complets, et les gravures en bon état.
Nos experts tiennent également compte des expositions passées, de la rareté du sujet, et du niveau de finition de chaque pièce.
Estimation & Vente
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Notre maison bénéficie d’une expérience approfondie dans la vente des œuvres de Gio Colucci et dispose d’un large réseau d’amateurs et collectionneurs en France, en Belgique et à l’international. Nous organisons régulièrement des journées d’expertises gratuites dans nos bureaux à Paris, Marseille, Bruxelles, Nice et Lausanne.
« Quand Maître Robert parlait des artistes »
En 60 ans de carrière, Maître Robert a traversé le XXème siècle comme l’un des premiers (et des derniers) commissaires-priseurs visionnaires à prendre le risque de regarder un atelier d’artiste comme un trésor à faire découvrir au public et au marché.
Des dizaines de talents, qui, aujourd’hui, parsèment comme une évidence les salons et ventes d’Art Moderne, ont été révélés grâce aux enchères et à ce marteau précurseur.
Voici ce que Maître Claude Robert écrivait au sujet de Gio Colucci au moment de le révéler au monde de l’Art.
