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"Artiste en tout ce qui lui tombe sous la main, en bois, en verre, en terre cuite ; mais surtout artiste en chimères, toujours prêt à les emprisonner dans le premier objet sur lequel il les saisit" [1]
Émile Gallé né à Nancy le 4 mai 1846, au sein d’une famille protestante. Son père Charles Gallé tient un commerce de faïence et de verrerie et sa préceptrice lui apprend à lire dans le livre Les Fleurs animées. Ensuite, durant ses études au lycée, le jeune homme développera des convictions humanistes et un amour profond pour la littérature et les herbiers qu’il récolte autour de Nancy, dans les Vosges, l'Alsace ou les Alpes. Il dessine aussi dès son plus jeune âge des animaux, des fleurs et des plantes, notamment pour servir de décors aux productions de son père. En 1865, il part pour l’Allemagne étudier la sculpture et le dessin tout en approfondissant ses connaissances sur la faune et la flore. Cette période le voit également réfléchir au devenir de l’affaire familiale, que sa position de fils unique le destine à reprendre. C’est en ce sens qu’il se fait embaucher en 1866 chez Burgun, Schwerer & Cie, à Meisenthal, où il étudie assidûment les techniques et la chimie du verre. Gallé retourne ensuite à l’entreprise familiale, devenant l’associé de son père qu’il représente à l'Exposition Universelle de 1867 à Paris où il obtient une mention honorable pour la verrerie.
Gallé a 24 ans quand éclate la guerre de 1870 qui aboutit après la défaite française à l’annexion par la Prusse des provinces d’Alsace et de Lorraine suite au Traité de Francfort du 10 mai 1871. Une blessure pour la France et pour le jeune artiste qui est séparé de ses amis de Meisenthal, désormais dans la zone d’occupation allemande. Gallé voyage alors, d’abord à Londres puis à Paris, visitant les musées où il admire notamment les émaux des verreries islamiques et les travaux de Philippe-Joseph Brocard et du japoniste François-Eugène Rousseau. De retour en France, il monte son propre atelier de verrerie et continue de s’investir dans l’affaire familiale dont il prend la direction en 1877. Là, Émile Gallé développe en premier lieu l’activité verrière suivant une logique simple et rationnelle : s’assurer une production commerciale assez rentable pour pouvoir en parallèle innover, rechercher, et créer des pièces uniques et artistiques. Ces premières pièces personnelles sont présentées en 1878 à l’Exposition de l’Union Centrale de Paris, dévoilant notamment la patriotique [2] Croix de Lorraine et le Chardon Nancéien parmi leurs motifs décoratifs.
Par la suite, Gallé n’aura de cesse de développer son établissement, qu’il dote de nouveaux fours en 1884, d’ateliers modernes et bien aérés et de bureaux d’étude pour les nouveaux modèles avec pour les inspirer des parterres de fleurs qu’il plante lui-même. Le maître nancéien, en effet, étudiera la Nature toute sa vie [3], tant en scientifique qu’en artiste, célèbre pous sa devise sculptée sur la porte de son atelier de Nancy :
"Ma racine est au fond des bois" [4].
En 1885, Emile Gallé étend ses activités à l'ébénisterie, ce qui lui vaut de la part de son ami Roger Marx le surnom "homo triplex" car il travaille désormais la terre, le verre et le bois. Il installe dans son établissement un atelier dédié pour y développer marqueterie et sculpture sur bois, avec toujours cette recherche qui est celle de l’Art Nouveau : allier le beau à un marché relatif afin d’embellir tous les aspects de la vie quotidienne. Son premier ensemble mobilier est présenté à l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, une réussite couronnée par une médaille d’or ainsi que le Grand Prix (pour ses verreries). Ce succès sera un moteur puissant et les années 1890 de Gallé sont d’une fertilité qui va crescendo.
Soutenu par de riches mécènes qui lui passent parfois de somptueuses commandes, Émile Gallé est également un entrepreneur à la tête d’une industrie d’art qui emploiera à son apogée près de 300 personnes. Afin de ne plus dépendre de Meisenthal pour la production de ses verreries, il ouvre sa propre cristallerie à Nancy, dont la mise à feu a lieu le 29 mai 1894. Cela lui permet de poursuivre ses recherches techniques et esthétiques sur le travail du verre, créant de nouveaux procédés de fabrication parmi lesquels deux brevets déposés en 1898 pour "un genre de décoration et patine sur cristal" et "un genre de marqueterie de verres et cristaux".
Engagé dans le renouvellement des arts décoratifs, Émile Gallé diffuse dans ses dépôt-vente [5] des pièces de série de qualité, l'industrialisation lui permettant de produire à moindre coût des objets destinés à une plus large clientèle. L’idée de Gallé - et de l’Art Nouveau - est que pour être "utile" l’Art doit pénétrer le quotidien afin d’éduquer toutes les couches sociales à la beauté :
"j’ai voulu rendre l’art accessible, de façon à préparer un nombre moins restreint d’esprits à goûter les œuvres plus enveloppées. J’ai propagé le sentiment de la nature, celui de la grâce des fleurs, de la beauté des insectes. Je puis me présenter devant vous comme un vulgarisateur de l’art" [6].
Le maître nancéien conçoit également son rôle d’artiste en lien avec le monde, le beau encourageant une exigence morale qu’il incarne par ses nombreuses prises de position et engagements politiques. Une démarche qu’il défend en avril 1898[7] en déclarant : "Aujourd’hui, il faut jeter les fleurs sous les pieds des barbares ! (…) Qu’importe la peine, qu’importe l’écrasement des pétales par milliers, si un de ces cœurs durs s’apitoie assez, un instant, à propos d’une rose jetée à terre, pour se baisser malgré la fatigue et le dégoût des choses tombées".
Il invente pour ce faire les meubles et le verre "parlant", qu’il couvre d’allégories mais aussi de citations afin de toucher également les couches de la population que la seule symbolique n’atteindrait pas. Gallé réalise ainsi plusieurs verreries en faveur du Capitaine Dreyfus [8], présentera à l’Exposition Universelle de 1889 une table "Le Rhin" qui revendique le retour à la France de l’Alsace-Lorraine et à celle de 1900 son extraordinaire "Amphore du roi Salomon" qui fait blêmir la presse antisémite. L’artiste use également de cette approche sur des pièces artistiques et symboliques comme ses vases "de Tristesse" (qui transcendent la peine causée par le décès de sa mère en 1881) ou son remarquable vase "Pasteur" de 1893.
Fort d’une décennie de recherches et d’innovations, l’Art de Gallé culmine lors de l’Exposition Universelle de 1900. Il y expose un nouvel ensemble mobilier, au répertoire essentiellement végétal, d’une plus grande finesse d’exécution et aux silhouettes plus "légères" que celui de 1889. L’artiste ne concourt alors plus en céramique, mettant l’accent sur le verre en présentant même un four au milieu de son stand pour éduquer les visiteurs sur la fabrication des pièces. Il repart de l’Exposition avec deux grands prix et une médaille d'or … mais également des craintes quant au "danger qu’il y aurait pour nos ateliers lorrains à rester sans liens, en présence du relèvement universel des industries d’art" [9].
C’est en ce sens qu’il créé [10] l’Alliance Provinciale des industries d’Art le 13 février 1901, dont il devient le premier Président. Également dénommée École de Nancy, l’Alliance s’apparente à un syndicat des industries d’art et des artistes décorateurs qui vise à protéger et accroître leur production en mutualisant certaines initiatives.
Émile Gallé meurt le 23 septembre 1904 des suites d'une maladie apparue lors de l'Exposition Universelle de 1900. Symbolique, visuelle et visionnaire, son œuvre et sa vie participent des jalons de l’histoire des Arts Décoratifs en ce qu’ils portent cette conviction : "voir, c’est savoir ; regarder, c’est comprendre" [11].
Sa veuve Henriette Gallé et son gendre Paul Perdrizet reprennent l'activité de la verrerie qui devient la société anonyme des Établissements Gallé. Ils produisent jusqu’en 1914 des verreries multicouche reprises de dessins et modèles existant, puis de 1918 jusqu’à l’arrêt définitif en 1936 une production standardisée à grande échelle, avec création de nouveaux modèles et de la technique du verre soufflé-moulé [12].
[1] Melchior de Vogüé in Revue des deux mondes, 3e période, tome 95, 1889, page 209.
[2] Il convient ici de souligner que Gallé s’est toujours nourri de culture germanique (il a rencontré Liszt à Weimar et apprécie Wagner) et que son patriotisme refuse la xénophobie, qu’il combattra toute sa vie.
[3] il fonde notamment en 1877 la Société Centrale d'Horticulture de Nancy, correspond avec de nombreux botanistes et publie divers articles scientifiques sur la variabilité des végétaux.
[4] selon Henriette Gallé in E.Gallé : Écrits pour l’art, Editions Jeanne Laffitte, 1998, la citation complète serait : "Nos racines sont au fond des bois, parmi les mousses, autour des sources" et s’inspirerait du scientifique allemand Jacob Moleschott qui écrivit : "C'est par les plantes que nous tenons à la terre : elles sont nos racines".
[5] Marcelin Daigueperce à Paris dès 1879 (puis son fils Albert en 1896), Francfort en 1894 et Londres en 1901
[6] Gallé dans une lettre de 1889 citée par François Le Tacon dans sa communication à l’Académie Stanislas du 19 mars 1999.
[7] dans le numéro XVII de la Revue des Arts Décoratifs
[8] tel le vase "Hommes Noirs" présenté à l’Exposition Universelle de 1900 ou lecalice "Le Figuier" portant ces vers de Victor Hugo "Car tous les hommes sont les fils d’un même père, ils sont la même larme qui coule du même œil".
[9] Gallé cité par François Le Tacon (op.cit.)
[10] avec Eugène Vallin, Antonin Daum, Louis Majorelle et Victor Prouvé
[11] Bertrand Tillier : "Émile Gallé et l’affaire Dreyfus : vers une mutation des arts décoratifs", in Annales de l’Est – 2005 – numéro spécial, page 106.
[12] comme pour le "Vase aux éléphants" présenté à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925
La maison de ventes aux enchères MILLON vend régulièrement des œuvres d'Emile Gallé. Florian Douceron, clerc spécialiste du département Art Nouveau, vous décrypte quelques œuvres phares de l'artiste :

"Un décor aux limites de la peinture abstraite où ciel, mer, montagne, arbres sont entraînés dans un vaste mouvement giratoire"[1]
Galvanisé par son obsession de trouver des concordances plastiques à sa vision de la nature, Emile Gallé invente en 1898 la technique de la "marqueterie de verre", méthode de décoration pour laquelle il obtient un brevet d’invention le 12 Août de la même année. Née d’une parfaite coordination entre la conception intellectuelle puis le travail à chaud et à froid du verre, cette technique d’une rare sophistication lui permet de réaliser pleinement son inspiration naturaliste et symboliste en développant les possibilités chromatiques du verre d’une façon jusqu’alors inédite.
Schématiquement, il s’agit d’insérer à chaud dans la masse vitreuse encore à l’état de pâte d’autres éléments de verres préalablement préparés, gravés, doublés de feuilles métalliques ou patinés.[2] Cette technique complexe et périlleuse (le coefficient de dilatation différent de chaque morceau entraînant tensions et risques de fêlures) offrira paradoxalement à Gallé son mode d’expression le plus libre, "fixant sans limitation de quantités, à chaud, ces pâtes de verre colorées, soudées les unes à côté des autres. Grâce à lui, palette de peintre et palette de verrier furent égales"[3].
Les plus grands chefs d’œuvre tirent de la marqueterie leur force poétique et leur beauté novatrice, comme notre rare et exceptionnelle coupe "La Nature". Son décor en effet est un véritable paysage de verre qui emprunte au medium ses propriétés contradictoire d'appartenir à la fois au solide et au fragile, à l’opacité et à la transparence, autant de réalités physiques qui sont celles du vivant toujours au cœur des inspirations de Gallé. Au service de cette inspiration, le maître Nancéen déploie ici une virtuosité technique qui lui permet de s’approprier un esthétique qu’on pourrait qualifier "d’impressionniste". Son inspiration semble toutefois encore antérieure tant elle semble emprunter aux aquarelles de William Turner leurs effets de lumières et de couleurs accentuées.

Participant des chefs d’œuvres de la production d’un Emile Gallé alors à l’apogée de son art, cette coupe "La Nature" témoigne de la quête poétique et symboliste que poursuivit toute sa vie le maître verrier. A éprouver sa masse et son aspect brut on ressent le poids de cet héritage qui sert pourtant un décor minimaliste et où l’évocation est recherchée plutôt que la démonstration.
"Souvent je suis resté en contemplation devant une grande coupe marquetée, flambée (…) et, suivant l’heure de la journée, suivant l’inclinaison des rayons solaires qui lui donnaient la vie, mes pensées étaient bien différentes suivant l’heure … gaies le matin, tristes vers le soir … c’était en quelque sorte le matin et le soir de la vie !"[4]
Seul élément "figuratif" du décor, l’unique arbre en frondaison pourra même nous évoquer les peintures du Vaucluse que réalisera plus de 50 ans plus tard le peintre franco-russe Nicolas de Staël et semble porteur de la même volonté de dépasser le fossé entre figuration et abstraction.

Alors, et comme un écho anachronique à ce qu’écrira De Staël [5] en 1951 on s’autorisera le tutoiement pour dire à Emile Gallé : "Tu m'as fait retrouver d'emblée la passion que j'avais, enfant, pour les grands ciels, les feuilles en automne et toute la nostalgie d'un langage direct, sans précédent, que cela entraîne."
[1] Philippe Thiebault, Conservateur au Musée d’Orsay, tel que cité par Edith Mannoni in Les Pâtes de Verres, autour de Daum et Gallé, Ch. Massin Editeur, page 29.
[2] plutôt que de réaliser un décor par la gravure à travers des couches de matière refroidies.
[3] In "Au Musée Galliéra – Les Verreries de Gallé", Art & Industrie, Aout 1910, fascicule 3.
[4] mots du journaliste de Art & Industrie, Aout 1910, op. cit. à propos de la coupe approchante conservée au Musée de Cognac
[5] dans une lettre à son ami René Char datée du 8 novembre 1951

"Ce que jamais homme n'a vu, il l'a vu durant la longue nuit, et la faveur du peuple éléphant et des Dieux des jungles est avec lui."[1]
On sait aujourd’hui avec certitude que la technique du verre soufflé-moulé n’a pas été initiée du vivant d’Emile Gallé. Le silence de ses Ecrits pour l’Art à ce sujet en attestait déjà, aucune mention d’une telle décoration en relief ne figurant parmi les milliers de lignes où le minutieux inventeur compilait chacune de ses innovations.
La période de création des vases en verre soufflé-moulé fût finalement circonscrite avec précision en 1974 par un ancien décorateur et graveur[2] des Établissements Gallé : entre 1924 et 1926.
Avec ce vase, donc, nous sommes donc bien après la mort d’Émile Gallé (en 1904). Nous sommes même après celle d’Henriette Gallé, sa veuve, qui assura jusqu’en 1914 la direction de l’industrie verrière. Plus précisément, nous sommes dans la dernière ère des Établissements Gallé, celle de la direction de Paul Perdrizet (époux de Lucile Gallé, la deuxième fille de l’artiste). Sous l’autorité de ce dernier, les Établissements ne font montre que d’un très faible renouvellement créatif, la priorité étant à la production sérielle des modèles Art Nouveau déjà existants. Cependant, malgré un succès commercial qui ne se dément pas, l’iconographie Belle-Époque confine au surannée tandis que s’affirme le style Art Déco avec l’exposition éponyme des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
C’est alors qu’intervient la dernière grande innovation des Établissements Gallé : les vases en verre soufflé-moulé.
Sans doute inspirée par les succès de Décorchemont, Argy-Rousseau et Lalique, cette manière nouvelle pour la firme consiste à souffler la pâte de verre dans un moule dont la surface intérieure présente en " négatif " les motifs souhaités. S’ils reprennent une technique déjà bien établie, les vases en relief des Établissements Gallé se distinguent des autres productions soufflées-moulées en présentant plusieurs couches de verre coloré.
Fidèle à l’histoire de la maison, cette série déclina surtout des motifs floraux et fruitiers, mais également trois à décors d’animaux : éléphant, mouette et ours polaire. Le vocabulaire décoratif Art Déco faisant la part belle à l’Africanisme et l’évocation des Colonies, il est possible que le vase aux "Éléphants" suive simplement la mode de son temps. Cependant, à considérer les autres modèles animaliers de la série, on sera à s’écrier tel Cyrano : "Ah ! non ! c'est un peu court" : Et en effet, il semblerait[3] que le vase soufflé aux "Mouettes" ait été imaginé pour célébrer les grands raids aéronautiques des Années 20, tandis que celui aux "Ours polaires" glorifierait les vols en ballon de Roald Amundsen vers le Pôle Nord en 1926.
Quid alors de nos pachydermes ? L'événement le plus probable qui expliquerait l’occurrence de ce décor pourrait être la "Croisière Noire", grand voyage automobile qui traversa le continent africain du Nord au Sud entre le 28 octobre 1924 et le 26 juin 1925. Organisée avec force publicité par le constructeur français Citroën, l’expédition fît l’objet de nombreux récits illustrés, mettant souvent en scène des éléphants. La "Croisière Noire" s'arrêta notamment en mars 1925 dans la ferme d'Api au Congo, où les pachydermes étaient élevés et dressés au défrichage et aux transports lourds.

Une exposition sera même organisée a l’issu de la "Croisière, au Pavillon de Marsan du Louvre d’octobre à décembre 1926, dont les publicités figuraient elles aussi, souvent, des éléphants.
Si les tenants de sa création restent encore mystérieux, le vase soufflé aux "Éléphants" semble avoir été pour les Établissements Gallé un produit phare, dont les chances de succès paraissaient assez certaines pour légitimer sa fabrication en deux couleurs : ivoire et brun/vert. Désormais réduits à une taille permettant de les accueillir chez soi, ces éléphants nous fascinent encore près de cent ans après leur création et font de nous autant de Petit Prince heureux de cette résolution de l’épineux problème : "un éléphant, c'est très encombrant. Chez moi, c'est tout petit." [4]
[1] Rudyard Kipling, Le livre de la jungle, traduction L.Fabulet et R. d'Humières Kipling, Mercure de France, Paris, 1910, page 256 .
[2] René Dézavelle in "L’Histoire des vases Gallé" cité dans la newsletter de l’association Glasfax (Canada), volume 8, septembre 1974, page 27.
[3] selon Samuel Provost in "Etablissements Gallé and the Industrial Mold-Blown or ”Relief” Series of the 1920s", Journal of Glass Studies, 2018, 60, pp.269-293.
[4] Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, 143, Chapitre II.

"Moi je n’alourdis pas mon vol de haine".
Ce vers de Marceline Desbordes-Valmore fût un de ceux choisi par Emile Gallé pour accompagner sa campagne contre l’antisémitisme qui se déchaine en France autour de l’Affaire Dreyfus. Dans cette Marqueterie parlante aux papillons et à l’instar de la poétesse, le maître verrier semble dire en filigrane : "ce n'est pas ainsi que je comprends la justice."[1]
Né protestant au sein de la catholique Nancy, Emile Gallé fût rapidement confronté à l’intolérance hostile et à "l’âme fétide et carnassière des honnêtes gens"[2]. De là sans doute se fait jour sa volonté farouche de promouvoir un art engagé au service de causes politiques et morales, combat pour lequel il invente le verre "parlant" afin de toucher toutes les couches de la population, y compris celle que la seule symbolique de ses œuvres n’atteindrait pas. Une démarche qu’il défend en avril 1898, dans le numéro XVII de la Revue des Arts Décoratifs où il déclare :
"Aujourd’hui, il faut jeter les fleurs sous les pieds des barbares ! (…) Qu’importe la peine, qu’importe l’écrasement des pétales par milliers, si un de ces cœurs durs s’apitoie assez, un instant, à propos d’une rose jetée à terre, pour se baisser malgré la fatigue et le dégoût des choses tombées".
Si l’artiste peut sembler pessimiste ici, il n’en ressort pas moins que l’engagement socio-politique dans l’Art est affirmé en absolue nécessité, les vertus éducatives du beau lui apparaissant seules capables de dépasser certaines indécisions humaines. C’est d’ailleurs en ce sens que Gallé assimilait le geste du créateur à celui du "semeur"[3] voué à créer et diffuser le plus d’œuvres possible sans craindre que certaines d’entre elles restent incomprises. L’idée est que l’Art pour être "utile" doit pénétrer le quotidien afin d’éduquer toutes les couches sociales à la beauté.
Cette émancipation des objets d’art de Gallé, si elle précède l’affaire Dreyfus, s’accentue avec elle et accompagne les changements opérés dans l’œuvre du verrier à la fin du XIXe. Idéologiques et intellectuels, ces changements sont également techniques avec notamment celle utilisée ici de la "marqueterie de verre".
Témoin de l’engagement Dreyfusard d’Emile Gallé, cette Marqueterie parlante aux Papillons participe d’une vision totale de l’Art comme porteur de sens par-delà la vocation initiale de l’objet. Textuelle autant que visuelle, c’est une œuvre qui doit autant être lue que regardée suivant la conviction qu’avait Gallé que "voir, c’est savoir ; regarder, c’est comprendre"[5].
[1] propos rapporté par Francis Ambrière en page 119 de son « Le Siècle des Valmore », édition Seuil, 1987.
[2] formule du poète anarchiste Laurent Tailhade.
[3] dans ses "Ecrits pour l’Art" de 1908 (en page 212 de l’édition Jeanne Laffitte de 1998).
[4] plutôt que de réaliser un décor par la gravure à travers des couches de matière refroidies.
[5] Bertrand Tillier : "Emile Gallé et l’affaire Dreyfus : vers une mutation des arts décoratifs", in Annales de l’Est – 2005 – numéro spécial, page 106

"Tu pourras mesurer ma tendresse infinie,
Tu comprendras aussi ce que fui mon génie,
Et dans mon cœur éteint lu liras librement"[1]
Devenue Reine de Roumanie en mars 1881, Élisabeth de Wied était également autrice et poétesse sous le nom de plume de Carmen Sylva. Très érudite, elle écrivait avec aisance en plusieurs langues (dont le Français) et commença à la fin des années 1800 à s’intéresser aux œuvres d’Emile Gallé.
Il est ici intéressant de relever que si la devise de Gallé était "Ma racine est au fonds des bois", la reine et poétesse écrivit[2] elle : "Et si je n'étais née au fond des bois que j'aime, pour redire ce chant mon luth serait muet ! (…) J'y mis aussi mon âme, et dans leurs doux murmures. La Forêt et le Chant m'invitent au repos !"
Une certaine communauté d’idées et de sensibilité semble donc déjà lier le maître nancéen et la reine lorsqu’une amie de celle-ci - Hélène Bibesco – écrit le 9 juin 1898 à Emile Gallé pour lui commander un vase à décor d’Edelweiss pour la reine. A la réception du vase, Élisabeth de Roumanie remercie personnellement Gallé dans une lettre[3] où l’on peut notamment lire :
"Cher Monsieur Gallé, Votre admirable cadeau m’a causé une de ces joies rares et profondes de la vie, qui vous remplissent l’âme de reconnaissance et de beauté. (…) Comme vous sentez la nature ! Combien elle est votre amie ! Je voudrais causer avec vous des fleurs, des arbres, de toutes ces choses touchantes qui nous entourent silencieusement, comme pour nous rendre le chemin de la vie moins raide et moins amer !"
Par suite, un télégramme de la reine adressé à son amie Hélène Bibesco[4] semble indiquer qu’une commande de mobilier a été envisagée après la livraison du vase Edelweiss ainsi que d’autres vases.
A cet égard, l’historien d’art Gabriel Badea Păun déplore[5] que rien ne permette à ce jour d’en savoir plus sur un vase "à décor de toile d’araignée connu de nos jours sous le nom Carmen Sylva" et dont "un exemplaire [serait] conservé au Hida Takayama Museum of Art au Japon". Nous le déplorons avec lui car - toujours selon ses écrits - ce vase porterait l’inscription : "Septembre de jour baisse, sois lumière oh mon cœur, Carmen Sylva" … soit à peu de choses prêts celle de cette étagère.
[1] ultimes vers du poème "Carmen" de Carmen Sylva tels que traduits par Georges Bengesco in Oeuvres choisies (prose et vers) / Carmen Sylva, Paris, 1908
[2] en en-tête de Mein Ruh (Mon Repos) qu’elle publie en 1884.
[3] en date du 14 février 1899, conservée dans les archives de la succession Gallé.
[4] en date du 7 janvier 1901, conservée dans les archives de la succession Gallé.
[5] Dans son étude autour de la correspondance Carmen Sylva -Elena Bibescu et Émile Gallé publiée en 2008 aux éditions du Musée National d’Art de Roumanie.

Emile Gallé :
"l’Amant des frissonnantes libellules"
"L’Amant des frissonnantes libellules". C’est ainsi qu’Emile Gallé se surnommera lui-même en 1889, lorsqu’il signe le vase soliflore à la libellule que lui commande le Musée des Arts Décoratifs[1]par la formule suivante : "fait par l’amant des frissonnantes libellules. Emile Gallé E # G".
L’insecte est en effet une des thèmes favoris du maître verrier, qui a toujours été fasciné par ce symbole de l’évolution de la vie et de sa naissance dans les eaux. Georges Barbier-Ludwig l’explicite avec brio[2] : "ces insectes amphibies, dont le développement passe par une phase aquatique, rappellent, avec les plantes marines, que l’origine de toute vie provient de l’eau". C’est en ce sens symboliste que la libellule est récurrente dans l’œuvre verrière de Gallé.
On identifie la première représentation de l’insecte sur un vase tube de 1865-1870 conservé au Musée du verre et du cristal de Meisenthal[3]. Plus tard, en 1899, lorsqu’il maîtrisera la technique du verre multicouche, la représentation de la libellule deviendra plus élaborée.
Sur notre vase, les libellules sont délicatement interprétées par une savante alternance d’émaux polychrome opaques pour les corps et d’émaux translucides pour les ailes, les corps segmentés des insectes et les fines nervures des ailes étant quant à eux figurés par un trait à l’or.
Gallé sera associé à la libellule au point d’inspirer à Pierre Quillard le poème Cristal qu’il dédie au verrier[4] :
"Noire sur le cristal pâle et gris comme un ciel
D’hiver, la libellule énigmatique déploie
Les ailes dans l’air lourd et pestilentiel.
Ses immobiles yeux sans tristesse et sans joie
Cherchent sinistrement une invisible proie
Et planant sur l’eau verte et morte des marais.
Vers vos calices d’or, de pourpre et de ténèbres,
Elle vole vers vos calices à jamais.
Glauques fleurs qui nagez sur des étangs funèbres
Où se mirent le deuil des pins et des cyprès."
[1] qui le conserve sous le numéro d’inventaire n° 5673
[2] en novembre 1990 à propos du vase en faïence aux libellules et au décor marin conservé au Musée de l’Ecole de Nancy sous le numéro d’inventaire n° CG 82. 1
[3] inventaire n°AN 040028
[4] "A mon cher Emile Gallé, en fervente admiration et en fervente amitié"

“Si au capitonnage d’étoffe nous préférons un dossier de bois ajouré, la découpure en peut être inspirée de l’entrecroisement des tiges du blé, adapté à l’élaboration du bois, comme les dispose symétriquement la brise ou les incline le fardeau des grains mûrs”[1]
Ce propos d’Emile Gallé synthétise les idées théorico-philosophiques qu’il développe durant les 15 ans d’une "œuvre de bois" qui embrasse la Nature dans toutes ses dimensions : scientifique, artistique, émotionnelle et symbolique. Elle fait l’exégèse du mobilier de salon qu’il présente à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, un modèle qu’il a conçu deux ans auparavant et dont deux fauteuils décorent sa propre salle à manger de La Garenne, à Nancy. Des meubles à ce point significatifs que l’artiste les choisit également pour illustrer l’en-tête de son article "Le mobilier contemporain orné d'après la nature", qu’il publie en deux parties dans la Revue des Arts Décoratifs de novembre-décembre 1900.

De fait, ce salon illustre avec brio le précepte des arts décoratifs modernes qui est de trouver la plus juste concordance entre la fonction qui détermine la forme et le décor à lui appliquer. Un équilibre entre artistique et fonctionnalisme que Gallé résume comme la recherche "d’un ensemble vivant, où la forme ne sera pas plus sacrifiée au décor que le décor ne sera immolé à la forme. Chacun d’eux sera subordonné l’un à l’autre au bénéfice de l’unité"[2].
Cet objectif est ici parfaitement réalisé, à tel enseigne qu’un critique évoque : "une création sentimentale de poète faite pour nous induire en certains états d'âme autant que pour subvenir aux besoins domestiques"[3]. Et en effet, pour des meubles dont la fonction est le repos, Gallé a couronné ses montants latéraux de poricides de pavots, dont le lait est un opiacé qui renvoi symboliquement au calme et à l’apaisement.

De manière plus immédiatement visuelle et naturaliste, par ailleurs, son association des coquelicots aux côtés des épis de céréales rappelle les tâches carmin que forment les fleurs dans les champs de blés mûrs.
Enfin et tout à fait formellement, les profondes nervures et les torsades qui montent des pieds des meubles jusqu’aux consoles d’accotoirs et aux accotoirs eux-mêmes illustrent comment Gallé fait de la plante non pas un simple ornement mais la structure même de l’objet.
Plus avant, l’emploi par le maître Nancéien de plantes champêtres comme motifs décoratifs participe de la verve patriotique qui irrigue son art. Ami de l’artiste, le critique d’art Roger Marx évoquait[4] quant à ce biais créatif "un art rationnel, jailli du sol, du pays". Attaché aux vertus éducatives et sociopolitiques de l’art, Gallé cherchera toute sa vie à en promouvoir l’industrie, cette vocation étant de celles qui aboutiront à la formation de l’Ecole de Nancy qu’il fondera en 1901. En valorisant le travail de la terre et les paysages agraires - comme il a pu le faire du vin, de la flore de l’Est ou des combats nationaux pour les provinces perdues – Gallé affirme avec ce salon son attachement à son pays et aux hommes et aux femmes qui contribuent à son unité.

Autant botanique que poétique et philosophique, l’art de Gallé nous renvoie alors à des sentiments intimement éprouvés devant le spectacle de la Nature, et sa figuration du souffle d’Eole sur les épis de blé à Paul Valéry et son "Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !" [5].
[1] Ibid, page 366
[2] Ibid page 367
[3] Gustave Soulier in Arts et Décorations, janvier 1900, pages 143
[4] dans son article "Emile Gallé, psychologie de l’artiste et synthèse de l’œuvre" in Art et Décoration, aout 1911, page 238.
[5] dans son poème "Le Cimetière marin" in Charmes (1922)

Dans la continuité de l’Exposition Universelle de 1889, Emile Gallé déclina une série d’œuvres dont l’iconographie fait référence à l’histoire de Nancy et sa région. Parmi elle notamment un vase "Jeanne d’Arc" ou "De par le Roi du ciel" conservé dans les collections du Musée de l’Ecole de Nancy sous le numéro d’inventaire BW 1 et présentant un même travail damasquiné contrastant sur fond jaune que sur notre coupe.
Cette dernière, précisément, serait issue d’une autre série réalisée après la mort du maître verrier par les établissements Gallé, entre 1908 et 1909 si l’on se réfère aux notes de F.Th. Charpentier sur les archives Daigueperce qui mentionnent en Août 1908 une : "série damasquinée … (un peu jaune persan)" tandis qu’une lampe exposée sur le stand Gallé de l’Exposition internationale de l’Est de la France en 1909 présente un décor approchant.
Enfin, il convient de relever quant à notre coupe l’existence d’une lampe "Bataille de Nancy" conservée au Suntory Museum (Japon) et qui présente sur son chapeau la même partition décorative présentant le lion héraldique, les frises de chardons stylisés, la croix de lorraine et l’écu portant trois alérions.
[1] Emile Gallé dans ses Ecrits pour l’Art de 1908, en page 216 de l’édition Jeanne Laffitte de 1998.

"L'instinct du paysagiste lui a fait tenir compte, encore, du jeu des lumières dans les eaux, du ridement des nappes liquides effleurées d'ailes furtives, du bouillonnement et du clair sommeil glacé des sources, des apparitions des plantes aquatiques en transparence."[1]
Au tournant du Xxee siècle, Emile Gallé a déjà imaginé pour son industrie verrière plusieurs vases à décor palustre. Pour l’artiste en effet, "l’origine de toute vie provient de l’eau"[2] et il aime à décliner sur ses œuvres de verre "les étangs endormis sous les bois."[3] Aussi et parmi ses nombreux paysages de verre, les marais sont nombreux mais chaque fois différents comme autant de miroirs d'eau dormante.
Par ailleurs, et avant même la beauté de son décor, ce vase s’impose à nous comme un témoignage : celui de l’incroyable technicité acquise par les industries verrières du Maître nancéien au tournant du Xxe siècle.
En effet, depuis son pied jusqu’aux pourtour de sa large ouverture, ce vase mesure plus de 60 cm et pèse plusieurs kilos. A cet égard, la seule étape de souffler plusieurs couches de verre pour une pièce d’une telle taille est déjà un exploit. Il convient de considérer qu’au moins trois ouvriers auront été nécessaire, a minima deux souffleurs et un autre pour soulager le poids de la pièce. Il leur aura par ailleurs fallu être rapide et décisif car la masse en fusion tends naturellement à tomber par l’action de la gravité, ne laissant aux souffleurs que quelques minutes pour équilibrer, ensemble, le verre chaud avant qu’il ne durcisse.

A l’issu de cette genèse dans le feu, il s’agit ensuite d’extraire le décor du vase d’entre les différentes couches de verre. Gallé développe pour ce faire, dès 1884, une technique non pas originale[4] mais pragmatique : la gravure à l’acide. Réservée aux pièces de série, le procédé permettait de réduire drastiquement leur coût de fabrication en utilisant un mordant pour dégager le plus gros des formes et des plans du décor. Cette ébauche de décor était ensuite reprise et affinée par les décorateurs des ateliers à l’aide du touret à molette verticale, de diverses roues (plomb, cuivre et bois) et enfin à l'émeri. L’ultime étape consistait à l’obtention de lustrés et de matés parfois terminés par des striés à la pointe de diamant. Alors, à travers les couches diversement colorées, le décor s'accuse et se dessine entre opacité et transparence.

Ici, on retrouve ce paysage de "l'étang splendide où pullule tout un monde mystérieux"[5] avec comme fleur principale le glaïeul des marais (Gladiolus palustris). Gallé était, on le sait, un fin connaisseur de la flore et publia même quelques pages intitulées "Chrysanthèmes et glaïeuls"[6] à propos de ces fleurs qu’il affectionnait particulièrement. On peut y lire notamment que les glaïeuls "piquent la curiosité par leur macule, comme un loup de velours noir sur un frais visage."
[1] Georges Barbier-Ludwig in La Lorraine Artiste du 1er février 1904 page 34.
[2] en novembre 1990 à propos du vase conservé au Musée de l’Ecole de Nancy sous le numéro d’inventaire n° CG82.1
[3] premier vers du 10e poème (sans titre) du recueil de Victor Hugo Les Rayons et les Ombres, publié en 1840 et que Gallé grave sur son vase "La Renoncule des bois" présenté au Salon du Champ de Mars de 1892.
[4] des décors gravés à l’acide sont répertoriés chez la verrerie Fritz Heckert de Petersdorf (Silésie) autour de 1870.
[5] Victor Hugo Les Rayons et les Ombres, op.cit., extrait du 17e poème "Spectacle rassurant".
[6] publiée au Bulletin de la Société d’horticulture de Nancy en décembre 1886.
Selon l’entreprise française de cotation du marché de l'art, Artprice, les œuvres d’Émile Gallé se vendent principalement sur les marchés français, américain et japonais. La catégorie artistique la plus recherchée par les collectionneurs sont les objets (à 75% contre 13% pour le mobilier).
Pour le moment, le record de ventes d’Émile Gallé est décerné à “Dragonfly Coupe”, un objet en verre vendu 634 000 €.
Dans la catégorie mobilier, l'œuvre la plus chère vendue à ce jour est la vitrine "Aux libellules" réalisée vers 1900/1903 en noyer, bois de rose, loupe, frêne, poirier, atapa et marqueterie. En effet, le meuble s’est vendu 133.057 €.
Exemples de prix par catégorie pour des oeuvres d’Émile Gallé selon Artprice :
Catégories | Estimations moyennes* | Estimations hautes** |
Objet | 2.626 € | 634.000 € |
Mobilier | 3.048 € | 133.057 € |
Luminaire | 8.575 € | 115.752 € |
*Estimations moyennes en 2023. **Prix records réalisés par catégorie.
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L'authentification de l'œuvre est le premier et le plus crucial des critères. Cela nécessite l'intervention d'experts en arts décoratifs. Par exemple, une signature caractéristique de Gallé sur un vase peut aider à confirmer son authenticité.
La provenance de l'œuvre est également essentielle. Une pièce ayant une histoire clairement documentée, ayant appartenu à des collectionneurs renommés ou exposée dans d'importantes galeries, acquiert souvent une valeur supplémentaire. Prenons l'exemple d'un vase Gallé provenant de la collection d'un célèbre collectionneur d'Art Nouveau ; sa valeur serait probablement plus élevée.
L'état de conservation est un autre aspect important. Les œuvres en parfait état, sans fissures, ébréchures ou restaurations, sont plus valorisées. Par exemple, un vase Gallé en verre multicouche sans aucun défaut conservé dans son état original serait particulièrement prisé.
La rareté et le design de l'œuvre influencent également son estimation. Les pièces uniques ou celles représentant des motifs ou des techniques rares et complexes sont généralement plus recherchées. Un vase Gallé avec un design complexe et inhabituel, par exemple, serait plus précieux qu'une pièce plus commune.
La taille et la complexité de la fabrication sont aussi prises en compte. Les grandes œuvres ou celles qui démontrent une technique de fabrication particulièrement complexe peuvent attirer des prix plus élevés. Un grand meuble Gallé finement ouvragé, par exemple, pourrait être très valorisé.
L'examen des prix obtenus lors de ventes aux enchères récentes pour des œuvres similaires d'Émile Gallé est également instructif. Ces données peuvent offrir un aperçu des tendances actuelles du marché et de la demande pour ses œuvres.
En résumé, l'estimation du prix d'une œuvre d'Émile Gallé nécessite une évaluation détaillée de son authenticité, de sa provenance, de son état de conservation, de sa rareté, de son design, ainsi que des tendances actuelles du marché de l'art. Chaque aspect joue un rôle important dans la détermination de la valeur d'une pièce, rendant l'expertise d'un professionnel dans le domaine souvent indispensable.
Emile GALLE (1846 - 1904), "Ombelles" circa 1903 - 1904. Paire de chaises modèle "ombelles" en bois de noyer massif adjugée 40.000 euros chez MILLON
Emile GALLE (1846 - 1904), Cristallerie "Papillon et Libellule" circa 1884. Superbe haut vase en verre transparent ambré adjugé 32.000 euros chez MILLON
Émile GALLÉ (1846 - 1904), "Libellules". Précieux vase en verre ambré de forme ovoïde à col droit, base cintrée et bulbée adjugé 30.000 euros chez MILLON
Émile GALLÉ (1846-1904), “Libellules et Nénuphars”. Précieuse étagère en noyer massif et placage de noyer adjugée 28.000 euros.
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