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DE CORDOUE A DELHI : FORMIDABLE SUCCÈS POUR LES ARTS D’ORIENT ET DE L’INDE

DE CORDOUE A DELHI : FORMIDABLE SUCCÈS POUR LES ARTS D’ORIENT ET DE L’INDE

 

RÉSULTATS DE LA VENTE DES 15 ET 16 JUIN 2022

Les 15 et 16 juin se tenaient à Paris la vente d’Arts d’Orient et de l’Inde, organisée par MILLON, Maison de ventes aux enchères, sous la direction et l’expertise de Anne-Sophie Joncoux-Pilorget. Fortes de près de 450 lots, cette vente majeure donnait rendez-vous aux collectionneurs sur deux jours, ce qui ne s’était plus vu depuis une vingtaine d’années en France, confirmant la place de leader de Millon dans la discipline en Europe.

Les acheteurs d’une quinzaine de nationalités différentes étaient en effet au rendez-vous, au téléphone, en ligne et en salle. 48% des adjudications concernent des acheteurs étrangers.

Mission accomplie pour le département Afrique du Nord, Moyen Orient & Inde de la maison Million qui a réalisé 120% de l’estimation basse de la vente avec un total de 2 014 727€ atteint*, un record pour les Arts d’Orient et de l’Inde en France.

* Prix avec frais

 

L’événement majeur de la vente était la présentation d’une page monumentale de Coran sur parchemin dont la datation et la localisation avaient été revisitées à la suite d’analyses au carbonne-14. Présentée comme une réalisation du Proche-Orient dans la seconde moitié du VIIIe siècle, cette page de 42.5 x 58.5 cm était offerte pour la première fois en France pour une estimation de 200 000 / 300 000 €, venant ainsi challenger les commissaires-priseurs anglo-saxons. En effet, cette œuvre avait été adjugé 97 500 £ en 2016 à Londres. Les enchères montèrent très rapidement au téléphone et en ligne, jusqu’à atteindre 650 000 € marteau, battant ainsi tous les records français de vente des premiers Corans, et établissant un record international pour une page de coran du VIIIe siècle.

 

L’experte Anne-Sophie Joncoux-PIilorget avec la page monumentale de Coran , Moyen-Orient, seconde moitié du VIIIe s.

 

Les manuscrits étaient tout particulièrement à l’honneur lors de la session du 15 juin, les enchérisseurs étaient nombreux et prêts à rivaliser pour acquérir de nouveaux trésors.

Le quatrième juz’ d’un Coran en trente volume copié pour le fils du calife An-Nasir (r. 1180-1225) à Bagdad en 588 H./ 1192-93 atteint la seconde meilleure enchère de la vente. Ce manuscrit somptueux est l’un des derniers produits avant la chute du califat abbaside contre l’armée mongole. Il est également le seul manuscrit à porter une référence directe à un calife. Cette partie de coran, dont une autre section est conservée au Metropolitan Museum of Art, constitue donc un jalon autant historique qu’artistique de première importance. Estimé à 80 000 / 120 000 €, il atteint un prix au marteau de 160 000 €.

 

Juz' de Coran Bagdad, 588 H/ 1192-93.

 

Autre manuscrit de grande importance, un exemplaire du Livre de conduite pour les aspirants soufis, écrit par le grand philosophe iranien Sohravardi et copié en 717 H./ 1317 par son descendant indirect, Ahmad ibn al- Sohravardi al-Bakri (1256-1340).

Le manuscrit de 326 folios est orné d’enluminures de très belle qualité, caractéristiques de l’art du livre iranien du début du XIVe siècle. Il est également couvert d’une reliure plus tardive mais de très grande qualité, sans doute italienne de la fin du XVIIIe siècle, venant valoriser encore davantage cet ouvrage majeur.

Ce manuscrit, extrêmement rare, était estimé 150 000 / 200 000 € et fût adjugé à 152 000 €

 

Livre de conduite pour les aspirants soufis

Probablement Bagdad, 717 H./ 1316

 

Le magnifique coffret de Jérusalem, produit en Palestine ottomane en 1117 H./ 1705, couvert d’un décor de nacre d’une grande finesse, a trouvé acheteur pour 20 000 €, à l’estimation basse. Une excellente acquisition pour cette rare pièce datée et en très bon état de conservation, incluant même un des deux tiroirs secrets d’origine.

 

Coffret de Jérusalem Palestine ottomane, 1117 H/ 1705

 

L’intriguant yatagan à système réalisé et signé par le par le forgeron Ömer Vehbi en Turquie ottomane au XVIIIe siècle a trouvé acquéreur pour 24 000 € contre une estimation de 25 000 / 35 000 €.

Le nouveau propriétaire de cette arme de luxe découvrira peut-être quel était l’usage de l’oiseau surgissant du pommeau à l’aide d’un ressort dissimulé, ainsi que du système de balance intégré à l'extrémité du fourreau, sculptée en forme de poisson.

 

Yatagan à système
Turquie ottomane, XVIIIe siècle.

 

Un rare coffre de mariage de Kabylie en bois de cèdre sculpté rehaussé de nombreux clous en laiton formant des motifs cruciformes dits "croix bouletée", de rosaces, d'étoiles, et autres motifs géométriques, a été acheté pour 4 600 € contre une estimation de 3 500 / 4 500 €.

Le coffre est remarquable par son très bon état de conservation et son décor de signes prophylactiques destinés à écarter le malin.

 

Coffre kabyle de mariage
Algérie, Kabylie, début XIXe siècle.

 

Enfin, certains lots ont créé la surprise en atteignant des prix bien supérieurs à leur estimation.

C’est notamment le cas de ce juz’ de Coran attribué à l’Asie Centrale du XIVe siècle. Ecrit en magnifique écriture « muhaqqaq », le manuscrit est agrémenté d’une traduction du texte arabe en Persan notée en écriture « naskh » entre les lignes du texte coranique. Ce volume de 26 feuillets ne porte que trois lignes de texte par page, signifiant les grands moyens financiers du commanditaire qui devait prendre en charge l’approvisionnement des matériaux nécessaires comme le papier et l’or, mais aussi payer le calligraphe de grand talent à l’origine de la copie.

Estimé 20 000 / 30 000 €, ce juz’ suscita un grand intérêt de la part des collectionneurs, qui montèrent

alors jusqu'à 60 000 € pour acquérir ce magnifique objet.

 

Juz' de Coran Asie Centrale, XIVe siècle.

 

Ce poignard Griffe de lion, aussi connu sous le nom Dfar sbâa, produit au Maroc vers 1900, était estimé 1 500 / 2 000 € et fût adjugé pour 5 000 €.

D’une longueur totale de 38 cm, cette lame ancienne en acier légèrement courbe, à fort dos et gouttière, poinçonnée de cinq motifs en "fer à cheval", se distingue par son large pommeau en corne blonde à monture en argent ciselé à décor floral. Le fourreau en argent est ciselé à décor d'arabesques fleuries et de polygones, avec anneaux de suspension.

La poignée et le fourreau portent des poinçons de Marrakech, confirmant la légitimité de cette belle pièce d’armement du Maghreb.

 

Poignard Griffe de lion - Dfar sbâa Maroc, vers 1900.

 

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CONTACT EXPERTISE

Anne-Sophie Joncoux-Pilorget

Directrice et spécialiste du département Afrique du Nord, Moyen Orient & Inde

asjoncoux@millon.com

+44 (0)6 46 33 83 04

CONTACT PRESSE

Isabelle Imbert

contact@isabelle-imbert.com