Les 24, 26 et 28 juin 2025, le département Afrique du Nord, Moyen Orient ; Inde dévoile à l’Hôtel Drouot et aux Salons du Trocadéro, trois belles ventes qui célèbrent l’Orient dans toute sa richesse artistique et culturelle. Miniatures indiennes, céramiques ottomanes, objets islamiques rares, mais aussi chefs-d’œuvre de l’orientalisme pictural signés Dinet, Roubtzoff ou Tapiro y Baro: ces ventes proposent un voyage à travers deux visions complémentaires de l’Orient – celle vécue et traduite par les artistes européens, et celle incarnée dans les arts des civilisations orientales.
L’Orient vécu dans les regards de peintres voyageurs
Parmi les figures majeures de la peinture orientaliste, Étienne Dinet incarne le lien intime entre l’Occident et l’Orient. Converti à l’islam et profondément enraciné dans la culture algérienne, il livre avec « Tempête de sable » (1903), une scène poignante, empreinte d’authenticité et de mouvement. Présentée à l’exposition Femmes sous le sirocco en 1942, cette toile au format de bozzetto (50 x 40 cm) fait écho à une œuvre plus grande aujourd’hui disparue. Estimée entre 30 000 € et 50 000 €, elle témoigne d’un regard respectueux et immergé. Alexandre Roubtzoff, installé en Tunisie dès 1914, propose une lecture paisible et lumineuse de l’Orient antique avec sa « Vue sur les ruines de Carthage » (1921). Dans cette huile sur carton de petit format (32,5 x 25 cm), il saisit avec subtilité la grandeur silencieuse du site archéologique, baigné d’une lumière chaude et méditative (estimation : 4 000 € – 6 000 €). Enfin, Josep Tapiro y Baró, maître absolu de l’aquarelle orientaliste, représente avec « L’heure du thé sur la terrasse » une scène d’un réalisme intimiste et d’une douceur rare. Deux femmes marocaines s’y activent sur une terrasse ensoleillée de Tanger, entre préparation du thé et du couscous, dans une composition où chaque détail – tissus, objets, architecture – vibre sous le pinceau délicat de l’artiste. Par la précision des gestes, Tapiro capte un moment de vie suspendu. Estimée entre 15 000 € et 20 000 €, cette œuvre illustre l’immersion sincère de l’artiste dans la médina tangéroise, qu’il ne quitta jamais après 1876.

Miniatures indiennes : entre musique, poésie et dévotion
Parmi les trésors issus des arts de l’Islam, une rare miniature du Rajasthan du XVIIIᵉ siècle illustre le rāgamālā Hindola Raga, ou « la balançoire », incarné ici par Krishna suspendu dans les airs, entouré de gopis musiciennes et dévouées. Cette œuvre, peinte avec des pigments opaques rehaussés d’or et encadrée d’une double bordure florale, déploie une grande délicatesse dans la composition comme dans la symbolique. Le paon, la mousson, les instruments: tout concourt à traduire l’atmosphère poétique de ce rāga, lié aux festivités du printemps et à l’éveil amoureux. Le verso de la page présente un ghazal calligraphié en nasta‘liq sur fond doré, soulignant la richesse double – visuelle et littéraire – de cette pièce. Estimée entre 8 000 € et 10 000 €, cette illustration raffinée ravira les amateurs de miniature indienne.

Un mobilier d’apparat au raffinement ottoman et iranien
Trois pièces d’exception illustrent la richesse des arts décoratifs orientaux proposés dans cette
vente. Un miroir ottoman à décor de çintamani, marqueté de nacre et d’écaille de tortue sur fond de bois de citronnier, incarne la virtuosité des artisans du XVIIIᵉ siècle. Son décor géométrique évoque les panneaux somptueux de la galère impériale de Mehmet IV conservée au Musée Naval d’Istanbul (estimation : 3 000 – 5 000 €). Dans la même veine, un coffret de mariage ottoman, également du XVIIIᵉ siècle, se distingue par son raffinement : marqueté avec finesse, monté sur pieds et orné d’une serrure en argent, il servait à conserver les objets de toilette féminins, illustrant le goût et le luxe des intérieurs aristocratiques ottomans (estimation : 6 000 – 8 000 €).
À ces deux témoins de l’art ottoman répond une œuvre iranienne spectaculaire : un important coffre en papier mâché laqué, daté vers 1850, orné de scènes peintes retraçant la vie du pr phète Yusuf (Joseph). Chaque panneau, rehaussé d’or et encadré de bordures florales, constitue un épisode narratif – de son enfance de berger à son service auprès de Zuleykha. Issu de l’art Qajar, ce coffre de grandes dimensions (71 x 49 x 42 cm) se distingue par sa qualité picturale et sa provenance prestigieuse, ayant appartenu à l’historienne Homa Nategh. Il est estimé entre 15 000 et 20 000 €.

Informations sur les ventes
Orientalisme ; Arts d’Orient Mardi 24 Juin 2025 à 14h en salle 6 à l'Hôtel Drouot
Orient classique, arty, trendy, Jeudi 26 Juin 2025 à 14h30 Salons du Trocadéro
Petites oeuvres de grands maîtres orientaliste : Samedi 28 Juin à 14h30 Salons du Trocadéro
Contact :
Anne Sophie Joncoux Pilorget asjoncoux@millon.com +33 (0)1 47 27 76 71
Raya Jebali - orient@millon.com / Killian Lecuyer - mena@millon.com : +33 (0)1 47 27 56 51
La Presse en parle :
La Gazette Drouot : Charles-Théodore Frère à la lumière de l’Orient
La Gazette Drouot : Un amiral ottoman