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Jean DUNAND- 1877-1942

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"Un homme dont la carrure dit la force, dont la main large est faite pour le travail, dont le front puissant annonce la volonté réfléchie, dont le regard calme accuse la patience et la ténacité (…) un merveilleux décorateur du bois et du métal, digne de ceux dont les œuvres ont survécu, à travers la succession des siècles et la ruine des civilisations."[1]

 

Jules-John Dunand (qui francisera plus tard son prénom en Jean) naît en Suisse en 1877 et entre à 14 ans à l’Ecole des Arts Industriels de Genève où il se spécialise dans le travail du métal. Après son diplôme, il se rend à Paris en 1897, s’établit comme ouvrier ciseleur et étudie en parallèle à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs dans l’atelier du sculpteur Jean Dampt avec qui il participe à divers travaux d’aménagement qui seront son point de bascule vers les arts décoratifs. Revenant en Suisse sur ses périodes de vacances, l’étudiant insatiable profite de ces séjours pour s’initier aux subtilités de la dinanderie auprès d’un artisan chaudronnier de Genève.
Ce lien fort avec son pays natal le pousse à fonder en 1899 [2] l’Association des Artistes Suisses à Paris, et à participer pour la Suisse à l’Exposition Universelle de 1900 où il reçoit une médaille d’or pour une sculpture. Installé en 1904 dans un atelier du 14e arrondissement, il expose pour la première fois des dinanderies au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts. Le succès remporté par cette production l’encourage à s'orienter définitivement vers les arts décoratifs à partir de 1905 afin notamment de s’affranchir "de la nécessité de quémander les commandes officielles ou d’accepter de [se] charger de boulots alimentaires" [3].

Résolu à ne produire que des pièces uniques, Dunand choisit de renoncer aux procédés de tournage et d’estampage pour façonner ses pièces au marteau. Il les décore ensuite en repoussant et ciselant le métal, techniques auxquelles s’ajoutent des incrustations d'or ou d'argent, des patines, des laques ou des émaux, les techniques étant souvent associées sur une même pièce. Résolument artisanales et dégagées de toute influence d’école, les dinanderies de Dunand s’imposent comme profondément sui generis et la critique remarque sa technicité et son sens unique du décor. En 1906, Dunand figure dans la section des arts décoratifs à l'Exposition internationale de Milan en tant qu'artiste suisse et obtient une médaille d'or pour ses dinanderies. L’artiste découvre la même année les bronzes chinois et japonais dont l’influence se traduit dans ses décors où l’ornementation végétale ou animale devient plus réaliste. A partir de 1909, afin de répondre à des commandes sans cesse plus nombreuses, Dunand commence à accueillir et former des assistants dans son atelier. En 1912, l’artiste prend un chemin déterminant en décidant d’approfondir sa pratique et sa connaissance de la laque auprès de Seizo Sugawara. Les précieuses leçons du maître laqueur japonais consignées dans un carnet, Dunand continue l’exploration des possibilités du médium …. avant que la Grande Guerre qui éclate en 1914 ne viennent suspendre l’activité de l’atelier.

Bien que de nationalité Suisse, Dunand reste en France, s’engage comme conducteur d’ambulance pour La Croix-Rouge et imagine même en 1917 un nouveau casque de combat à visière pour les soldats français. La Guerre terminée, il retourne à sa pratique et à ses recherches artistiques, autour notamment du médium devenue une obsession à propos duquel son épouse écrit [4] : "Jean rêve de laque". Au sein de l’atelier dédié, Dunand explique à ses collaborateurs comment superposer aux oxydations du métal des couches de laque qui viendront en accentuer les patines. Exposant au Salon de la Société des Artistes Décorateurs de 1919, il est profondément marqué par les œuvres laquées d’Eileen Gray et son emploi du médium sur du mobilier moderne. La même année, Dunand est nommé parmi les membres du jury de la Fondation Blumenthal et fera ainsi connaissance avec le marché américain et ses mécènes. Il expose alors à la Galerie Duwin (New York) une trentaine de pièces qui remportent un vif succès, tandis qu’en France il fait l’objet d’un article laudatif dans la revue Art et Décoration. Dunand y est qualifié de "ciseleur de sensations, marteleur d'harmonies"[5], périphrases que confirme un succès critique et commercial à chaque exposition.

Dans le courant de l’année 1920, le dinandier poursuit ses "rêves de laque" dans l’idée de faire jouer au médium un rôle similaire à celui de la peinture ou d’en habiller intégralement des meubles. Sa première réalisation toute en laque est un panneau reprenant une composition d’Henri de Waroquier, qu’il présente au Salon des Artistes Décorateurs de 1921.  Le succès rencontré le conforte dans son approche de la laque, qu’il appliquera désormais à la dinanderie, aux meubles, aux bijoux et jusqu’à des intérieurs de voitures de luxe.

L’année 1923 voit les décors de Dunand devenir plus géométriques, confinant parfois au Cubisme avec des surfaces décorées de couleurs contrastées opposant le rouge vif à des noirs profonds, de l’argent, de l’or ou de la coquille d’œuf. Ses envois aux Salons sont de plus en plus appréciés et attendus, tandis que ses expositions sont pour les Galeries qui les reçoivent l’assurance d’un succès commercial et critique. La clientèle de l’artiste s’élargit à la nouvelle bourgeoisie d’après-guerre et, en 1924, Jean Dunand est à la tête d’un atelier employant une soixantaine de personnes. Il étend alors son activité à la production de bijoux en métal aux délicats motifs géométriques réalisés en incrustations métalliques, de coquille d'œuf, ou bien sûr laqués, qui sont notamment destinés aux maisons de couture d’Elsa Schiaparelli ou de Jeanne Lanvin. S’y ajouteront de délicats accessoires (poudriers, boîtes, étuis et miroirs) ainsi que des tissus laqués de motifs géométriques pour la haute couture. Tous ces travaux concourent à l’ultime mise au point des œuvres qui seront présentées l’année suivante à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925.

L’évènement consacre Dunand comme un maître du métal et de la laque avec laquelle il a décoré plusieurs dinanderies, des vases monumentaux et un bahut réalisé en collaboration avec Ruhlmann et Lambert-Rucki. Il expose également un luxueux fumoir aux meubles et panneaux muraux décorés de laque noire pour le pavillon Une Ambassade Française tandis que son amie la couturière Mme Agnès décore son stand du Pavillon de l’Élégance de plusieurs de ses vases, meubles et panneaux laqués, au-dessus desquels veille son portrait en laque, or et argent sur fond de coquille d’œuf. Ces portraits de laque participent d’une évolution du travail de l’artiste vers de plus en plus de figuration, tout à sa volonté d’en faire un médium proche de la peinture. D’un perfectionnement toujours plus avancé, les œuvres de laque que Dunand expose durant l’exposition particulière que lui consacre la Galerie la Renaissance en juin 1929 seront qualifiées[6] de 

"véritables chefs-d’œuvre, aussi bien par la spiritualité qui les anime que par le fini de leur exécution".

Durant les Années 1930, Dunand réalise trois importantes commandes somptuaires : les décors pour l’Exposition Coloniale commandés par le gouvernement français et une part de la décoration intérieure des paquebots l’Atlantique et le Normandie, nouveaux géants des mers qui deviendront de véritables ambassadeurs de l’art du décor français moderne. Il présente en avant-première au Salon des Artistes Décorateurs de 1930 les panneaux de laque qui orneront la salle de lecture du Musée des Colonies inauguré lors de l’Exposition Coloniale de 1931 et qu’il offrira à l’État à l’issu de l’évènement. Puis, pour l’Atlantique, en 1931, Jean Dunand participe aux décors de la salle-à-manger des premières classes avec des panneaux en laque brune et fond argent représentant des animaux de la jungle parmi une végétation tropicale stylisée. Le paquebot est malheureusement victime d’un incendie en janvier 1933 qui détruisit toutes les laques. Enfin, le décor réalisé pour le fumoir du Normandie en 1935 s’impose comme un chef d’œuvre de maîtrise et d’inspiration. Témoignant de l’incroyable virtuosité atteinte par Dunand dans l’art de la Laque il se compose de cinq panneaux monumentaux sur le thème "Jeux et Joies de l’Homme"[7].

Pour ces chantiers, le maître a travaillé entre autres avec son fils Bernard, suiveur appliqué de son père à propos duquel un critique[8] relèvera que "Bernard Dunand a hérité la perfection technique de son père". Il est heureux que l’art de Dunand ait été transmis durant cette décennie car la décoration du Normandie sera, a posteriori, le chant du cygne de l’artiste. En effet, après avoir présidé la section "laque" de l’Exposition Internationale de Paris en 1939 et décoré le pavillon de la France à l’Exposition Internationale de New York, l’artiste perd son fils Jean-Louis en 1940. Anéanti de chagrin,

Jean Dunand participera une dernière fois au au Salon des Tuileries en juin 1941 avant de s’éteindre le 7 juin 1942. Sculpteur, dinandier, ébéniste, laqueur et peintre, à la fois artisan et technicien, Jean Dunand était également un homme de son temps qui puisa dans les Années Folles autant d’inspiration qu’il leur en donna. C’est en cela qu’il est aujourd’hui une véritable icône des Arts Décoratifs au sein desquels sa modestie, sa persévérance et son inventivité participe de cet indicible "par quoi les formes deviennent style" [9].


FD


[1] Gabriel Henriot in Mobilier et Décoration, décembre 1925, page 47

[2] avec le peintre et graveur François-Louis Schmied et le sculpteur Carl Angst

[3] Dunand lors d’un entretien avec Maximilien Gauthier in La Renaissance politique, littéraire et artistique en 1923.

[4] dans l’entrée du 3 janvier 1919 de son carnet personnel cité in Amélie et Félix Marcilhac : Jean Dunand, Norma éditions, 2020, page 34.

[5] Emile Sedeyn in Art et Décoration, décembre 1919, page 126

[6] par le critique Roger Nalys in L’Officiel de la mode, numéro 96, 1929

[7] exécutés d’après les dessins de Dupas il déclinent respectivement "La Pêche", "Les Sports", "La Conquête du cheval", "Les Vendanges" et "La Danse" sur mille-soixante-dix-huit panneaux de laque sculptés, peints et rehaussés de feuilles d’or.

[8] Yves Sjöberg in France-Illustration, numéro 117, décembre 1927, page 654.

[9] André Malraux in Les Voix du silence, 1951.

 

 

Oeuvres de Jean DUNAND

La maison de ventes aux enchères MILLON vend régulièrement des œuvres de Jean Dunand. Florian Douceron, clerc spécialiste du département département Arts Décoratifs du XXe siècle, vous décrypte quelques œuvres phares de l'artiste :

 

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"Voici vingt-sept ans que je travaille la laque et je commence à peine à la connaître !" [1]

 

Dunand rencontre la laque lorsqu’un collectionneur lui confie d’anciens bronzes japonais à restaurer et qu’il remarque que leur "patine" résulte en fait de fines couches de résine naturelle, à la fois protectrices et décoratives. Fasciné par cette matière et ses potentialités, il en fait l’apprentissage à partir de 1912 auprès de Seizo Sugawara, un maître laqueur japonais qu’il rencontre par l’intermédiaire d’Eileen Gray. S’il commence dès l’automne 1912 à recouvrir certaines de ses dinanderies d’une couche de laque protectrice, il faut attendre l’après-guerre pour que le médium soit employé par Dunand pour la décoration même de ses pièces et jusqu’à en faire une matière spécifiquement picturale. Sa première réalisation en ce sens date de 1921 : un panneau reprenant une composition peinte par Henri de Waroquier et qu’il présente au Salon des Artistes Décorateurs. Le succès rencontré le conforte dans sa passion pour un medium qui ravive sa créativité et qu’il appliquera à la dinanderie, aux meubles, aux bijoux, aux tissus …

Pour ce qui est des meubles, la laque renouvelle le vocabulaire plastique de Dunand qui doit imaginer des formes qui ne laisseront pas apparaître les joints et les raccords du montage sous la matière. Cela exige notamment de rendre son mobilier "indéformable" en usant de colles spéciales et de grandes presses pour en fixer parfaitement les surfaces avant de débuter le long processus de laquage. Chaque couche de laque doit en effet sécher et durcir jusque deux semaines avant d’être poncée, l’opération étant renouvelée jusqu’à parfois quinze couches (et autant d’opération de séchage et polissage) pour obtenir une simple surface unie. Les laques de Dunand sont ainsi d’un luxe d’autant plus achevé que leur réalisation, sous le climat tempéré de son atelier parisien, nécessitait un minimum de six à neuf mois.

La couleur blanche n’existant pas parmi les laques colorées, Jean Dunand reprend à son compte la technique éminemment délicate et précieuse du décor à la coquille d'œuf noyée dans la laque. Si le procédé est utilisé depuis longtemps par les japonais pour décorer de petits objets, Dunand le transpose à de grandes surfaces pour les recouvrir de blancs craquelés d'un effet aussi subtil que spectaculaire. 

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Là encore, la technique est d’une grande précision et d’un raffinement rare. Elle suppose en effet que les coquilles soient lavées, délicatement écrasées puis tamisées avant que leurs fragments ne soient utilisés en fonction de leurs tailles et de leurs couleurs. Chacun de ces infimes morceaux de coquille est alors posé bord à bord à la pince sur une couche de laque fraîche. Par suite, la couche de coquilles est poncée pour obtenir une surface lisse qui sera ensuite noyées dans une nouvelle couche de laque transparente afin de remplir les interstices. Selon l’effet souhaité, la coquille est placée du côté convexe pour apparaître blanche, ou du côté concave auquel cas une fois remplies et serties par la couche suivante de laque elle apparaitra légèrement teintées, ce qui permet d’animer la surface. Les nuances peuvent également provenir d’une légère coloration de la laque translucide les recouvrant.

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Conservées dans la famille des vendeurs depuis leur achat au milieu des Années 20, c’est précisément de ce décor en laque coquille d’œuf que nos tables gigognes tirent leur raffinement subtil et minimaliste. Juchés sur leurs structures de bois laqué noir, leurs plateaux semblent arborer des paysages abstraits de terre craquelée, d’écorce ou d’écume.

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Contrastant par leur blancheur avec leur support, ils deviennent même évocateurs de l’aspect de certains nuages ou de la Lune illuminant un ciel nocturne. En se laissant contempler sans réfléchir tout à fait la lumière, la laque de Dunand incarne ainsi une certaine idée extrême-orientale du beau : "n’être rien qu'un dessin d'ombres, qu'un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses."[2] Par la pureté de leurs lignes et l’arbitraire de leur esthétique, elles témoignent également de l’immense décorateur que fût Jean Dunand, génial créateur "de véritables chefs-d’œuvre, aussi bien par la spiritualité qui les anime que par le fini de leur exécution"[3].

 


[1] Jean Dunand cité par Roger Nalys in L'Officiel de la mode numéro 96, 1929.

[2] Junichirô Tanizaki in Eloge de l’ombre, 1933, Editions Verdier (2011), page 64.

[3] Roger Nalys, op.cit.

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Jean DUNAND : "Jeune Fille Assise" - 1929, panneau de bois laqué adjugée 90 000 euros lors de la vente aux enchères "Masters" organisée par le département Arts Décoratifs du XXe siècle

 

 

"Je crois que le beau n'est pas une substance en soi, mais rien qu'un dessin d'ombres, qu'un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses."[1]

 

Précisément composée de "juxtaposition" de couches de laque auquel l’artiste fait subir différent traitement, ce panneau Jeune Fille Assise fait figure de parangon de l’art de Jean Dunand à l’orée des années 30.

Notre œuvre regroupe en effet plusieurs archétypes de l’artiste.

Son caractère figuratif d’abord, qui rejoint la volonté de l’artiste de faire de la laque un médium proche de la peinture. C’est un véritable portrait qui est réalisé ici par Dunand, un de ces portraits de "jeunes femmes et jeunes filles qui portent dans leur regard un air de nonchalance et de mélancolie qui complète leur grâce, ou une discrète sensualité qui accentue la séduction de leur chair délicate et souple"[2].

La présence ensuite de formes géométriques que Dunand utilisa souvent en somptueuses compositions dans les décorations de ses dinanderies et qu’on retrouve dans les motifs du bracelet et de la manchette portés par le modèle de notre laque. Ces deux bijoux tels que représentés sont en eux-mêmes typiques du travail de l’artiste et s’apparentent en formes et en couleurs à des pièces qu’il a pu créer pour Louise Boulanger, Elsa Schiaparelli, Jenny Sacerdote ou Jeanne Lanvin.

La robe du modèle est elle aussi décorée de motifs géométriques qu’on peut rapprocher du travail de clients de Dunand comme les créateurs et créatrices Jean-Philippe Worth, Jeanne Lanvin, Madeleine Vionnet, Charlotte Revil ou la modiste Madame Agnès. Dunand avait un lien très fort avec le monde de la mode qu’il influença et qui l’influença en retour ainsi que le relève Charlette Adrianne[3]

"Jean Dunand a imaginé des étoffes, animées de toute se tendresse rajeunie dans cette atmosphère féminine, des ornements de chapeaux, des bibelots précieux, composés pour être maniés par des mains délicates : poudriers, boîtes, étuis, miroirs, tout le charmant attirail de la gracieuse vanité. De la collaboration intelligente entre cet artiste puissant et ces reines de la mode, l'art de Dunand est sorti rafraîchi, celui de ces créatrices raffinées, plus fort, plus précis."

 

Artiste pluridisciplinaire, à la fois artisan et technicien, maitrisant l’art de la laque et du métal Jean Dunand était également un homme de son temps et puisa dans son époque autant d’inspiration qu’il en donna aux Années Folles. C’est en cela qu’il est devenu aujourd’hui une véritable icône des Arts Décoratifs, courant dont notre panneau de laque Jeune Fille Assise est autant un témoin que le porte étendard d’une œuvre et d’une époque.

 


[1] Junichirô Tanizaki in Eloge de l’ombre, 1933, Editions Verdier (2011), page 64.

[2] Jean Gallotti in Art et Décoration, tome 61, 1932.

[3] in L'Officiel de la mode, numéro 63, 1926.

 

 

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Jean DUNAND - circa 1922, table à thé adjugée 42 000 euros lors de la vente aux enchères "Masters" organisée par le département Arts Décoratifs du XXe siècle

 

"Ce qui est né de la collaboration savamment combinée du marteau et de l'enclume, c'est bien une forme vivante, que le chalumeau a maintes fois purifiée, et dans laquelle s'est incorporé un peu de l'âme du maître et de sa sereine harmonie."[1]

 

Extraite d’un article dédié à l’artiste, cette citation met en exergue combien la connaissance profonde qu’avait l’artiste du travail du métal, de ses techniques et de sa science lui permit de faire naître des œuvres à la puissance évocatrice rare. Le critique d’art qui rédigea cet article y écrira même que les œuvres de Jean Dunand sont :

 "parfaites par la technique et si nobles par l'inspiration ne craignent aucune comparaison avec les plus complètes créations du passé"[2].

Et en effet, cette table patinée à dessein par la volonté de l’artiste autant que par des années d’usage auprès de ses anciens propriétaires, pourrait apparaître comme un vestige de quelque mystérieuse civilisation.

Avec son décor de damier et les traces de vie qu’il arbore, on imaginerait volontiers le plateau supérieur comme exhumé des ruines de quelques thermes antiques. Contrastant avec sa structure en métal battu, le travail splendide et doux qu’il présente vient corriger la rigidité du métal en le dotant d'une sorte de frisson, de mouvement.

Là repose l’art du métal selon Jean Dunand, dans "l'espèce de palpitation que communique la trace du marteau, cette chaleur douce et cet éclat qu'ont toujours les couleurs du bronze, de l'or et de l'argent et qui les apparentent si bien quand on les rapproche."[3] 
 


[1] Yvanhoë Rambosson in L'Amour de l'Art de janvier 1923, page 616

[2] Ibid. page 613

[3] Jean Gallotti in Art et Décoration, janvier 1932, page 229

Jean Dunand : prix et côte

Jean Dunand (1877-1942) est l’un des sculpteur, dinandier, ébéniste et peintre les plus réputés des XIXe et XXᵉ siècles. Vous possédez une œuvre de Jean Dunand et aimeriez connaître son histoire et son prix ? Nos experts organisent chaque année des ventes spécialisées Bestiaire ou Art Déco - Design présentant des œuvres de Dunand. Recevez l’estimation gratuite de votre œuvre dans un délai de 48h. Notre équipe, composée d’experts et de commissaires-priseurs, est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.

Selon l’entreprise française de cotation du marché de l'art, Artprice, les œuvres de Jean Dunand se vendent principalement sur les marchés français et américain. La catégorie artistique la plus recherchée par les collectionneurs est la sculpture.

Pour le moment, le record de ventes de Jean Dunand est décerné à "Vases" (1925), un objet en dinanderie. Il est d'une hauteur de 100 cm. Le vase, qui a largement dépassé son estimation basse de  1 000 000 euros, a atteint les 2 7000 000 euros.

Exemples de prix par catégorie pour des oeuvres de Jean Dunand selon Artprice :

Catégorie

Estimation basse

Estimation haute

Objet 100 2 700 000
Peinture400910 000
Mobilier1000834 000

La maison de ventes aux enchères MILLON se voit régulièrement confier des œuvres de Jean Dunand. Ces dernières atteignent de beaux prix grâce au travail rigoureux de nos experts et à la visibilité des ventes sur le marché de l’art français.

Critères pour estimer le prix d’une oeuvre de Jean Dunand

Les experts du département MILLON, spécialisés en mobiliers et objets d'art, vous donnent quelques conseils pour estimer le prix de votre objet de Jean Dunand. Cependant, pour obtenir une estimation fiable et juste de votre œuvre, nous vous recommandons fortement de faire appel à un expert ou un commissaire-priseur.

  1. L’authentification : La première étape est de s'assurer de l'authenticité de l'œuvre. Elle peut être confirmée par la provenance de l'œuvre, les marques de fonderie, les signatures, ou grâce à des experts.

  2. L’état de conservation : Les dommages, les réparations ou toute altération peuvent influencer la valeur d'une œuvre. Une œuvre bien conservée sera généralement plus valorisée.

  3. La taille et les matériaux : La taille de l’œuvre, ainsi que le matériau (bronze, marbre...) peuvent également jouer un rôle dans la détermination de sa valeur.

  4. La rareté : Certaines œuvres de Jean Dunand sont plus rares que d'autres. Une œuvre unique ou rare sera probablement plus chère que celles qui ont été produites en grand nombre.

  5. La provenance : Si l'œuvre provient d'une collection renommée ou a une histoire intéressante, cela peut augmenter sa valeur. Tentez de vous renseigner sur l’historique de votre œuvre en vous posant les questions suivantes : comment l’avez-vous obtenue ? Vient-elle d’une galerie ou l’avez-vous reçue en héritage ? Possédez-vous un certificat ou une facture d’achat ?

  6. La demande sur le marché : L'intérêt actuel pour Jean Dunand  ou pour les objets du XXe siècle peut influencer la valeur de l'œuvre. Les tendances du marché artistique fluctuent au fil du temps. Les experts et commissaires-priseurs sont parfaitement au fait de ses tendances et peuvent vous conseiller.

  7. L’expertise professionnelle : Pour obtenir une estimation précise, nous vous conseillons de consulter un expert en art ou un spécialiste des œuvres de Jean Dunand. La maison de ventes aux enchères MILLON vous offre ses services d'estimation gratuite.

 

Faire estimer mon oeuvre de Jean Dunand

Vous êtes en mesure de situer votre sculpture de Jean Dunand sur le marché des ventes aux enchères, une fois ces éléments recueillis. Cependant, rien ne remplace l'avis d'un expert pour obtenir une estimation précise et actuelle.

Les belles enchères de la maison de ventes MILLON

Jean DUNAND (1877 - 1942) circa 1925 Suite de trois tables gigognes en bois laqué noir. Plateaux rectangulaires à décor d'incrustation de coquilles d'œuf mosaïquées. Chaque table estampillée "Dunand Laqueur" et numérotée "773" sous le plateau. 41 x 48,5 x 40 cm 37 x 40 x 40 cm 33,5 x 40 x 33 cm (usures à la laque) adjugé   210 000 euros par la maison de vente MILLON.

Jean DUNAND (1877 - 1942) Important vase à corps tubulaire et col resserré évasé en dinanderie de cuivre (Maillechort). Décor oxydé de taches brunes sur un fond vert nuancé. Il est composé d'une armature interne formant porte cannes. H : 77,5 cm, D : 37 cm (usures, taches et légers chocs) Bibliographie : Felix Marcilhac : "Jean Dunand : His life and works" Editions Thames and Hudson. Modèle approchant reproduit pages 296 et 297 sous les numéros 908 et 909. Provenance : - Georges Edmond Victor Charbonneaux. Restée dans la famille par descendance jusqu’à ce jour. Lot présenté en collaboration avec Maître Georges Gautier, groupe Million Nantes adjugé 105 000 euros par la maison de vente MILLON.

Jean DUNAND (1877 - 1942) "Jeune Fille Assise", 1929. Panneau de bois laqué partiellement gravé et de laque brune arrachée présentant la jeune fille au corps doré, habillée d'une robe et de bijoux rehaussés brun, mauve et bleu Cadre d'origine, laqué. 86 x 62 cm (quelques usures et légers chocs ) Exposition : Galerie La Renaissance, Paris, 1929, n°35 Bibliographie : - Félix Marcilhac, "Jean Dunand", Thames and Hudson, Londres, 1991, modèle reproduit page 230 au numéro 263. - Félix Marcilhac & Amélie Marcilhac, "Jean Dunand", Norma éditions, Paris, 2020, modèle reproduit page 263 au numéro 175 adjugé 90 000 euros par la maison de vente MILLON.

Jean DUNAND (1877 - 1942) circa 1922 Table à thé à structure à cinq pieds en fer battu soutenant deux plateaux amovibles en dinanderie de cuivre à décors géométriques. H : 46 cm, D : 65 cm (oxydations) adjugé 42 000 euros par la maison de vente MILLON.

Jean DUNAND (1877 - 1942) Vase en dinanderie à décor peint d’une frise de motifs géométriques. Marqué "Jean Dunand" sous la base et numéroté "5394". H : 15,5 cm (quelques enfoncements et un accident au col) adjugé 15 500 euros par la maison de vente MILLON.

Estimez et vendez votre oeuvre de Jean Dunand

Si vous vous interrogez encore sur la valeur de votre oeuvre de Jean Dunand, n’hésitez pas à contacter notre équipe d’experts et de commissaires-priseurs en cliquant sur le lien ci-dessous :

Faire estimer mon oeuvre de Jean Dunand

Depuis 1928, la maison de ventes aux enchères MILLON propose des objets et peintures de Jean Dunand aux enchères. Aujourd’hui, elle met à votre disposition sa connaissance du marché.

Grâce à notre formulaire en ligne, obtenez facilement une estimation fiable de votre œuvre d’art. Nos spécialistes estiment gratuitement votre œuvre de Jean Dunand.

Nos bureaux, répartis dans toute la France, vous accueillent pour un examen physique de votre œuvre. Nous organisons également des journées d’estimations gratuites partout en France et dans les pays limitrophes, profitez-en pour nous soumettre vos trésors, vous trouverez toujours un interlocuteur proche de chez vous.

La Maison MILLON, classée parmi les meilleures d’Europe, dispose de 30 départements spécialisés, vendant plus de 70 000 objets par an en plus de 200 ventes à travers l’Europe. Notre réseau nous permet de répondre à votre demande, en ligne, ou physiquement, à très bref délai.

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Nos résultats de ventes “Jean DUNAND”

Jean DUNAND (1877-1942)--img1

Adjugé à 6 800 €

Jean DUNAND (1877-1942)

Lot 185
Jean DUNAND (1877-1942)-Diane chasseresse-img1

Adjugé à 1 600 €

Vendu le 2021/12/03

Jean DUNAND (1877-1942)

Diane chasseresse
Lot 128

Adjugé à 6 200 €

Vendu le 2018/03/30

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 260

Adjugé à 3 000 €

Vendu le 2025/11/27

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 146

Adjugé à 16 000 €

Vendu le 2025/11/06

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 13
Jean DUNAND (1877 - 1942)-"Jeune Fille Assise"-img1

Adjugé à 90 000 €

Vendu le 2021/11/05

Jean DUNAND (1877 - 1942)

"Jeune Fille Assise"
Lot 15

Adjugé à 37 000 €

Vendu le 2018/03/30

Jean DUNAND ( 1877-1942)

"Les vendanges"
Lot 222
Jean DUNAND (1877 - 1942)--img1

Adjugé à 1 100 €

Vendu le 2019/06/19

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 188

Adjugé à 188 000 €

Vendu le 2025/11/06

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 9
Jean DUNAND (1877 - 1942)--img1

Adjugé à 1 400 €

Vendu le 2018/06/27

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 169
Jean DUNAND (1877 - 1942)--img1

Adjugé à 105 000 €

Vendu le 2019/03/26

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 152

Adjugé à 42 000 €

Vendu le 2023/11/07

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 15

Adjugé à 16 000 €

Vendu le 2025/04/17

Jean DUNAND (1877-1942)

Vase ovoïde, c. 1910
Lot 328

Adjugé à 8 000 €

Vendu le 2025/04/17

Jean DUNAND (1877-1942)

Vase ovoïde à ressaut, c. 1920
Lot 329
JEAN DUNAND (1877-1942)--img1

Adjugé à 350 €

JEAN DUNAND (1877-1942)

Lot 385
JEAN DUNAND (1877-1942) D'après-Portrait-img1

Adjugé à 75 €

Vendu le 2022/02/08

JEAN DUNAND (1877-1942) D'après

Portrait
Lot 314
Jean DUNAND (1877 - 1942) & Jean LAMBERT-RUCKI (1888 - 1967)--img1

Adjugé à 4 000 €

Vendu le 2022/12/01

Jean DUNAND (1877 - 1942) & Jean LAMBERT-RUCKI (1888 - 1967)

Lot 152
Jean DUNAND (1877 - 1942)--img1

Adjugé à 15 500 €

Jean DUNAND (1877 - 1942)

Lot 95

Autres créateurs de la même période

Ernest-Lucien BONNOTTE
1873 - 1954
Grace RAVELIN
1873 - 1956
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1874 - 1949
Henri Emilien ROUSSEAU
1875 - 1933
Jean Bertrand PEGOT-OGIER
1877 - 1915
Kathe MUNZER
1877 - 1959
Rudolf Lehnert
1878 - 1948
Eugène DELAPORTE
1878 - 1964
Félix GUYOT-GUILLAIN
1878 - 1960
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1878 - 1951
Savely Abramovich SORINE
1878 - 1953
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1879 - 1969

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