Antonio CASCIELLO
Depuis 2019, les ventes aux enchères du "BESTIAIRE" rassemblent les œuvres illustrant la représentation de l’animal dans l’Art.
Ce thème majeur de l’Histoire de l’Art des XIXe et Xxe siècles rassemble ainsi, chaque annéec collectionneurs et amateurs autour de "cette immense liberté de l'animal, vivant sans plus, sa réalité d'être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d'exister." (Marguerite Yourcenar)
Dirigé par Antonio Casciello accompagné des clercs spécialistes Florian Douceron et Alexis Jacquemard , ainsi que de Patrick Fourtin et Claude-Annie Marzet, nos experts, toute l'équipe du département est à votre service pour mettre en valeur vos œuvres, les estimer et retracer leurs histoires.
L’homme a toujours entretenu un rapport ambigu avec l’animal, figure du danger ou intermédiaire avec les Dieux mais jamais considéré pour lui-même. Un étrange paradoxe souligné par Marguerite Yourcenar qui remarque que "plutôt qu'anthropomorphiser l'animal, l'homme a choisi le plus souvent de sacraliser en s'animalisant"[2].
Par opposition ou identification, l’animal est en effet la figure d’altérité qui vient cristalliser ce qui relève du "propre de l’homme". Ainsi, des premières représentations picturales préhistoriques à la littérature des fables et des contes, sur les armoiries et jusqu’à l’anthropomorphisme d’un Walt Disney, l’histoire de l’Art est le berceau d’un extraordinaire bestiaire iconographique. La force tranquille des félins, la ruse du renard, le caractère facétieux des primates ou la fidélité du chien sont autant de traits humains conférés à la faune pour accentuer la caricature, et par la même la portée didactique de l’image. On parle alors d’anthropomorphisme quand l’animal revêt des caractéristiques humaines, et de zoomorphisme quand l’animal est pris comme modèle.
Cette tendance s’efface cependant doucement en Europe tandis que les Expositions Universelles font découvrir au grand public à partir du milieu du XIXe une faune exotique jusqu’alors méconnue sous nos latitudes. En parallèle, les grandes capitales européennes se dotent de parcs zoologiques, cherchant chacun à présenter les espèces les plus rares. Paris n’est pas en reste qui abrite un des plus anciens zoos du monde : Le Jardin des Plantes, créé en 1793 pour accueillir les animaux de l’ancienne Ménagerie Royale de Versailles et où de nombreux artistes en quête d’exotisme et de modèles vivants se pressent pour observer, dessiner et peindre devant les enclos. La France, notamment, sera ainsi le berceau de toute une génération d’artiste animaliers à propos desquels le critique René Chavance écrivait en 1930 : "Les hommes n'ont jamais rien perdu à prendre les bêtes pour modèle. Dût notre orgueil en souffrir, il faut reconnaître que ces frères inférieurs nous donnent parfois d'utiles leçons." Saisies sur le motif, les attitudes animales et leur réalité physique participent en effet d’une nouvelle forme d’interrogation sur le rapport de l’homme à l’animal.
Libéré du joug d’être un symbole, ce dernier existe désormais par lui-même tandis que l’artiste à parti des Années 30 redevient simple observateur d’une Nature qui sert de révélateur des fragilités, des obsessions et des espoirs humains. Profondément humaine, cette fascination irrigue notre vente et son "Bestiaire" hérité du développement significatif de la sculpture animalière au Xxe siècle et de cette affirmation de Konrad Lorenz que :
"Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme."[3]
[2] Ibid.
[3] in L'agression : Une histoire naturelle du mal, 1969.
Les ventes BESTIAIRE mettent en avant les plus grands sculpteurs animaliers du XIXe, XXe et XXIe siècle. Ce thème participe des plus importants des siècles derniers car, au travers des représentations de la faune, l’art animalier porte en lui un peu de l’idée que les artistes se font d’eux-mêmes et du monde qui les entoure. Retrouvez sous le marteau panthères, ours, félins, chevaux ou encore volatiles et rongeurs de la main des plus célèbres sculpteurs et peintres animaliers tels Antoine-Louis Barye, Christophe Fratin, Demeter Haralamb Chiparus, François Pompon, Armand Petersen, Edouard Marcel Sandoz, Charles Artus, Roger Godchaux, Georges Lucien Guyot, Rembrandt Bugatti, Gaston Suisse ou François–Xavier Lalanne (...)
A la suite d'expositions très attendue des collectionneurs , le rendez-vous animalier de la vente Bestiaire connaît réglièrement de belles enchères telles que :
-> François-Xavier LALANNE : "Grand échassier", Edition Artcurial, 1994. Lampe / sculpture en cuivre patiné, bronze patiné et verre opalin.
Adjugée 135 000 euros lors de la vente "Bestiaire" du 20 mars 2025.
-> Édouard-Marcel SANDOZ : "Deux fennecs assis", modèle créé en 1922. Sculpture en bronze à patine brune nuancée.
Adjugée 52 000 euros le 30 avril 2025.
-> Armand PETERSEN : "Chouette", circa 1962 : sculpture en bronze à patine noire.
Adjugée 52 000 euros le 30 avril 2025.
-> Antoine Louis BARYE : "Cheval turc N°2 antérieur droit levé, terrasse carré". Sculpture en bronze à patine brune nuancée verte.
Adjugée 14 000 euros le 27 novembre 2025.
-> François-Xavier LALANNE : "Rhinoceros bleu". Editions Artcurial, Paris, 1981. Sculpture en fonte émaillée bleue.
Adjugée 65 000 euros le 30 avril 2025.
-> Charles ARTUS "Lièvre allongé". Sculpture en bronze à patine brune nuancée. Signée "Artus", monogramme et cachet de fondeur à cire perdue "Valsuani". Adjugée chez MILLON à 16 000 € lors de la vente "Bestiaire" du 23 mars 2023.
-> François POMPON : "Panthère noire oreilles couchées". Sculpture en marbre à taille directe. Signée "Pompon" sur la terrasse. Adjugée chez MILLON pour 110 000 € lors de la vente "Bestiaire"du 25 mars 2022.
-> Rembrandt BUGATTI "Lion couché dévorant" circa 1908 Sculpture en bronze à patine brune nuancée. Fonte d'époque à cire perdue par Albino Palazzolo pour Hebrard. Signée "R Bugatti" et numérotée (2) sur la terrasse. Cachet du fondeur "Cire Perdue A.A.Hebrard".Adjugée chez MILLON à 620 000 € lors de la vente Bestiaire du 8 mars 2019.
Le renouveau de la sculpture animalière ayant coïncidé avec une intense période d'expérimentation artistique, certaines pièces d'exception trouvent également leur place dans les ventes annuelles "Masters" qu'organise avec succès le département depuis 2021 avec par exemple :
-> François Xavier LALANNE: "Carpe d'Or", modèle créé en 1987. Édition Artcurial, Paris. Sculpture en résine dorée à la feuille.
Adjugée 66 000 euros lors de la vente "Masters" du 6 novembre 2025.
-> Georges - Lucien GUYOT : "Lionne assise tête à gauche". Sculpture en bronze à patine brune-verte nuancé.
Adjugée 85 000 euros lors de la vente "Masters" du 6 novembre 2025.
Services
L’ensemble du département et leurs experts ont à cœur d’organiser ses ventes et de défendre ces artistes. Ils proposent des estimations gratuites et confidentielles ainsi que des rendez-vous pour expertiser vos biens et vous conseiller dans leur mise en vente.
Zoom
Créateurs
Votre interlocuteur
10 rue de la Grange Batelière
Paris 75009
France
Notre équipe
Antonio CASCIELLO
Florian DOUCERON
Alexis JACQUEMARD
Patrick FOURTIN
Le 20 mars 2025 à 14h, en salle VV, MILLON met en vente une œuvre emblématique de François-Xavier Lalanne : la lampe "Grand échassier".
Record pour une "Oie" de François-Xavier LALANNE dans une vente aux enchères