SALMON (André) . L.A.S. « André », slnd...

Lot 82
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SALMON (André) . L.A.S. « André », slnd...

SALMON (André). L.A.S. « André », slnd (« Lundi »), c. 1925-1930, 2 pp. in-4 adressées à sa nièce Yvonne. Longue et belle lettre d’une grande tendresse pour ses destinataires avec des considérations intéressantes sur le journalisme ; il tâche de trouver un poste dans le milieu pour Marcel Pauvert, le mari d’Yvonne :

« Mon Yvonne chérie (…) Ma vie a été trop singulière pour que je songe jamais à en donner le goût à personne ; mais puisque Marcel se sent attiré vers le journalisme, je suis heureux de tout tenter pour lui. Le journalisme n’est jamais ni aussi plaisant, ni aussi ardent (?) qu’on le représente, tour à tour. Il y a de rudes coups de collier à donner, mais même alors peu de situations laissent une telle liberté d’ailleurs… et puisqu’il faut gagner sa diablesse de vie ! (…) Le Matin lui devra ma visite, ce qui n’était pas arrivé depuis 3 semaines ! J’y ai même été le soir ce qui est tout à fait extraordinaire. (…) Néanmoins, je vais aujourd’hui tâter mon ami Deffoux, chef des informations de l’Agence Havas, car j’aimerais mieux lui trouver un poste du jour. (…) Malgré la situation actuelle des journaux réduits à 4 pages, ce qui diminue les rubriques, je suis persuadé qu’une fois installé, Marcel ferait son chemin. (…) Le journalisme est un métier, il s’apprend comme tous les autres. Je lui conseille seulement de n’y apporter qu’une passion modérée. Qu’il se souvienne, où qu’il se trouve, qu’il sert l’intérêt d’autrui et un intérêt presque toujours secret. S’emballer, donner sa foi, le meilleur de soi, son ardeur, c’est être cruellement dupe. Donner son talent, c’est bien assez ! Et c’est assez aussi pour que le métier procure quelque agrément. J’ai fuit toutes ces écoles. J’ai fait à une époque pénible des campagnes difficiles, dangereuses pour demeurer en panne, quand le patron retournait sa veste. Certes, ça ne commencerait pas ainsi pour Marcel, pas plus que ça n’a commencé de la sorte pour moi, mais je sais de quelle façon on se prend aux pièges. Moins près il sera du journalisme nettement politique, mieux cela vaudra. Un journal ne défend jamais que des intérêts en utilisant ceux qui croient servir une idée. Qu’il garde les siennes, il en aura l’emploi ailleurs.

Quoi qu’il en soit, ayez confiance tous deux, tous quatre, mes chéris, l’Oncle André (on dirait d’une pièce russe) remuera ciel et terre pour contenter votre désir qu’il trouve tout à fait raisonnable. (…) J’attends le retour du Chef des Informations qui, peut-être pourrait trouver au Matin une place pour Marcel dans le service qui fut le mien. (…) Ce serait plus varié et lui laisserait l’espérance de voyages, d’ailleurs rarement lointains, qui sont une source intéressante de bénéfices.

J’irai vous dire tout cela bientôt, content si je puis ajouter espérances ou prévisions ; dis-le à tous, à ton cher mari et à (?) ; à mon vieux frère avec qui je serai content de bavarder un long moment.

Pour toi, mignonne, ton devoir et de continuer à te laisser cajoler. Je t’apporterai de la lecture, le dernier de ton oncle André. Jeannot [son épouse] t’embrasse avec moi ; et toi, embrasse-les tous pour nous. »

Yvonne et Marcel Pauvert sont les parents du célèbre éditeur Jean-Jacques Pauvert (1926-2014).
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