Albert Ernest CARRIER-BELLEUSE (1824-1887)
Angélique enchaînée
Sculpture en taille directe en marbre de Carrare
H : 70 cm
Signé A.Carrier Belleuse
Usures
La composition de l’œuvre est une illustration d’un des chants du Roland Furieux de l’Arioste. Angélique est représentée enchainée à un rocher pour y être dévorée par un monstre marin dont elle sera délivrée par Roger.
L’original exposé au Salon de 1866 était en marbre blanc, les chaînes en cuivre. Trois réductions en marbre sont connues.
Lors de son exposition en 1866, la critique salue l’audace du sculpteur :
« Attachée au rocher, la tête renversée, effarée, les genoux repliés, le torse jeté en avant, elle semble faire des efforts désespérés pour échapper au smisurato mostro. Son immense et invraisemblable chevelure tombe jusqu'à ses pieds en larges nattes ; des chaînes en cuivre doré étreignent ses poignets et ses chevilles : il est temps que Roger arrive. Il y a dans cette figure des morceaux traités de main de maître : je signalerai entre autres les genoux, qui sont fort beaux, étudiés avec grand soin et rendus avec une précision qui n'est point sans élégance ».
Maxime du Camp in Revue des deux mondes Salon 1866
Source: Revue des Deux Mondes (1829-1971), 1er juin 1866, seconde période, Vol. 63, No. 3 (1er Juin1866), pp. 687-719
La pose complexe et contorsionnée de l’héroïne démontre la dette de Carrier-Belleuse envers ses prédécesseurs artistiques - en particulier le peintre baroque flamand, Peter Paul Rubens (1577-1640) et le sculpteur français Pierre Puget (1620-1694) - tandis que la composition complexe et les détails soigneusement prononcés évoquent pleinement les plus belles œuvres du sculpteur, parmi les plus célèbres du Second Empire.
Collection, de 1901 à 1928, du sénateur Paulin Daudé.