Une rentrée sous haute tension :
Une belle rentrée s’annonce, pied à pied, mano a mano, coude à coude, dos à dos, épaule contre épaule, nez à nez, face à face ou encore tête à tête. Place, après 6 premiers mois record, à la nouvelle et dernière saison d’enchères 2025.
Féroce assurément entre, d’un côté, les collectionneurs, professionnels ou institutionnels dénués du droit de préempter (le terme de compétition ne pouvant décemment pas s’appliquer à ceux qui bénéficient du Joker létal de la préemption) et, de l’autre, les Maisons de ventes elles-mêmes armées de leurs départements d’art et de leurs experts prêts à en découdre.
Un marché aussi vaste que fragile
Sur la ligne de départ, l’image paraîtrait sympathique si ce n’était l’étroitesse des couloirs de courses. En effet, malgré les jolis coups de marteau illustrés qui associent artistes de renom et Maisons, le gâteau est bien plus maigre que ne le laissent filtrer les encarts publicitaires.
Parlons chiffres officiels, parlons « big picture ». L’art et son marché mondial ? 60 milliards d’euros par an (vous me pardonnerez d’arrondir pour les besoins de l’argumentation) !
Sur ces 60 milliards, quel est le total des ventes publiques sur la planète ? 30 milliards ! La moitié. Ah ? Et sur les 14 000 Maisons de ventes éparpillées à travers le monde (dont 4 000 en Chine), combien concentrent à elles seules la moitié de cette moitié, soit 15 milliards ?
La réponse est… 5 ! Cinq dont deux chinoises. Par pudeur respectueuse, nous tairons les illustres noms.
Mais je vous laisse faire la division pour établir la clé de répartition du total à partager pour les 13 995 (ou presque) « ramasse-miettes » qui restent.
Une concurrence acharnée
« Pas bezef ! », comme dirait notre partenaire depuis 12 ans à Marrakech, l’incandescent Chokri Ben TAOUIT. Et il ajouterait habilement : « On a intérêt à se tenir chaud l’hiver ». Pas faux.
Et puis allons-y de notre petite comparaison acide. Qu’est-ce que représentent finalement les 60 milliards du marché mondial de l’Art par rapport aux 220 milliards de celui de la tomate ?
Réponse : une bruschetta de marché dont on ne devinera jamais la qualité d’une année sur l’autre.
Et pourtant, la concurrence entre professionnels fait rage. Et pourtant… le marché peine à se réinventer. Et pourtant… il y a urgence.
MILLON Auction Group : une rentrée en force
Par chance, et aussi beaucoup de travail, les Maisons du MILLON Auction Group se préparent à une rentrée en force avec 150 ventes déjà programmées en France, en Belgique, en Italie et au Vietnam jusqu’à décembre dans près de 40 spécialités.
Les festivités débuteront par une semaine inédite, du 16 septembre jusqu’au week-end des Journées du Patrimoine, puisque le premier étage de Drouot sera entièrement loué ainsi que toutes les salles d’expositions « MILLON » du quartier DROUOT pour accueillir pas moins de 8 ventes.
Bande dessinée, Arts d’Asie, Arts de la table, Mobilier et tableaux Classiques, Sport, Souvenirs Historiques, Napoléon en tête…
Même le Louvre se prête au jeu avec la mise en vente des plus fameuses reproductions en plâtre sculpté de ses chefs-d’œuvres, sans compter sur l’exposition en avant-première mondiale de la redécouverte du chef-d’œuvre oublié « David terrassant Goliath », du Maître italien Guido Reni, peint à l’origine en quatre versions autour de 1605 puis éparpillées au gré des caprices de l’Histoire.
Un patrimoine à redécouvrir
L’occasion de conférences inoubliables sur la mise en perspective d’un des derniers mano a mano taille XXL comme seule l’Histoire de l’Art sait les provoquer : le David du Louvre vaut-il le David redécouvert ? Le marché donnera un verdict en guise de début de réponse.
Au rayon des découvertes mondiales, le premier « Grand Insulaire » ou livre des îles, réalisé en 1586-87, met en lumière l’ambition folle du cosmographe du roi André Thevet de dresser l’inventaire universel des rivages insulaires du globe en 229 cartes gravées, soit près du double du corpus recensé jusqu’alors dans les collections publiques.
Plus qu’un recueil, un morceau de Patrimoine de l’Humanité. Alors, musée ou pas musée ?
L’Italie, la Riviera et les enchères
Passons sur la surprenante et déjà abondamment commentée succession de l’immense Antonio Seguí pour rejoindre le bleu azur de l’intenable MAISON MILLON Riviera qui lancera sa première banderille « encanteresse » dès septembre avec la collection de monnaies chinoises de Son Excellence Affra, ancien diplomate portugais en Chine.
Du marteau en feu de Maître Vergeau, quelques perles sacrées devraient rôtir en enchères.
Et que dire d’Il Ponte, la jumelle italienne au sein du Groupe MILLON, menée tambour battant par une gardienne inébranlable du temple milanais Madame Rossella Novarini et le puits de Culture Classique, digne fils de son fondateur de père, Marco Redaelli.
Après un premier semestre 2025 record, la Maison du quartier Brera s’apprête à mettre en orbite une pluie de ventes très attendues.
Seront notamment à la tête de leur département :
- le légendaire Freddy Battino, référence ultime de l’Art Moderne et contemporain sur le continent (il vient de « sortir » un Fontana splendide pour novembre au moment où j’écris ces lignes aoûtiennes)
- ainsi que Luca Ghirondi, qui, avec son équipe de spécialistes, a hissé le département Joaillerie dans le top 2 italien.
De France et d’Italie, la seule association des grands départements Moderne, Contemporain et Joaillerie génère près de 45 millions d’euros par an.
Entre fragmentation et concentration
Par leurs 250 ventes, 45 spécialités, 20 commissaires-priseurs et des formats d’enchères adaptés à une clientèle élargie ou élitiste, Il Ponte et MILLON offrent une fantastique opportunité d’accroître ses chances de vendre et d’acquérir une œuvre d’art enfin rendue visible.
Mais ne nous mentons pas, le marché reste certes incertain. Il veut toujours mieux, mieux, bien que rikiki.
Inexorablement, il se morcelle, se spécialise et pourtant se reconcentre en méga-Maisons dans un mouvement quasi-parallèle.
La concurrence n’attend plus de devenir légitime avant de lancer des offensives sur la toile. On grenade de l’AdWords, en veux-tu en voilà.
La TVA, le protectionnisme à la sauce trumpiste, les multiplications de réglementations pour châtier les provenances incertaines ou les blanchiments de tous bords… Tout est là pour créer l’attentisme, à tout le moins.
Un credo : l’unité
Il est urgent de rester unis et de ne pas se laisser tenter par l’éparpillement. Experts, départements et même les Maisons qui abritent tous ces talents. Grande est la tentation de se laisser griser une fois quelques faits d’armes accomplis par d’autres prés aux allures verdoyantes.
Notre credo évolue depuis quelques années, qui nous renforcent. Nous faisons désormais le pari de croire d’abord en celles et ceux qui nous montrent, très symétriquement, qu’ils ou elles croient en nous. Cela n’a pas toujours été le cas et parfois encore, quelques écarts surprennent.
Cette loyauté joyeuse et productive devrait aiguiser encore les talents du groupe, faire de chaque vente une fête à préparer ensemble et profiter surtout à notre unique trésor commun : notre client(e). Vous !