Une œuvre inédite de Guido Reni, conservée depuis plus de deux siècles par la même famille, s’apprête à entrer sur le marché de l’art parisien. La toile magistrale du maître bolonais, David contemplant la tête de Goliath, vient d’être découverte dans une collection privée française. Exceptionnelle par sa qualité, son histoire et sa rareté, elle sera présentée aux enchères par notre maison en collaboration avec la maison Artcurial et Millon le 25 novembre prochain à Paris.
Un vestige du passé retrouvé après deux siècles d’oubli
En novembre prochain, un événement majeur secouera le marché de l’art : la mise en vente à Paris d’un tableau monumental de Guido Reni (David contemplant la tête de Goliath, 227 x 145,5 cm), redécouvert après plus de 230 ans d’absence. Portée par les maisons Artcurial et Millon, cette vente inédite se tiendra le 25 novembre 2025 à l’Hôtel du Rond-Point. L’œuvre, estimée entre 2 et 4 millions d’euros, bénéficie d’une provenance exemplaire, d’un état de conservation remarquable et d’une qualité picturale qui en fait un jalon majeur de la carrière du maître bolonais Guido Reni.
Un trésor méconnu au sein d’une collection familiale
Commandée au tout début du XVIIe siècle par Francesco I d’Este, duc de Modène, l’œuvre intègre par la suite la prestigieuse collection du prince Eugène de Savoie, stratège des Habsbourg et grand mécène. Exposée dans son palais du Belvédère à Vienne en 1734, elle rejoint ensuite les collections de Charles-Emmanuel III à Turin, avant d’être transférée à Paris au XIXe siècle par le général Pierre-Antoine Dupont de l’Étang, l’un des conquérants de l’Italie. Conservée depuis dans la descendance du général, la toile n’a pratiquement jamais changé de mains.

Une version aboutie sans repentirs majeurs de Guido Reni
Attribuée sans réserve à Guido Reni (1575–1642), l’œuvre appartient à la typologie dite “Créquy”. Le terme “typologie Créquy” fait référence à un ensemble d’œuvres de Guido Reni partageant la même structure iconographique, dont la première version connue appartenait au maréchal de Créquy. Elle est caractérisée, dans le tableau, par la posture méditative du héros David et des éléments distinctifs comme un drapé alternant le bleu et la doublure de fourrure.
Les détails les plus intéressants du tableau sont les repentirs visibles dans la composition : des modifications apportées par l’artiste en cours d’exécution, perceptibles notamment dans les bras, le drapé retombant sur la colonne, la main droite et, plus spectaculairement, le pied droit, représenté dans trois positions successives.
Ces ajustements, caractéristiques du travail de Guido Reni, renforcent l’attribution du tableau d’Orléans au maître bolonais. Ils suggèrent également que l’artiste aurait élaboré cette version au moment même de la création du motif, avant d’en reprendre l’idée, avec quelques variations, dans la toile aujourd’hui conservée au Louvre. À l’époque, il n’était pas rare que les peintres conçoivent simultanément deux variantes d’une même composition.
Ce grand format témoigne d’un équilibre parfait entre classicisme et baroque, entre tension dramatique et harmonie lumineuse. David, loin de tout triomphalisme, est représenté dans une posture méditative, presque mélancolique. Une interprétation subtile du héros biblique, emblématique de l’humanisme moral prôné par l’artiste.

Entre lumière bolonaise et ombres caravagesques
Cette toile incarne la rencontre féconde entre les deux grands courants artistiques du XVIIe siècle : le naturalisme de Caravage et le classicisme lumineux des Carracci. Si la brutalité réaliste de la tête coupée de Goliath évoque l’influence caravagesque, la figure de David, toute en grâce apollinienne, traduit l’élévation morale et la recherche d’harmonie propre à l’école bolonaise.

Une vente d’exception au cœur de Paris après une tournée internationale
Avant sa mise en vente, le tableau fera l’objet d’une exposition itinérante internationale :
- 16–20 septembre 2025 à l’Hôtel Drouot, Paris
- Début octobre 2025 chez Adam Williams Fine Art, New York
- 21–24 novembre 2025 chez Artcurial, Paris
Le 25 novembre 2025, l’œuvre passera sous le marteau de Matthieu Fournier, lors d’une vente organisée conjointement par les maisons Artcurial et Millon. Compte tenu de son importance, de sa rareté et de sa qualité, cette vente s’annonce déjà comme l’un des temps forts du marché de l’art ancien en 2025.
La presse en parle !
Connaissance des Arts : « C’est une bombe ! » : disparu depuis plus de 200 ans, un chef-d’œuvre du XVIIe siècle refait surface
Le Figaro : La redécouverte d’un Guido Reni monumental, disparu depuis deux siècles, aux enchères
Beaux Arts Magazine : Estimé deux à quatre millions d’euros, un chef-d’œuvre de Guido Reni redécouvert et bientôt aux enchères
Le Quotidien de l’Art : Redécouverte d’un chef-d’œuvre de Guido Reni
Bilan : Un Guido Reni royal a été identifié par le cabinet Turquin
La Tribune de l’Art : Réapparition d’un David et Goliath de Guido Reni
Gazette Drouot : Redécouverte du premier David et Goliath de Guido Reni, qui détrône la version du Louvre
Nouvelles du monde : Guido Reni : Œuvre Redécouverte aux Enchères