Le 20 septembre prochain la maison de vente Millon dispersera à Drouot une partie de l’étonnante collection d’arts extra-européens constituée tout au long de sa vie par l’artiste argentin Antonio Seguí (1934–2022). Une vacation exceptionnelle, réunissant près de 200 pièces d’art Afrique, d’Océanie et précolombien levant le voile sur la passion discrète mais profonde de l’artiste pour les formes et les présences venues d’ailleurs. Sculptures, masques, fétiches ou objets rituels peuplaient les pièces de sa maison-atelier d’Arcueil, dans l’écrin singulier de la Maison Raspail. Sélectionnées par l’expert Serge Reynes, ces œuvres racontent une autre histoire de Seguí : celle d’un regard sensible, affranchi des modes, à la recherche de puissance formelle et d’authenticité. « Ce qui m’importe dans les œuvres d’art tribal, c’est la puissance de création, l’authenticité et la force, l’expression dans des valeurs esthétiques prédéfinies », confiait-il.

Une collection intime, un écrin historique
Peu le savaient, mais Antonio Seguí fut un collectionneur fervent. Son attachement aux arts d’Afrique et d’Amérique naît dans les années 1950 mais c’est à son arrivée à Paris en 1963, qu’il découvre les arts dits « premiers » au musée de l’Homme puis auprès de Jacques Kerchache, dont l’amitié façonnera durablement son œil. Il fréquente les galeries de Saint-Germain-des-Prés et achète ses premières pièces précolombiennes. Plus tard, c’est à Drouot, où il aimait flâner, qu’il poursuit ses acquisitions, enrichissant sa collection. Dès 1970, il installe ses objets dans la Maison Raspail à Arcueil, ancienne demeure XIXᵉ siècle du scientifique François-Vincent Raspail. C’est dans cette demeure qu’il trouva refuge à son retour d’Argentine. Il y installe tout d’abord son atelier dans le fond du jardin puis eu la chance quelques années plus tard d’en faire l’acquisition. Il consacra sa vie à redonner à ce lieu historique toute sa splendeur d’antan et y logea ce « musée intime ». « Petit à petit, la collection a occupé toute la maison, sans que nous nous en rendions compte », se souvient son épouse Clelia Taricco.

Antonio Seguí considérait chaque objet comme un être vivant
« Lorsque je m’attache à un objet, je n’imagine pas qu’il puisse rester seul… Je m’arrête quand il n’y a plus de place », disait-il encore. L’artiste orchestrait ainsi des mises en scène par ethnies : armée de statues Mumuyé dans la chambre, masques Bamiléké aux murs du salon, fétiches Téké à la cave.
Loin d’un cabinet savant ou d’un système, la collection est intuitive, animée. Les œuvres vivent dans la maison, parfois regroupées par ethnie, parfois simplement choisies pour leur force plastique.
« Il aimait faire des vraies accumulations d’objets gardant toujours une élégante harmonie. Il aimait faire des mises en scène, et c’est peut-être là que réside en partie le grand charme, sinon l’âme de sa collection. » Clelia Taricco.

Cette vente rend hommage à un homme pour qui collectionner relevait d’un art de vivre autant que d’un regard.
Vente aux enchères :
Vendredi 20 septembre 2025 – 14h30
MILLON
Drouot – Salle V
Expert : Serge Reynes
Responsable de la vente
Romain BEOT
07 86 86 06 56
Contact presse :
Marina David
m.david@marinadavid.fr
06.86.72.24.21
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