Pierre de Belay
Biographie
Né le 12 décembre 1890 à Quimper, Pierre de Belay (de son vrai nom Eugène Pierre Savigny) est un artiste autodidacte profondément enraciné dans sa Bretagne natale tout en étant acteur du foisonnement artistique parisien du XXe siècle. Issu d’une famille cultivée, il est encouragé très tôt par son père, peintre amateur, et rencontre le poète Max Jacob qui devient son mentor et soutien fidèle. Dès 1903, à peine adolescent, il réalise des portraits de notables quimpérois.
En 1905, il suit Max Jacob à Paris et s’installe à Montmartre, au Bateau-Lavoir, où il côtoie Picasso, Apollinaire, Salmon, Mac Orlan… Malgré cette immersion dans les avant-gardes, il refuse de s’attacher à une école et suit sa propre voie, fidèle à l’observation du réel.
Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il reprend ses activités artistiques en 1919 et s’installe définitivement à Paris. Il partage son temps entre la vie urbaine (cafés, scènes de théâtre) et des séjours réguliers en Bretagne, à Audierne, Tréboul ou Concarneau, où il trouve matière à peindre marins, ports et marchés. En 1937, il participe à l’Exposition universelle de Paris avec une œuvre monumentale, Une pêche au chalut.
En 1939, il rencontre James Ensor à Ostende, et invente à cette époque le "treillisme", une technique originale d’entrecroisement de traits conférant profondeur et vibration à ses compositions. Il consacre une exposition à cette technique à Paris en 1943, avant de revenir progressivement à une facture plus classique.
Il décède à Ostende en 1947 alors qu’il préparait une exposition avec Ensor. Il laisse une œuvre abondante : plus de 1 000 toiles, autant d’aquarelles et de gouaches, et des milliers de dessins.
Style et influences
Pierre de Belay développe un langage pictural personnel, nourri de l’Impressionnisme, teinté d’influences fauves et cubistes mais profondément ancré dans une vision humaniste du réel. Son style se distingue par :
Une palette restreinte, expressive, souvent dominée par les ocres, les bruns, les bleus froids.
Des formes simplifiées, aux volumes parfois géométrisés, inspirées du cubisme mais sans systématisme.
Une observation sensible et spontanée du quotidien, qu’il capte avec rapidité dans ses dessins.
Ses œuvres bretonnes — ports, pardons, marchés — allient modernité plastique et attachement au terroir. À Paris, il croque le monde des cafés, du spectacle, du théâtre ou encore des prétoires, donnant naissance à une série célèbre sur le monde judiciaire, commencée lors du procès Stavisky.
Le "treillisme", inventé à partir de 1939, marque un tournant : un réseau de lignes croisées donne à ses œuvres une texture vibrante, une profondeur particulière, à mi-chemin entre peinture et gravure.
Cote et marché de l’art
Tableau des prix (2017–2025)
| Type d’œuvre | Prix bas estimé | Prix haut estimé |
|---|---|---|
| Peinture | 300 € | 30 000 € |
| Dessin / Aquarelle | 60 € | 9 000 € |
| Estampe / Gravure / Litho | 60 € | 800 € |
Quelques résultats notables :
Nous avons vendu Paris, Jardin du Luxembourg, la tricoteuse, huile sur carton vers 1932-1936, pour 4 500 €.
Nous avons vendu Le souper, huile sur carton datée 1933, pour 3 500 €.
Nous avons vendu Paris, remorqueur sur la Seine, huile sur carton vers 1918-1919, pour 2 800 €.
Nous avons vendu Le pont neuf, huile sur toile datée 1943, pour 2 500 €.
Analyse de la cote
La cote de Pierre de Belay reste soutenue, notamment en France, où 95 % des ventes sont réalisées. Très présent dans les collections publiques et locales, son œuvre est régulièrement exposée. Les dessins et aquarelles, nombreux, constituent l’essentiel du marché et restent accessibles. Les scènes bretonnes, en particulier celles liées à la vie portuaire et rurale, sont les plus demandées, ainsi que les œuvres liées au monde judiciaire.
En 2025, le marché international commence à redécouvrir son travail, notamment en Belgique et en Suisse. Ses œuvres les plus ambitieuses, notamment celles relevant du "treillisme", connaissent un intérêt croissant de la part des collectionneurs.
Comment estimer une œuvre de Pierre de Belay ?
Plusieurs critères influencent la valeur d’une œuvre de Pierre de Belay :
Technique : les huiles sur toile et les grands formats sont les plus valorisés.
Thème : les scènes bretonnes, judiciaires ou montmartroises sont plus recherchées que les portraits anonymes.
Période : les œuvres des années 1920 à 1940, en particulier celles du cycle breton, sont les plus prisées.
État de conservation : une œuvre restaurée ou endommagée voit sa valeur réduite.
Provenance : une origine prestigieuse (collection publique, galerie historique) augmente sa valeur.
Treillisme : cette technique originale est particulièrement appréciée et valorisée.
Il est recommandé de faire appel à un expert pour estimer une œuvre selon ces critères.
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« Quand Maître Robert parlait des artistes »
En 60 ans de carrière, Maître Robert a traversé le XXème siècle comme l’un des premiers (et des derniers) commissaires-priseurs visionnaires à prendre le risque de regarder un atelier d’artiste comme un trésor à faire découvrir au public et au marché.
Des dizaines de talents, qui, aujourd’hui, parsèment comme une évidence les salons et ventes d’Art Moderne, ont été révélés grâce aux enchères et à ce marteau précurseur.
Voici ce que Maître Claude Robert écrivait au sujet de XXX au moment de le révéler au monde de l’Art.
« Pierre de Belay a vu s’ouvrir pour des expositions particulières les cimaises de galeries telles que Drouant, Guiot, Katia Granoff, et son œuvre est présente dans les musées d’Oakland à San Francisco. Apollinaire, Max Jacob, Francis Carco et James Joyce qui lui ont servi de modèles ont contribué à faire connaître son inimitable coup de crayon.
Ses dessins sont précieusement conservés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale et de la Bibliothèque Royale de Bruxelles. La saveur de ses scènes du Palais de Justice tant admirées autrefois de M. Henri Robert et dont le Directeur des Beaux-Arts avait tenu à présider la présentation place Dauphine lui font une place à part parmi ses grands aînés.
Les rétrospectives chez De Groote et à la Galerie de l’Elysée ont permis encore une étude plus approfondie de son œuvre et depuis on connaît le chemin parcouru par le Treillisme.
Les Belges, neuf être grâce à son ami James Ensor et surtout les Suédois à Stockholm, paraissent avoir accueilli son œuvre avec la même curiosité et le même enthousiasme que les Anglo-Saxons. »