Les univers du Collectionneur / Ventes aux enchères de photographies En salle

Les univers du Collectionneur
Vente Succession François Lepage - Photographies du XIX et XX siècle

le 10 novembre 2022 à 18h00

SALONS DU TROCADERO - 5, avenue d'Eylau 75116 Paris

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Adjugé à 1 000 €

Adjugé à 2 800 €

Adjugé à 1 400 €

Informations sur la vente
Une collection à toute épreuve !

La collection François Lepage

Dans les années 1960, l’intérêt pour la photographie comme telle reste figé autour de la presse et de l’édition. Dans les institutions muséales, dans la recherche académique et sur le marché de l’art, la photographie est, sinon absente, du moins marginale. Il en va ainsi dans le monde entier.

Dans ces années-là, cependant, à Paris, trois marchands vont entreprendre, chacun à sa manière, la critique en acte de cette situation. André Jammes, le premier, commence sa collection. Gérard Lévy et François Lepage, sortant tous les deux de l’École du Louvre, et installés tous les deux dans la même allée du marché Vernaison, aux Puces de Saint Ouen, décident de s’associer. Pendant les premières années, ils achètent beaucoup, à Drouot, aux Puces et ailleurs, sans se soucier de vendre, chacun ayant par ailleurs conservé ses activités. Leur association durera un bon quart de siècle.

Au cours des années 1970, l’intérêt pour la photographie perd peu à peu ses traits de marginalité et commence à prendre les formes que nous lui connaissons aujourd’hui. A Paris, deux nouveaux marchands rejoignent les trois premiers : Hugues Autexier et François Braunschweig. Les Texbraun, comme on les appelle, s’installent aux Puces, où leur boutique fait face à celle de François Lepage. François Lepage et son épouse se lient d’amitié avec François Braunschweig et Hugues Autexier.

Eugenia Parry, à l’époque, termine sa thèse sur Le Gray. Elle se souvient de ces cinq marchands qui ont un temps d’avance. Elle les appelle les « French amateurs ». Ils savent beaucoup de choses qui ne sont pas encore dans des livres, et leur savoir est généreux. On peut apprendre d’eux. De même, comme en témoignent les catalogues d’exposition et les monographies des années 1970 et 1980, leurs prêts se comptent en milliers.

C’est au cours des années 1980 que se manifestent les signes d’une pleine reconnaissance de la photographie en tant que telle, exposée, étudiée, théorisée, publiée, collectionnée. La Galerie Texbraun, installée rue Mazarine, expose en alternance des photographes contemporains et d’autres, de toutes les époques.

Dans son essai sur la collection Sam Wagstaff du J. Paul Getty Museum, Eugenia Parry rappelle qu’en 1987, elle a dédié son livre sur Le Gray à François Lepage. « Il était - ajoute-t-elle - le plus fervent, le plus rigoureux et le plus généreux chercheur que j’ai jamais rencontré ». Il était aussi le plus discret.

Au début des années 1990, Gérard Lévy et François Lepage sont en désaccord. Ils décident de mettre fin à leur association. Reste à diviser en deux parts égales les dizaines de milliers d’images accumulées. Les opérations du partage s’étendent sur des années. Tantôt image par image, choisies alternativement par l’un et par l’autre au sein d’un ensemble. Ce fut le cas, par exemple, des Greene et des Brassaï. Tantôt en échangeant leur part de deux ensembles, de sorte que l’intégrité de chaque ensemble soit préservée. Ce fut le cas des Fizeau et des Durieu.

C’est par l’effet des choix de l’un et de l’autre que les vingt-cinq ans d’une accumulation commune, rarement guidée par la subjectivité d’un regard ou d’un goût, se partage alors en deux collections. Chacune porte enfin en elle les marques d’une culture et d’une sensibilité singulière.

Dans ce partage, les choix de François Lepage se sont souvent tournés vers les plus anciennes acquisitions, les premières découvertes, merveilleuses et bouleversantes. Le marché a connu des vagues. De tout ce qu’il y avait de plus rare et de plus beau parmi ces images, ces vagues pourtant puissantes n’ont rien emporté. Comme plongées dans un profond sommeil parfois pendant plus de cinquante ans, elles sont aujourd’hui exposées pour la première fois. François Lepage n’était pas seulement discret. Il avait aussi le goût du secret.


The François Lepage collection

In the 1960s, interest in photography as such remains limited to the press and publishing worlds. In museum institutions, in academic research and on the art market, photography is, if not absent, at least marginal. This is the case all over the world.

In these years, however, in Paris, three dealers are about to undertake, each in his own way, a critique of this situation. André Jammes is the first to begin his collection. Gérard Lévy and François Lepage, both graduates of the École du Louvre, and both located in the same alley in the Vernaison section at the Saint Ouen flea market, decide to join forces. During the early years of their partnership, they buy a great deal, at Drouot, at the Flea Market and elsewhere, without worrying about selling, each having kept his own activities in parallel. Their association will last a good quarter of a century.

During the 1970s, interest in photography gradually loses its marginality and begins to take on the forms we know today. In Paris, two new dealers join the first three: Hugues Autexier and François Braunschweig. The Texbrauns, as they were called, set up shop at the Flea Market, where their boutique is opposite that of François Lepage. François Lepage and his wife become friends with François Braunschweig and Hugues Autexier.

Eugenia Parry, at the time, is finishing her thesis on Le Gray. She remembers these five dealers who were ahead of the game, calling them the "French amateurs". They know a lot about photography that is not yet set down in books, and they are generous in sharing their knowledge. One can learn from them. Also, as the exhibition catalogues and monographs of the 1970s and 1980s show, their loans are numbered in thousands.

It is during the 1980s that the signs of full recognition of photography for itself emerge. It is exhibited, studied, theorized, published and collected. The Galerie Texbraun, located on the rue Mazarine, alternates exhibits between contemporary photographers and others from all eras.

In her essay on the Sam Wagstaff collection at the J. Paul Getty Museum, Eugenia Parry recalls that in 1987 she dedicated her book on Le Gray to François Lepage. "He was” - she adds – “the most dedicated, thorough, and generous researcher I have ever met.” He was also the most discreet.

In the early 1990s, Gérard Lévy and François Lepage were at odds. They decide to end their association. It remains for them to divide the tens of thousands of accumulated images into two equal parts. The process of dividing the collection takes place over several years. Sometimes image by image, chosen alternately by one and the other within a given set. This was the case, for example, with the Greenes and the Brassaïs. Sometimes they exchanged their share of two sets, so that the integrity of each set was preserved. This was the case with the Fizeaus and the Durieus.

It is through the choices of each of these men that twenty-five years of accumulation in common, rarely driven by a subjective eye or taste, is divided into two collections. At last, each one bears the marks of a specific cultural background and a singular sensitivity.

In this division, François Lepage's choices often turned to the oldest acquisitions, the first discoveries, marvellous and moving. The market has gone through waves. Of all the rarest and most beautiful of these images, these powerful waves carried nothing away. As if plunged into a deep sleep, sometimes for more than fifty years, they are now on display for the first time. François Lepage was not only discreet. He also had a taste for secrecy.

Frais acheteur :
Frais à la charge des acheteurs (par lot en sus de l'adjudication) selon dégressivité suivante :
- La tranche inférieure à 1 500 € : 27,5 % HT (soit 33% TTC *)
- 25 % HT soit 30 % TTC * de 1 501 € à 500 000 €
- 20,83 % HT soit 25% TTC * de 500 001 € à 1 500 000 €
- 16,66 % HT soit 20% TTC * au delà de 1 500 001 €

* Taux de TVA en vigueur : 20%

Les Salons du Trocadéro, 5 avenue d'Eylau 75116 Paris
Jeudi 3 Novembre de 11h à 18h
Vendredi 4 Novembre de 11h à 18h
Samedi 5 Novembre de 11h à 18h
Lundi 7 Novembre de 11h à 18h
Mardi 8 Novembre de 11h à 18h
Mercredi 9 Novembre de 11h à 18h
Jeudi 10 Novembre 11h-12h
*Taux de TVA en vigueur : 20%
* Taux de TVA en vigueur : 5,5% pour les livres du lot 1 au lot 13 et lot 89
Responsable de la vente
Expert