Robert COUTURIER

Robert COUTURIER

Né à Angoulême en 1905, Robert Couturier sera d’abord graveur, après avoir étudié la lithographie à l'Ecole Estienne à Paris. Ses premières sculptures datent du début des années vingt et lui valent d’être remarqué par Aristide Maillol qui lui déclarera : "Vous, Couturier, dans le genre mal-foutu, vous ferez quelque chose de très bien". Le maître le prend comme élève en 1928 et, en 1930, le jeune artiste obtient le Prix de la fondation Florence Blumenthal.

En 1936, Couturier reçoit une première commande de l'Etat : la sculpture "Le Jardinier" (aujourd’hui exposée sur l'esplanade du Trocadéro à Paris). L’année suivante, en 1937, il réalise quelques 200 mannequins en plâtre pour le décor du Pavillon de l’Elégance à l'Exposition internationale des Arts et Techniques dans la vie moderne de 1937, qui le voit abandonner les volumes amples et ronds hérités de Maillol pour des formes plus décharnées et longilignes. En 1938, Robert Couturier participe des signataires du manifeste Rupture qui défend le retour au métier et aux valeurs artistiques traditionnelles via une nouvelle représentation de l’homme. Sa sculpture termine alors son évolution vers un vocabulaire plastique plus allusif, qui suggère les volumes en jouant des vides et des expansions.

En 1946, le sculpteur devient professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.
Il y enseignera jusqu’en 1962 avant de rejoindre les chaires de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts en 1966. En parallèle de sa mission d’enseignement, il participe à de nombreuses expositions internationales, notamment "Les Sculpteurs contemporains de l’Ecole de Paris" à la Kunsthalle de Berne du 14 février au 29 mars 1948, avant de représente la France à la Biennale de Venise de 1950. La même année, il participe à la création du Salon de Mai (qui se tiendra jusqu’en 2014). L’année précédente, Robert Couturier réalisait une de ses œuvres charnières pour le projet de Monument à Etienne Dolet, présenté au Salon d'automne de 1949 où sa radicalité formelle et stylistique déclenche un véritable tollé .
Qu’importe : Couturier a sa vision et la poursuivra. En 1958 il participe à l’Exposition Universelle de Bruxelles aux côtés de Georges Braque, César, Giacometti ou Gilbert Poillerat.

En 1960, l’artiste débute la série des "Femmes-Boîtes", sculptures/architectures architectures, construites à partir de boîtes en carton.En 1970, le musée Rodin lui consacre une importante exposition et en 1975 c’est une rétrospective qui lui est dédié à La Monnaie de Paris qui présente ses sculptures, dessins et médailles.
Robert Couturier connaîtra une dernière rétrospective au Musée Maillol, en 2005, où ses dernières sculptures à base de matériaux font sensation. A leur sujet l’artiste expliquera : "Je n’ai jamais d’idée que partant d’une forme déjà existante, une forme rencontrée souvent par hasard…un caillou, un morceau de bois échoué sur une plage, un cylindre en carton, en fer tordu par exemple. J’ai ramassé ce caillou ou cette ferraille sans bien discerner ce qui m’attirait en eux et je les regarde, je vis avec, puis peu à peu une image humaine se greffe sur ces objets."

Robert Couturier s’éteint en 2008.