Charles Nicolas II COCHIN

Charles Nicolas II COCHIN

Charles-Nicolas Cochin (1715-1790) est un graveur, dessinateur, écrivain et critique d'art français. Pour le distinguer de son père du même nom, il est également connu sous les noms de Charles-Nicolas Cochin le Jeune, Charles-Nicolas Cochin le fils ou Charles-Nicolas Cochin II.

Cochin est né à Paris, fils de Charles-Nicolas Cochin l'Ancien (1688-1754). C’est auprès de son père qu’il étudie la gravure. En plus de son éducation artistique, Cochin connait le latin, l'anglais et l'italien, mais a également parcouru l'œuvre du philosophe John Locke.

En 1737, Cochin est employé par le jeune roi Louis XV pour réaliser des gravures commémorant chaque naissance, mariage et funérailles à la cour, et à partir de 1739, il est formellement attaché comme dessinateur et graveur aux Menus-Plaisirs du Roi, où toutes ces occasions éphémères sont produites.

En plus d'être graveur de la cour, il était également dessinateur, écrivain d'art et portraitiste.

En 1749, Mme de Pompadour choisit Cochin pour accompagner son frère Abel Poisson, le futur marquis de Marigny, dans un voyage d'étude en Italie, en compagnie de l'architecte Jacques-Germain Soufflot et du critique d'art Jean-Bernard, abbé Le Blanc. Cochin, Soufflot et Marigny resteront des amis proches à leur retour, et leur influence combinée contribuera largement au triomphe du néoclassicisme en France.

À son retour en 1751, il est admis comme membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture, où il était agréé depuis 1741. En 1752, à la suite de la mort de Charles-Antoine Coypel, il est nommé successeur de ce dernier comme garde des dessins du roi et reçoit un logement au Louvre. De 1755 à 1770, il porte le titre d'administrateur des arts du roi et, à ce titre, passe des commandes à d'autres artistes, établit des programmes pour la décoration des palais et châteaux du roi et accorde des pensions. Entre 1750 et 1773, les travaux de Cochin sont dirigés par le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du roi Louis XV.

En 1750-1751, Cochin, en compagnie de Jérôme-Charles Bellicard, accompagne Marigny lors d'une visite des fouilles d'Herculanum. En 1753, Cochin et Bellicard publient leurs Observations sur les antiquités de la ville d’Herculanum. Soit le premier compte-rendu illustré des découvertes faites sur place. Des éditions de l'ouvrage en anglais furent publiées en 1753, 1756 et 1758, et en français en 1754, 1755 et 1757.

Cochin a su influencer le goût artistique en France et fut l'un des principaux chefs de file du goût de son pays au cours du XVIIIe siècle. Ses années de plus grande influence administrative s'étendent de 1752 à 1770.

En 1755, il devient secrétaire (secrétaire historiographe) de l'académie, poste qu'il occupe encore en 1771, et il se voit nommé pendant un an en tant que directeur de la Société académique des Enfants d'Apollon.

Cochin se considérait comme un éducateur et critiquait le style rococo, dont il dénonçait publiquement l'extravagance dans des lettres publiées dans le Mercure de France. Il plaidait pour la précision technique et l'habileté dans l'utilisation des éléments naturels. Dans les années 1750, il s'attaque également à la première phase extrême du néoclassicisme connue sous le nom de « Goût grec », illustrée par le travail de l'architecte Jean-François de Neufforge.

Le roi Louis XV récompensa les talents de Cochin par un brevet de noblesse et d'appartenance à l'Ordre de Saint-Michel et lui accorda une pension. Cependant, après la mort de Louis XV, en 1774, Cochin tombe en dehors des faveurs royales. Il vit dans une pauvreté relative au cours de ses dernières années.