Cette 7e vente des Arts Modernes Vietnamiens réalisée à Hanoï restera dans l’histoire de notre Maison – et sans doute dans l’histoire du marché de l’art – à bien des titres.
Centenaire des Beaux-Arts d’Indochine : une célébration entre émotions et records
Au-delà du record à 5,2 millions d’euros qui efface des tablettes les adjugés précédents ; au-delà même des 6 records et vice-records du monde établis ce 16 novembre, permettant à tout un marché occidental de poursuivre sa découverte de ce creuset de talents méconnus ; au-delà de ce format « Duplex » que la Maison Millon développe seule et qui permet à notre salle MILLON-DROUOT de donner la réplique à une salle vietnamienne comble et déterminée (près de 250 personnes étaient présentes dans le légendaire Hôtel Métropole), menée par un commissaire-priseur qui conduit les enchères dans la langue locale – avec l’espoir d’une indulgence amusée mais flattée –, aidé, il est vrai, par Monsieur Vinh, un traducteur déchaîné et ancien camarade de promotion à l’ENA de notre Président Macron –, au-delà du simple fait d’être finalement la première maison de vente occidentale à être implantée et à grandir au Vietnam depuis bientôt trois ans, cette 7e vente ne fut qu’émotion à haute dose et honneurs inattendus.
MILLON AUCTION GROUP (MAG) prenait sens et racine au bout du monde en réunissant enfin physiquement nos six collaborateurs vietnamiens et leur directeur Cuong Hoang (bientôt titré commissaire-priseur au Vietnam. Il sera le 20e marteau du MAG) et cinq européens venus des Maisons du MAG, dont nos experts Anna Kerviel et Jean Gauchet, pour mener à bien une série d’événements cruciaux.
Grâce à Cuong Hoang, dont le nom français est Joseph, grâce à son talent, à sa double culture parfaite, à sa diplomatie, sa loyauté à toute épreuve et à l’immense respect qu’inspire l’histoire de sa famille de grands collectionneurs et experts au Vietnam, MILLON Vietnam a pu non seulement voir le jour, mais surtout proposer des idées à un gouvernement attentif.
C’est ainsi que le Prix Victor TARDIEU est né, récompensant les six lauréats des six disciplines maîtresses dont l’enseignement est dispensé dans la mythique « École des Beaux-Arts d’Indochine » depuis cent ans. Plus… un prix spécial pour « le talent des talents ». En parfaite symbiose avec le Ministère de la Culture, le Musée des Beaux-Arts (qui fêtera ses 60 ans en 2026) et l’École des Beaux-Arts, dirigée par la fantastique Madame Lan, le lancement de ce Prix TARDIEU a pu se faire concomitamment et sur les lieux mêmes des grandes célébrations du centenaire de l’École des Beaux-Arts, en présence des grands officiels du Parti dont le Ministre. La Maison Millon, unique sponsor officiel pour le marché de l’art, était donc invitée à prendre la parole et à remettre les prix devant un parterre d’invités triés sur le volet avec les représentations diplomatiques d’une quinzaine de pays – étrangement pas la France, pourtant première concernée. Mais cela a permis de rappeler à tous l’immense et sincère attachement qui lie le Vietnam et la France. Un Vietnam qui n’attend rien, qui n’a besoin de rien, qui est fier et digne, mais qui aurait sans doute aimé un geste français... au moins des fleurs, comme celles qui inondaient le large podium. Les familles Tardieu et Jonchère, qui représentaient les deux premiers directeurs de la célèbre école depuis 1925, étaient bien présentes et ont pu évoquer tendrement le souvenir de leur aïeul. Il y eut quelques larmes et beaucoup d’honneurs durant deux jours de cérémonie de ce centenaire, dont il a pu être dit que le Prix Victor TARDIEU/MILLON consacrait la toute première promotion d’artistes… du prochain centenaire ! Comme une passerelle temporelle vers une promesse d’avenir. Tous étaient témoins de cette journée unique et même, de là-haut, les grands Le Pho, Vu Cao Dam et Mai Thu (dont le petit-fils était présent), tout comme Kim Ngo Khoi, le petit-fils de Nam Son, l’élève préféré de Victor Tardieu et grand bâtisseur du succès de cette École dès 1925.
De très nombreuses réunions auront été nécessaires pour parvenir à ce grand honneur, qui s’est déroulé sur deux jours, au Musée d’abord le 14 novembre puis à l’École le 15 novembre avec tous les élèves. Et enfin, le 16 novembre, allait se tenir la vente aux enchères, la vente « du Centenaire » et ses records (dont vous retrouverez aisément les chiffres), qui donnaient raison à nos vendeurs qui ont cru au pari vietnamien de la Maison Millon : toujours être au plus près du collectionneur final… même à 15 000 kilomètres.
Pour info, c’est une jeune artiste laqueuse, TRI MA, qui a reçu le prix spécial…