Alphonse X le Sage, roi de Castille 1258

Lot 48
Aller au lot
Result : 18 000 EUR

Alphonse X le Sage, roi de Castille 1258

Privilège roué (privilegio rodado) donné par Alphonse X, roi de Castille, aux clercs de Pedraza, pour faire son anniversaire. 23 novembre 1258. Don Alphonse, par la grâce de Dieu roi de Castille, de Tolède, de Léon, de Galice, de Séville, de Cordoue, de Murcie et de Jahen, en union avec la reine donna Yolant sa femme et avec son fils l'Infant don Ferrando, et avec son fils l'Infant don Sancho; considérant que les clercs des paroisses de Pedraza font les anniversaires du très-noble roi don Alphonse son visayeul et du très-noble roi don Ferrando son père, et de la très-noble reine donna Berenguella son ayeule, et de la très-noble reine donna Beatriz sa mère; leur donne présentement privilège pour prier Dieu pour lui et pour sa femme donna Yolant, le jour de la fête de saint Clément avec toute la sollemnité & les cérémonies que doit avoir une fête double; et après leurs jours, pour faire leur anniversaire. Faite la charte en Madrid, le samedi 23 novembre 1296. Acte confirmé par plus de quatre-vingts grands personnages, tant clercs que laïcs, des différents royaumes d'Alphonse. Le notaire Johan Perez de Cuenca écrivit cette charte la septième année que règne le roi don Alphonse. Grande feuille de parchemin (54 x 62 cm), écrite à l'encre brune, en langue espagnole; grand chrisme circulaire au commencement; grande roue scellaire du roi (165 mm. de diamètre); jadis scellée. Parmi les confirmateurs de l'acte, on note trois grands seigneurs transpyrénéens: Hugues, duc de Bourgogne; Gaston, vicomte de Béarn et Guy, vicomte de Limoges. Cet acte est daté de l'an 1296 selon le comput hispanique, ce qui correspond à l'an 1258 de la naissance du Sauveur. Défaut: manque 8 cm sur 1,5, entraînant la perte de deux demi-lignes de texte et d'un fragment de la roue scellaire. Le « privilège roué » (privilegio rodado) est le document le plus solemnel émanant de la chancellerie royale de Castille. C'est le seul où apparaisse le signum regis, à savoir la grande roue royale (rueda, rota) d'où il tire son appellation. Cette roue est l'élément de validation du privilège; elle est accompagnée de la souscription confirmative de grands dignitaires du royaume, clercs ou laïques. Ces souscriptions sont distribuées en colonnes autour de la roue royale: les prélats ou riches-hommes de Castille à gauche, ceux de Léon & Galice à droite. En outre, le privilège roué était scellé d'un grand sceau de plomb (très rarement d'or), appendu à des lacs de soie passés dans le repli inférieur du parchemin par trois trous de forme triangulaire (ce qui se vérifie dans notre document). Inscription dans la roue: au centre: SIGNO DEL REY DON ALFONSO dans l'anille extérieur: LA MAYORDOMIA DEL REY VAGA EL INFANTE DON MANUEL ERMANO DEL REY ET SU ALFEREZ LA CONFIRMA Alphonse X le Sage (1221-1284), roi de Castille & de Léon, roi des Romains; fils de Ferdinand III roi de Castille & de Léon (mort en 1252), et de Béatrice de Souabe. Mari de Violante d'Aragon, fille de Jacques le Conquérant. Il eut deux enfants: Ferdinand «de la Cerda» (1255-1275); et Sanche IV le Brave, roi de Castille & de Léon (1258-1295). Il fut un roi d'une très grande érudition. Amoureux des lettres, des arts & des sciences, il fit travailler à Tolède des savants et traducteurs chrétients, juifs et musulmans, dont il suivait et parfois dirigeait les travaux. On a dit de lui qu'à force de regarder le ciel, la couronne tomba de sa tête. Il fut lui-même l'auteur des « Sept parties », qui « constituent le plus grand et l'un des tout premiers codes de droit royal territorial de l'Occident médiéval. Leur influence fut considérable: les Rois Catholiques et Charles Quint en firent un texte de référence pour la construction de l'État moderne en Espagne et au XIXe siècle encore leur impact sera capital sur les constitutions des nations indépendantes d'Amérique latine. » (Georges Martin). Il écrivit aussi une Histoire universelle, des ouvrages d'astronomie, un livre sur les jeux, un traité des pierres précieuses, des chansons satiriques, et surtout les Cantigas de Santa Maria qui forment un des recueils les plus bariolés de la littérature médiévale. La dernière Cantiga se termine ainsi: « Je finis d'assembler ces chants qui racontent,Vierge, tes miracles. Je te demande de prier pour moi ton fils, Dieu, qu'il me pardonne les péchés que j'ai commis et qui sont nombreux...» Dans le domaine politique, il fut élu Rois des Romains, pour devenir ensuite Empereur; mais il renonça de lui-même à ce trône. Il poursuivit la Reconquête des Espagnes sur les Mahométans. sublissime charte unique en mains privées
My orders
Sale information
Sales conditions
Retourner au catalogue