STATUETTE MAHAFALY MAHAFALY FIGURE MADAGASCAR…

Lot 49
800 - 1 200 €
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STATUETTE MAHAFALY MAHAFALY FIGURE MADAGASCAR…

STATUETTE MAHAFALY
MAHAFALY FIGURE
MADAGASCAR
Bois, perles
Hauteur: 9 cm.

$ 910-1,400

PROVENANCE
Charles Ratton, Paris, France
Collection Madeleine Meunier, Paris, France, avant 1964

Cette statuette provient du Mahafaly de la région sud de Madagascar. Sa très petite taille est un manifeste de la virtuosité et du talent de l'artiste. Voir Phillips T., Africa. The Art of a Continent, Londres, 2004, p. 147, fig. 2.29 pour une double statue de style similaire.
Ce rare talisman à l'élégante et précieuse représentation d'un ancêtre féminin arborant une coiffe finement sculptée et le cou orné de deux petits colliers en perlage de couleur bleue et verte est sans doute un charme d'amour «Mohara» censé faire obtenir à son détenteur les faveurs d'une amoureuse convoitée (cf. Goy B., Arts anciens de Madagascar, Milan, 2015, p. 139)

Mon Grand grand-oncle Charles Ratton (1895-1986) par Lucas Ratton

En ouvrant la voie d'un univers nouveau au monde des collectionneurs occidentaux, Charles Ratton a surtout été à l'origine d'une aventure familiale qui dure toujours, plus de trente ans après sa disparition.
Homme de petite taille, réputé de mauvais caractère mais sachant se montrer très courtois, il séduisait par sa science et son aura.
En dressant la liste de ses amis l'on obtient un inventaire à la Prévert; ses proches réunissaient aussi bien de grands artistes: Pablo Picasso, Man Ray ou Jean Dubuffet, qui a croqué son portrait, que des écrivains et poètes comme Guillaume Apollinaire et André Breton.
S'il fréquentait la société, il cultivait également le secret. Aussi, conservait-il jalousement sa collection.
La tradition familiale rapporte que lorsqu'il faisait socler une pièce, par le célèbre socleur japonais Inagaki, il lui confiait l'objet entièrement recouvert de plusieurs couches de papier et de ruban adhésif, ne laissant se dévoiler aux yeux de l'artisan que les pieds de la statuette, lui intimant l'ordre de travailler sans «déshabiller» son objet; il ne supportait pas l'idée que quelqu'un d'autre puisse admirer un objet que lui seul connaissait et avait su découvrir.
Le plaisir de vivre avec des pièces d'Art Primitif, celui de les découvrir et de les magnifier, il l'a transmis à sa descendance. Si mes aïeux ont voué leur vie au commerce de ces sculptures tribales, j'ai quant à moi appris à lire en déchiffrant les cartels des reliquaires kota de la collection de Charles Ratton !
De père en fils nous nous transmettons en héritage cette passion pour les objets bruts, riches de cultures singulières et de mythes.
Notre échelle du beau se définit en fonction de la plasticité de ces pièces mythiques.
Quand l'Art Primitif entra au Louvre en 2000 avec l'inauguration du Pavillon des Sessions, ce fut la reconnaissance de notre spécialité et le plus bel hommage rendu à mon arrière grandoncle.
Cet arrière grand-oncle qui quatorze ans auparavant, alors que la vie le quittait, s'était vu refuser la donation qu'il souhaitait faire de sa collection à ce même musée au titre qu' «aucune pièce d'Art Nègre» n'avait vocation à y être exposée.
L'Art Primitif constitue le véritable ADN de la famille Ratton.
Etant marchand, tout au long de l'année je vois des milliers d'objets. Il m'arrive très rarement d'éprouver une émotion, un frisson ou de l'ivresse en face d'un chef d'oeuvre. Quand, par chance, cela survient, j'ai toujours une pensée pour mon grand-oncle, et je lui chuchote affectueusement: «Cet objet est digne de ta collection, sans doute s'il t'avait croisé tu l'aurais acquis»


 
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