Marie-Claude Carrara / Jérôme Millon


VITRINE

Agrégation d'italien


    Sommaire
    Dante Alighieri
    De l’Éloquence vulgaire
    De Vulgari Eloquentia

    Giangiorgio Trissino
    Épître sur les lettres nouvellement ajoutées dans la langue italienne
    Epistola del Trissino de le lettere nuwvamente aggivnte ne la lingua italiana

    Agnolo Firenzuola
    Bannissement des nouvelles lettres qui ont été inutilement ajoutées dans la langue toscane

    Giangiorgio Trissino
    Dialogue intitulé Le Gouverneur du château Saint-Ange, dans lequel on traite de la langue italienne
    Dialwgw del Trissinw Iintitulatw IL Castellanw, nel quale si tratta de La lingua italiana

Dante, Trissino, Firenzuola

Sur la langue italienne.


    En 1529, à Vérone, Giangiorgo Trissino faisait paraître la première traduction en langue italienne d’un texte de Dante alors quelque peu oublié, le De vulgari eloquentia, composé par l’illustre Florentin vers 1305. Ce dense petit traité est un plaidoyer implacable en faveur de la légitimité de l’usage de la langue vulgaire italienne dans la littérature, un volgare illustre, cela va sans dire, limé par les plus grands intellectuels d’Italie. Or, lorsque la traduction de Trissino paraît, le débat sur la langue est, dans la péninsule, l’une des préoccupations majeures des érudits : Bembo, Castiglione, Machiavel, Speroni participent activement à ce débat polémique, tout comme Trissino qui a publié en 1524 une Epistola adressée au pape Clément VII dans laquelle il propose l’ajout de lettres nouvelles destinées à mieux décrire les sons de la langue italienne. Sur-le-champ, en cette même année, Firenzuola, dans un bref pamphlet cinglant teinté de dérision, éreinte la démonstration de Trissino au profit d’un italien fondé sur le seul toscan. C’est dans ce contexte que Trissino publie sa traduction de Dante ainsi qu’un dialogue, Il Castellano (1529) qui défend l’idée d’une langue issue de l’ensemble des dialectes italiens, épurée, polie, dans le droit fil, estime-t-il, du De vulgari.



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