MIRABEAU (Honoré Gabriel Riqueti, comte de)....

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MIRABEAU (Honoré Gabriel Riqueti, comte de)....

MIRABEAU (Honoré Gabriel Riqueti, comte de). Important dossier relatif à la séparation des époux Mirabeau, suite au scandale de l’affaire de Mirabeau avec sa maîtresse Sophie Monnier :
- L.A.S. "Le Cte de Mirabeau fils", "rue neuve des Mathurins, vis-à-vis de la Chaussée d'Antin", sd, 2 pp. in-8 : "Je me suis fait écrire chez vous, Monsieur, hier au soir, et j'ai appris à Monsieur que Monsieur le garde des sceaux avoit bien voulu m'accorder que vous fussiez le rapporteur de la requête que j'ai présentée au conseil pour obtenir la cassation de l'arrêt du Parlement de Provence du 5 juillet qui me sépare de corps et d'habitation d'avec Madame de Mirabeau (…) Il ne faut pas toute votre bonté et toutes vos vertus pour sentir l'importance d'un débat judiciaire qui peut me priver pour jamais de ma femme, et de la douceur d'être père ; sans compter les considérations (moins importantes pour mon cœur ; mais sérieuses cependant et qui seules ont ourdi le procès) des substitutions et de la grande fortune qui y sont compromises. (…)"
- L.A.S. "Mirabeau fils", sl, 9 avril 1784, 1 p. in-12 : "Veuillez agréer, Monsieur, et lire avec quelque attention le mémoire que j'ai l'honneur de vous faire passer revenu enfin ; et, malgré les manœuvres de ma partie, encore une fois au timon de mes affaires que les circonstances ne m'ont que trop obligé à laisser flotter, je vous supplie quand vous aurez lu ce mémoire de vouloir bien m'assigner un rendez-vous (…)"
- Mémoire manuscrit de 2 pp. in-f° "Mémoire sur l'affaire de M. le Cte de Mirabeau" (à propos de la séparation des époux Mirabeau)
- L.A.S. "Mirabeau fils", sl, 15 avril 1781, 1 p. in-8 adressée à M. Boucher, "1er commis du secret" (une note manuscrite postérieure précise : "Boucher était attaché à la police de Le Noir - ce personnage est 'Le Bon Ange' des Lettres à Sophie - ce billet m'a été donné par Mr Lucas de Montigny qui est fils naturel de Mirabeau") : "je m'empresse de vous apprendre mon très cher Ami, que M. Le Noir a répondu dans une lettre très honnête à mon père que vous étiez le maître de prendre le temps qui vous conviendroit pour venir ici. (…) nous attendons avec impatience, le jour où il vous faudra des chevaux soit à Nemours, soit à Fontainebleau. (…)"
- LA.S. de son épouse Emilie de Covet de Marignane, Marignane, 22 octobre 1783, 3 pp. in-8, à un magistrat, concernant la demande de séparation entre les deux époux.
- Mémoire manuscrit de 7 pp. in-folio, en faveur de Mme de Mirabeau.
- L.A.S. de Pierre-Joseph de COLONIA (Chevalier, Avocat général au Parlement de Provence (1766), Maître des requêtes (1773), Intendant du commerce, puis intendant des fermes générales, Conseiller du Roi (1789)), 13 février 1784, sl, 2 pp. in-8, recommandation pour la Comtesse de Mirabeau auprès de M. de Velledeuil, intendant au département de la Régie générale.

Mirabeau "fils" vécut une jeunesse tumultueuse marquée par le libertinage, les dettes de jeu et les séjours en prison (parfois imposés par son propre père le Marquis de Mirabeau). Il épouse néanmoins en 1772 Émilie de Covet-Marignane, fille du puissant marquis de Marignane. Après plusieurs séjours au donjon de Vincennes (pour échapper à ses créanciers), il doit s'exiler en 1775 au château de Joux, en Franche-Comté. Usant de son charme, Mirabeau parvient à assister malgré tout à Pontarlier aux fêtes organisées pour le sacre de Louis XVI. Il y rencontre Sophie de Monnier, jeune femme mariée au marquis de Monnier, président de la chambre des comptes de Dole. Les deux amants s'enfuient aux Provinces-Unies, et seront jugés par contumace à Pontarlier (Sophie sera condamnée à l'enfermement à vie dans une maison de repentance pour crime d'adultère, Mirabeau à mort pour rapt et séduction), avant d'être finalement rattrapés à Amsterdam. Sophie (qui a entre temps mis au monde une petite Gabrielle) est finalement condamnée à être enfermée au couvent des Saintes-Claires, à Gien (où elle finira ses jours jusqu'à sa mort tragique en 1789), tandis que Mirabeau échappe au bourreau : il est emprisonné au donjon de Vincennes de 1777 à 1780 (il ne connaîtra pas sa fille, morte toute jeune), à la même période que le marquis de Sade. Il s'y consacre à l'écriture (ses Lettres à Sophie, Des Lettres de cachet et des prisons d'État, et une œuvre érotique particulièrement crue). Mirabeau est libéré le 13 décembre 1780, mais reste sous la tutelle vigilante de son père. S'il ne purge pas sa peine avant mai 1782, il devra 40 000 livres de dommages et intérêts ; il se livre donc le 8 février 1782 à Pontarlier, et demande l'absolution aux juges. Sa défense est assez simple : une femme mariée ne peut être victime de rapt, et Sophie l'a suivi parfaitement librement, la séduction ne pouvant donc être retenue.
Sa femme demande la séparation de corps en 1782 et est défendue par Portalis. Mirabeau défend sa propre cause dans ce procès qui défraie la chronique. Il le perd, après une joute oratoire assez hostile entre les deux orateurs. Elle obtient la séparation de corps en juillet 1783. Mirabeau ne montre pas de ressentiment à l'encontre de Portalis car, non seulement il reconnaît publiquement ses qualités oratoires et sa loyauté, mais, de surcroît, il le consultera plus tard sur une affaire et demandera son appui lors de la campagne électorale de 1789 pour les états généraux, en Provence.
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