BARBÈS (Armand) - 1809-1870. L.A.S. ""A....

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BARBÈS (Armand) - 1809-1870. L.A.S. ""A....

BARBÈS (Armand) - 1809-1870. L.A.S. ""A. Barbès"", La Haye (""Lahaie""), 3 février 1870, 6 pp. in-8, à une amie.
Très belle et longue lettre dans laquelle, après s'être excusé de son retard à répondre du fait de sa mauvaise santé, il dit que l'ouvrage de sa correspondante l'a montrée telle qu'elle est (""depuis que je l'ai lu, je vous ai donné une bonne place dans mon cœur""). Il revient ensuite sur la question des ""assermentés"" et sur l'échec du parti républicain en livrant une fine analyse du Second Empire : ""[…] Cet échec vient du manque de direction, et des divisions que vous déplorez. Heureusement que l'empire fait fautes sur crimes, et qu'il est fatalement condamné à crouler ! […] Être à la fois Bonaparte et Louis-Philippe, c'est trop d'un ! La France ne les supportera pas tous les deux dans la même peau ![…]"" Il la remercie ensuite de le croire ""chevaleresque"" (""ce qui est vrai, c'est j'ai sans cesse associé dans mon cœur au nom de la France, ceux de chevalerie et d'égalité."") avant de parler de sa mère ""une créole de la Guadeloupe, que j'ai eu le malheur de perdre très jeune"" : ""'La France, disait-elle, est notre mère-patrie, le pays de grandes choses. On doit tout lui sacrifier ! Et un homme doit toujours prendre le parti des femmes, les honorer, les respecter, se faire tuer pour elles, si le cas l'exige !'"". Il continue sur ces considérations féministes : ""[…] Il est de strict devoir de restituer aux femmes les droits qui leur appartiennent. Elles sont nos égales sous bien des rapports, nos supérieures sous certains autres. […]"" Il la félicite pour son projet de cours (""C'est par la parole qu'il faut combattre l'ignorance, les préjugés, les haines, les partis pris, et préparer le terrain des principes et de l'avenir""). Il termine en revenant sur sa santé : ""[…] Je suis bien exténué, bien malade de la plupart de mes organes ; et je ne sais combien de jours il me reste encore à vivre […]"" Il mourut peu de temps après, le 26 juin 1870. On y joint un bon pour quinze litres et demi de vin, de la Maison de déportation et de détention de Belle-Île en mer, signé par Armand Barbès, au Palais, le 1er janvier 1854.
Figure de proue du militantisme républicain, Armand Barbès (né en 1809 à Pointe-à-Pitre et mort le 26 juin 1870 à La Haye) est condamné une première fois à la détention perpétuelle suite à la journée d'insurrection du 12 mai 1839 durant laquelle les républicains de la Société des saisons tentent de renverser Louis-Philippe. Libéré par la révolution de 1848, il est de nouveau incarcéré le 15 mai 1848, lorsque des militants des clubs tentent d’imposer leur loi au gouvernement provisoire. Il sera amnistié en 1854 par Napoléon III mais choisit de s'exiler aux Pays-Bas, où il mourra quelques semaines avant que la république ne succède à l'empire. La référence chevaleresque de la lettre renvoie sans aucun doute à son surnom de ""Bayard de la démocratie"".
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