François LEMOYNE (Paris 1688-1737)

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François LEMOYNE (Paris 1688-1737)

Etude de tête pour l’Amour de la Vertu dans l’Apothéose d’Hercule, vers 1733
Pastel, trois crayons et estompe
25 x 20 cm
Légèrement insolé, sur papier anciennement bleu
 

Notre pastel est une étude inédite pour une des figures principales du plafond du Salon d’Hercule au château de Versailles, L’Apothéose d’Hercule. Il s’agit de l’étude pour la tête de l’Amour de la Vertu, qui guide et tire par l’avant-bras un Hercule presque intimidé vers sa promise, la nymphe Hébé.

Le texte explicatif de l’iconographie de la composition (voir Xavier Salmon, François Lemoyne à Versailles, in L’Apothéose d’Hercule de François Lemoyne au château de Versailles, Alain de Gourcuff éditeur, 2001, Paris, p.101-102), paru en octobre 1736 dans le Mercure de France, nous indique ainsi : Tout l’Ouvrage roule sur cette pensée : L’Amour de la vertu élève l’homme au-dessus de lui-même et le rend supérieur aux travaux les plus difficiles et les plus périlleux ; les obstacles s’évanouissent à la vue des intérêts de son Roy et de sa Patrie, soutenu par l’honneur et conduit par la fidélité, il arrive par ses actions à l’immortalité. (…)

Voici l’idée générale du sujet.

Hercule présenté à Jupiter par l’Amour de la Vertu, est tiré dans un Char par les Génies du même Amour.

L’importance donnée par Lemoyne à sa figure de l’Amour de la Vertu se mesure au soin apporté à cette étude, enrichie au pastel comme la fameuse étude pour la tête d’Hébé conservée au British Museum (voir Jean-Luc Bordeaux, François Le Moyne, éditions Arthéna, Paris, 1984, n°147, fig.274). L’artiste commence son ébauche à la pierre noire et à la sanguine, la rehausse de craie blanche et d’estompe aux trois crayons, puis la retouche de pastel.

Le pastel d’Hébé provient de la collection Lempereur, tandis que le nôtre surgit du passé sans prévenir, et sans pedigree. Il est fort probable qu’il faisait partie du carton d’études que possédait le protecteur et mécène de Lemoyne François Berger. Il est en tout cas certain que ce traitement privilégié en couleurs ne concerne que les figures principales de la composition, dont on ne conservait comme exemples jusqu’à l’apparition de notre esquisse que la tête d’Hébé et la tête de Vénus, dont on a pu dire que ces « deux feuilles suffiraient à elles seules à légitimer la gloire de leur auteur et incitent à regretter la disparition des autres études que le maître n’avait sûrement pas omis d’exécuter pour chacun des principaux visages » (voir Xavier Salmon, opus cité supra, pp. 95-96).

Jean-Luc Bordeaux répertorie 21 dessins pour le plafond d’Hercule, et on peut penser que le nombre est bien supérieur dans la mesure où  sous le n°3256 de la collection Paignon-Dijonval passaient 27 études en 1810.

Le plafond passa par trois phases : une première où Lemoyne imaginait La gloire de la Monarchie Française (1728-29), une seconde avec une version préliminaire de L’Apothéose d’Hercule (1731-32), et enfin le plafond final, auquel Lemoyne ajoute 44 figures (1733-34). Avec cette œuvre, Lemoyne égalait les grands décorateurs italiens et plus particulièrement vénitiens, dont on peut voir avec l’ancienne attribution à Rosalba Carriera qu’il est encore considéré comme proche.

Le mariage d’Hercule et d’Hébé, déesse de la jeunesse, symbolise le renouveau de la France sous Louis XV. Le souverain découvrit le plafond en se rendant à la messe, et revenant accompagné de toute la Cour, il débordait d’enthousiasme et nomma sur le champs François Lemoyne son Premier Peintre : ce fut l’apothéose du peintre.

Monsieur Jean-Luc Bordeaux a confirmé d’après photographie l’authenticité de cette étude et l’inclura dans son futur catalogue raisonné révisé à paraître prochainement.

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