Heures à l'usage de Tours, enluminées sur...

Lot 26
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Résultat : 467 000 EUR

Heures à l'usage de Tours, enluminées sur...

Heures à l'usage de Tours, enluminées sur parchemin dans l'atelier de Jean Fouquet Tours, vers 1460-1465
Vendu à 467.000 euros (frais inclus)

« Livre d'heures de sainte Catherine aux Paons »: Heures de la bienheureuse Vierge Marie, selon l'usage de Tours. Tours, atelier de Jehan Fouquet, vers 1460-1465 Un volume in-8° (12,5 x 17 cm) (feuillets: 113 x 160 mm). Reliure: maroquin rouge à grain long, double encadrement doré sur les plats accompagné de volutes & fleurons, dos lisse aux mille points, collier doré déroulé sur les coupes, frise dorée intérieure, toutes tranches dorées (reliure vers 1800). Foliaison: * feuillets du reliure: 2 ff de papier (le premier contrecollé au recto de moire bleue);1f de parchemin * corps du livre d'heure: 228ff de parchemin * feuillets du reliure: 1f de parchemin; 2 ff de papier (le dernier contrecollé au verso de moire bleue) Manuscrit à toutes marges, les enluminures ne sont nulle part rognées. Ecriture: 12 lignes par page jusqu'au f 208, puis 15 lignes jusqu'au 222, puis 14 lignes jusqu'au 228. Provenance: ce livre s'est religieusement transmis jusqu'à nos jours, par succession dans une même famille de Pontarlier, depuis le début du XIXe siècle. Cette famille l'avait reçu en don d'un ancien conventionnel régicide qui mourut en exil pour punition de son crime. Avant le XIXe siècle, le seul renseignement que nous ayons est la représentation, 39 recto, d'une femme en prière devant la Vierge & l'Enfant: il s'agit du premier destinataire de ce livre d'heures, vraisemblablement une dame de la bourgeoisie tourangelle. Probablement cette dame se nommait-elle Catherine, et son mari Jehan, ce qui expliquerait les oraisons & les images de ces deux saints placées avant les Heures proprement dites. Distribution liturgique. Après le calendrier (dont l'usage tourangeau est révélé par la mention, en lettres d'or, de saint Gatien au 2 mai & au 18 décembre), on trouve un préambule composée des péricopes des quatre Évangiles (quatre grandes enluminures), des deux oraisons à la Vierge (illustrée par une grande Pietà), et des suffrages à saint Jean le Baptiste et à sainte Catherine (chacun avec son image). Viennent ensuite les Heures de la Bienheureuse Vierge, selon l'usage de Tours, ouvertes par une grande enluminure et scandées par sept lettrines historiées en camaieu d'or. Puis, ce sont les Heures de la sainte Croix et celles du Saint-Esprit (chacune illustrée d'une grande enluminure). Enfin, les Psaumes de la Pénitence et l'Office des morts (idem). Enlumineurs & scribes. Distinguons d'emblée, dans ce manuscrit, quelques ajouts au corps d'ouvrage principal (ces ajouts indiqués en italiques dans le tableau ci-après). On voit en effet des scribes & des peintres d'une tout autre inspiration, aux feuillets suivants: *f 36 v° à 38 v°: scribe & peintre (lettrines) différents. *f 113 - 114 v° (oraison Respice Domine): scribe & peintre (lettrines) différents. *f 200-222: scribe & peintre (lettrines, bouts-de-ligne, marges) différents. *f 222 v°-228: scribe & peintre (tableautin & lettrines) différents. Aux trois premiers endroits, ces autres mains sont du XVe siècle & peuvent sortir, ainsi que le principal du manuscrit qu'elles complètent, de la région tourangelle. Quant à la dernière partie, les écritures sont totalement différentes. Le tableautin de la Messe de saint Grégoire (f 222 v°) semble parisien. Illumination. Ce Livre d'heures contient douze pages entièrement enluminées (grande image au centre (8 à 9 x 5 à 6 cm, lettrine, quatre marges enluminées; les quatre premières pages comportant en outre un tableautin), ainsi que sept lettrines en camaieu d'or (dimension 25 x 30 ou 33 mm). On remarque de nombreuses marges enluminées, lettrines & bouts-de-ligne. Le corps du manuscrit. Ce livre d'heures est incontestablement « fouquettien ». Il se situe clairement dans l'ensemble des manuscrits repérés par M. François Avril, et réalisés dans l'entourage rapproché de Jehan Fouquet & du « Maître du Boccace de Munich ». Le peintre principal de notre manuscrit a assimilé le style & la manière de Fouquet, sans atteindre toutefois à la perfection de son maître. Nous discernons, dans l'enluminure du manuscrit, trois ou quatre mains fouquettiennes: * un moindre peintre, qui réalisa les tabeautins de quatre évangélistes. On remarque des thèmes proches du maître (par exemple, les colonnes ondées derrière saint Matthieu), mais cela manque de finesse & de sûreté. * le peintre << pricipal >>, celui qui peignit les onze grandes enluminures (soit toutes les grandes, à l'exception de ) saint Jehan le Baptiste): ce peintre maîtrise l'art, le style & le goût fouquettien. Il en est tout inspiré, tant dans la composition (par ex.: le Christ crucifié, le dais de sainte Catherine) que dans le choix des couleurs & dans le traitement (par ex.: les drapés blancs ombrés de violet). * le peintre de sept lettrines en camaieu d'or: cette technique dont Jehan Fouquet est le père, est pratiquement la « marque » de l'atelier tourangeau de Fouquet. Il semble que le peintre ne soit pas le même que celui des onze grandes enluminures, mais il est difficile de comparer les mains s'appliquant à deux techniques différentes. * le peintre du saint Jean Baptiste (f 34 v°): la finesse de cette peinture, de qualité supérieure aux autres, ainsi que la composition et les détails (par exemple: les arbres) indiquent un peintre encore meilleur, et intimement fouquettien. Serait-ce Jean Fouquet lui-même? ou bien serait-ce le << Maître du Boccace de Munich>> en qui M. Avril discerne le propre fils de Fouquet, tellement il est impégné de son génie? On est fort enclin à le penser, sans toutefois qu'on puisse l'acertainer absolûment. Le fait que Jehan Fouquet lui-même ait pu peindre cette image s'expliquerait aisément par le désir d'honorer le saint patron du commanditaire du livre, probablement le mari de dame Catherine. Il importe aussi, chose malheureusement souvent délaissée lors de l'étude des livres d'heures, de regarder le scribe principal de ce manuscrit: les particularités de son écriture se retrouvent dans les fameuses Heures d'Étienne Chevalier, illuminées par Jehan Fouquet lui-même (actuellement conservées à Chantilly). Loin de songer uniquement à une même école d'écriture, il semble bien qu'il faille conclure que le texte de ces deux livres fut écrit par le même scribe. Tout ceci, joint au fait que ces Heures & leur calendrier sont selon l'usage de Tours, aboutit à une conclusion certaine: à l'exception des ajouts ci-dessus précisés *f 36 v° à 38 v°, 113 à 114 v°, 200 à 228), ce manuscrit a été, tant pour le texte que pour l'image, réalisé dans les années 1460-1465, à Tours dans l'atelier-même de Jehan Fouquet, sous sa direction & par des peintres tout imprégnés de son art, et probablement-même avec son propre concours (enluminure de saint Jehan Baptiste). ces heures sont un manuscrit de la plus haute exception. Jusqu'à ce que notre Cabinet d'expertise ait identifié & avéré son origine fouquettienne, on pensait qu'il ne pouvait encore exister en mains privées un si extraordinaire Livre d'heures. Les meilleures collections privées sont démunies d'un tel manuscrit enluminé.
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