TRIBAL ADDICTION
le 14 juin 2022 à 14h00

ART PRECOLOMBIEN
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».

*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».
*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».

Vente terminée

Estimation : 100 000 € - 150 000 €

Adjugé à 135 000 €

Vous avez un objet similaire ?

Nos experts estiment
vos objets gratuitement chez vous ou en ligne

Descriptif

*Exceptionnelle statue représentant la déesse Cihuateotl « Princesse Céleste ».

De taille humaine, elle se tient debout dans une posture hiératique, les bras pliés détachés du corps et les mains posées symboliquement sur le haut de sa jupe, sa poitrine est dessinée avec équilibre, et les épaules hautes. Son corps est légèrement fléchi vers l’avant et lui confère une posture légèrement mouvementée. Sa grande bouche ouverte évoque le chant ou la récitation d’un rituel ancestral. Ses yeux clos symbolisent le repos éternel, elle porte sur la tête une importante coiffe s’apparentant à une couronne ornée de plumes dont les pans en tissus retombent sur la nuque. Ses oreilles sont ornées de grandes boucles circulaires se terminant par des larges pendentifs rectangulaires. Les trois plis modelés sur le ventre indiquent les marques de son accouchement. Elle est vêtue d’une jupe étagée maintenue par une ceinture à franges agrémentées de coquillages. Elle porte des sandales plates nouées par un large ruban évoquant son rang privilégié dans le clan.
Cette œuvre monumentale est un chef d’œuvre de l’art Totonaque de la période classique, elle se distingue par sa taille, son état de conservation, son expressivité, et la maîtrise du modelé de ses formes. Un seul exemplaire similaire est connu à ce jour et se trouve exposé au musée d’Israël. Il s’agit d’une Cihuateotl que l’on peut traduire par Princesse Céleste en laquelle s’incarnait l’âme d’une femme morte en couche, selon les croyances des peuples Totonaques établit sur la côte du Veracruz à l’est du Mexique.
Cette sculpture est caractéristique du site d’El Zapotal, l’un des foyers de cette civilisation. On a retrouvé sur les lieux une dizaine de figures comparables. Sa stature pas tout à fait droite s’explique par le fait qu’elle devait être installée contre une pyramide. Elle a été façonnée en deux parties. Réaliser une céramique de cette échelle nécessitait une maîtrise absolument remarquable.
Terre cuite beige orangée à engobe légèrement lissée
Totonaque, El Zapotal, Veracruz, Mexique, Epoque Classique, 600/900 ap.J-C.
138 x 62 cm

Provenance : Ancienne collection de l’archéologue Anne-Marie Wohrer acquise par son mari en 1964

Anne-Marie Vié-Wohrer décédée en 2018, était une ethnohistorienne, mexicaniste, spécialiste d’épigraphies mésoaméricaines. Anne-Marie Vié-Wohrer est une ancienne élève de la Escuela Nacional de Antropología e Historia de México (spécialité archéologie). Diplômée de l’Ecole pratique des Hautes Etudes (Vème Section Sciences religieuses) et Docteur EHESS en Anthropologie Sociale et Ethnologie (VIème section).
Elle a été en 2001 lauréate du prix Duc de Loubat décerné par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Institut de France), pour l’ouvrage publié en 1999 par le CEMCA à Mexico : Xipe Totec Notre Seigneur l’Ecorché, Etude Glyphique d’une divinité aztèque.
A-M Vié-Wohrer a enseigné à l’Ecole du Louvre et à l’EPHE (Vème section).

Publication : Mexique. Terres des dieux, catalogue d’exposition du 8 Octobre 1998 au 24 Janvier 1999, musée Rath, Genève, p.251, n°287.

Bibliographie :
EKHOLM Gordon F., The Maremont Collection of Pre-Columbian Art, Israel Exploration Society in cooperation with the Shrine of the Book, Israel Museum
Trésors du Nouveau Monde, catalogue de l’exposition du 15 septembre au 27 décembre 1992, Musées Royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 1992, pp. 33-34.
Trésors de la céramique précolombienne, dans les collections Barbier-Mueller, Estela Ocampo (dir.), Fondation de l'Hermitage, Lausanne, 24 juin - 24 octobre 2004, Coédition Musées Barbier-Mueller, Somogy éditions d'Art, 2003
Mexique, Terre des Dieux, Trésors de l’art précolombien, Musée Rath, Genève 8 octobre 1998 - 24 janvier 1999, Musées d’art et d’histoire, Genève, Suisse, 1998

Les peuples du Veracruz croyaient que l’âme des femmes mortes en couche se transformait en démons appelés Cihuateteo. Ces déesses étaient les homologues féminins des guerriers qui avaient péri au combat. Leurs âmes résidaient dans une “région” située à l’ouest, identifiée sous le nom de Cihuatlampa (« la région de la femme »). Le Metropolitan Museum of Art nous apprend également qu’elles étaient destinées à accompagner tous les jours le soleil, du zénith au crépuscule, et qu’elles étaient considérées comme dangereuses. Au cinquième jour du calendrier rituel aztèque, elles étaient censées descendre sur terre et se poster à la croisée des chemins dans l’espoir d’arracher les jeunes enfants qu’elles n’auraient pu avoir. D’après les écrits du moine franciscain Bernardino de Sagahun (1499-1590), qui a supervisé la réalisation du codex de Florence (encyclopédie illustrée du monde aztèque), les grandes statues à l’effigie de Cihuateotl, placées à l’entrée des temples, étaient là pour protéger les enceintes sacrées et refouler les esprits tourmentés des déesses et des démons.

Frais à la charge des acheteurs (par lot en sus de l'adjudication) selon dégressivité suivante :
- La tranche inférieure à 1 500 € : 27,5 % HT (soit 33% TTC *)
- 25 % HT soit 30 % TTC * de 1 501 € à 500 000 €
- 20,83 % HT soit 25% TTC * de 500 001 € à 1 500 000 €
- 16,66 % HT soit 20% TTC * au-delà de 1 500 001 €

* Taux de TVA en vigueur : 20%