MASTERS, Tableaux Anciens
le 28 juin 2021 à 14h00

TABLEAUX ANCIENS
GEORGE ROMNEY (1734 - 1802)

GEORGE ROMNEY (1734 - 1802)
GEORGE ROMNEY (1734 - 1802)
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Descriptif

GEORGE ROMNEY (1734 - 1802)

PORTRAIT DE MADAME HENRIETTA GLYN
Toile
74 x 61 cm

Provenance:
Resté dans la famille Glyn jusqu’a sa vente en décembre 1894.
Agnew and Son à Londres jusqu’en 1895.
J. Pierpont Morgan Père (1837-1913), Londres et par descendance jusqu’à la vente de l’oeuvre en 1943.
Knoedler Gallery, New York.
Acquis du précédent par le Grand-père de l’actuel propriétaire, resté dans la même collection privée depuis.
Exposition:
Londres, Royal Academy, «Exhibition of works by the Old Masters and by deceased Masters of the British
school», 6 janvier-14 mars 1896, n.24
Paris, Pavillon Royal, Exposition Universelle, 14 avril-12 novembre 1900.
Londres, Whitechapel Art Gallery, «Exposition du printemps1901», n. 257.
Birmingham, Birmingham Museum and Art Gallery, «Loan Collection of portraits», 1903, n.13
Manchester, Manchester City Art Gallery, «Loan exhibition of works of early British Masters», 1909, n.5
New-York, Knoedler, «Exhibition of paintings; Collection of J.P Morgan», 23 novembre-11 décembre 1943, n.31
Bibliographie:
T.H Ward and W. Roberts,» Romney: A Biographical and Critical Essay with a Catalogue Raisonné of his works»,
II, Londres et New-York, 1964, reproduit par 61
T.H Ward and W. Roberts,» Pictures in the Collection of J. Pierpont Morgan» Prince’s gate and Dover House,
Londres, 1907.
A.B Chamberlain, «Georges Romney», Londres, 1910, p.322, 337, 338.
A. Kidson, «Georges Romney, A complete Catalogue of His Paintings, I», New Haven et Londres, 2019, p.241,
reproduit n.513.
Gravure:
J.B. Pratt, 1900.

Le modèle de notre portrait est Henrietta Glyn, fille du vénérable Thomas Hollingberry et
épouse du lieutenant colonel Thomas Clayton Glyn, avec lequel elle eut sept enfants.
Notre portrait qui date de 1789 (l’année suivant leur mariage) est d’ailleurs selon Kidson
une oeuvre peinte pour l’occasion. Il semblerait que son époux, proche de Romney avait
déjà posé pour lui dès 1782 et avait commandé un second portrait de lui vers 1795. Selon
une note daté du 1er décembre 1794 dans le livre de commande du peintre, notre portrait
d’Henrietta Glyn est retourné à l’atelier de Romney, vraisemblablement pour mieux s’accorder
à la nouvelle effigie de son mari.
Notre portrait est resté dans la famille Glyn jusqu’a sa vente au grand financier J. Pierpont
Morgan, grand amateur d’art, mécène du Metropolitan Museum et collectionneur de Romney,
il fut propriétaire d’au moins trois oeuvres de sa main.

L'Angleterre est l’un des pays qui excella dans l’art du portrait au XVIIIème siècle, se
démarquant de ceux produits par les artistes français de l'époque. En effet, la noblesse
française au 18 ème siècle étant surtout une noblesse de cour, elle se fait représenter dans
des intérieurs, au mobilier riche et détaillé, évoquant leur position sociale. En Angleterre, la
noblesse est resté terrienne, il convient donc de se faire représenter en extérieur, posant au
milieu de la nature.
Anton Van Dyck, considéré comme le précurseur de ce type de portrait en extérieur, propose
un model qui se répend en Angleterre dès le XVIIème siècle et dont la tradition fut perpétrée
par de nombreux artistes, tels que Gainsborough, Reynolds, Lawrence ou encore Romney.
Ces dignes héritiers du grand peintre flamand développèrent cet art dans la seconde moitié
du 18ème siècle en y apportant une dimension psychologique, presque romantique rarement
égalée.
Ils tirent parti de cette nature qui n’est plus alors qu’un simple arrière plan mais un portrait
psychologique, miroir de l'âme du modèle. Un ciel tourmenté pour une personnalité
mélancolique, orageux pour un modèle en deuil, ici un bleu profond, faisant écho avec subtilité
à la couleur des yeux d'Henrietta.
Georges Romney qui manie avec grande habileté un pinceau spontané et facile qui nous
laisse ici à voir cette habileté certaine dans le rendu du corsage, qui semble avoir été brossé
en quelques coups de pinceaux, dynamisant et animant l’image.
La figure d’Henrietta ne semble pas avoir été idéalisée, nous laissant penser à un portrait
fidèle de la jeune femme dont on devine la personnalité retenue et timide de la jeune épouse.