ESOTERICA
le 7 juin 2021 à 10h00

Livres anciens
*Manuscrit vers 1500.

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Descriptif

*Manuscrit vers 1500.

Recueil manuscrit de miscellanées en latin dit "Recueil Lefèvre" provenant de la collection de manuscrits de Louis-Bénigne Baudot.
Petit in-4 de 118 ff. aux écritures fin XVe ou début XVIe siècle, de différentes mains. Demi-vélin sur ais de bois recouvert de vélin de réemploi, traces de fermoir (reliure de l'époque). Titre manuscrit sur le plat "Auctoritates auree ex diversis auctoribus exacte / J Le fevre", titre manuscrit postérieur au dos "Recueil m.s. de Lefevre", étiquette ancienne manuscrite (en partie effacée) de bibliothèque en queue "Lotharius […] Innocent. […] M 134 [ou 154]".
La mention manuscrite « J Le fevre » sur la reliure et les différents ex-libris manuscrits ou en cachet « X Lefevre », la provenance autre du Couvent des Carmes de Dijon (d'autres manuscrits avec cette double provenance sont conservés à la Bibliothèque de Dijon) et le sujet du manuscrit permettent d'attribuer avec plus de certitude la provenance de ce manuscrit à Jean Le Fevre de Dijon. "Originaire de Dijon où il est né vers 1492, Jean Le Fèvre était en 1537, secrétaire du cardinal de Givry qui, entre autres, fut évêque de Langres (1529-1561). Jean Le Fèvre fut donc chanoine de Langres et de Bar-sur-Aube de 1548 à 1558. Après la mort du cardinal de Givry, il aurait enseigné à Paris et été procureur de l’Université. Il fut réputé pour son savoir, notamment en théologie et en mathématiques. On le considère comme un esprit quelque peu universel car il s’intéressa aux arts mécaniques et notamment aux instruments de mesure du temps. Il a laissé un manuscrit datant de 1527 qui traite de la construction des cadrans solaires et son neveu, Etienne Tabourot, a rapporté qu’il s’était occupé des « méchanicques de l’horlogerie » et il l’appelait le « discoureur des heures ». Par délassement, il cultivait aussi la poésie et il composa un manuscrit sous le titre « Inventaire ou répertoire de mots français » que Tabourot remaniera au titre « de l’amitié et de la parenté » et en fera le Dictionnaire des Rimes françaises qui paraîtra en 1572 à Paris chez Galiot du Pré et qui eut une édition augmentée en 1587. Marin Mersenne dans L’Harmonie universelle parlera aussi d’un ouvrage (vraisemblablement de 1563 et aujourd’hui perdu) de Jean Le Fèvre intitulé Triple Musicque pour les instruments linéaires, superficiaires et cubiques ; on retrouvera ces termes dans la préface de Tabourot pour le Dictionnaire des Rimes. Jean Le Fèvre a aussi donné en 1536 « la version des Emblèmes d’Alciat, par luy traduits du temps mesmes de la première impression latine » sous le titre « Livret des Emblèmes de maistre André Alciat mis en rime françoyse et présenté à monseigneur Ladmiral de France ». [...]" Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon.
Diverses marques de provenance successives : "Ex Bibliotheca PP. Carmelitarum Divionensium" en haut du 5e feuillet confirmé par une note manuscrite postérieure en haut du 1er feuillet "aux carmes de Dijon", ex-libris manuscrit de Louis Bénigne Baudot ("Museo L. B. Baudot"), ex-libris gravé monogrammé de Paul Court (arrière-petit-fils de Louis-Bénigne Baudot).
Le premier contreplat comporte un extrait d'un incunable (ou post incunable) : texte de Caton relatif à la prostitution, découpé (en 3 parties) et contrecollé.
Les 3 premiers feuillets renferme des notes et extraits de divers auteurs et penseurs dont Sénèque, Horace, Salluste, de psaumes, etc. Le verso du 3e feuillet est illustré de 3 dessins à l'encre : vanités représentant un monarque, un religieux et une femme auxquels s'adresse la mort grimée en monarque, en religieux ou en femme.
Les 36 feuillet suivants sont rédigés à l'encre brune avec initiales et soulignés à l'encre rouge : copie du "De Miseria Condicionis Humane" du pape Innocent III (Lotario dei conti di Segni c. 1160-1216) complet des 3 parties et des différents chapitres traitant de sujets aussi divers que la génération, la nudité, la mort, la sagesse, l'anxiété, la pauvreté, la chair, la douleur, la compassion, l'anthropophagie, la culpabibilité, la cupidité, la richesse, l'ambition, l'avarice, la gourmandise, l'ébriété, la luxure, les coïts contre nature, la fierté à travers le cas de Lucifer, l'arrogance, la tenue vestimentaire, le mal, la venue du Christ, les cadavres, les condamnés, les enfers, le châtiment éternel, le jugement divin, etc. etc.
Après 2 ff. blancs, le feuillet 43 (d'une autre main que les ff. précédents) renferme un extrait du chapitre 13 du livre 21 de la Cité de Dieu de Saint Augustin, avec au verso une grande et belle lettre initiale C dessinée à l'encre.
Le feuillet 44 porte au verso un texte en vers de 25 lignes et au recto sous un texte de 6 ligne un curieux dessin à l'encre représentant un fou ou un démon surmonté d'une sorte de phylactère portant le nom Midas, qui tient une grande bannière représentant deux fous attachés par la ceinture, avec une légende en français sous ce dessin "A bien compter et sans rabatre/Ces deux presens folz en font quatre".
Le feuillet 45 porte le nom manuscrit "Le Fevre" en son début, puis une sentence et un texte imprimé découpé et contrecollé, tous deux alchimiques. Au verso du feuillet 45 un grand dessin à pleine page à l'encre et aquarellé représentant la Crucifixion, avec un titre de 2 lignes et un texte de 8 lignes en bas de page sur le dessin. Les 11 pages suivantes contiennent des textes en vers (toujours en latin) sur des sujets divers (la nativité, la stérilité, la crucifixion, etc.) avec qqs corrections ou biffures d'une autre main. En bas du f. 46 v° un cachet ancien "X lefevre" dans un phylactère. En bas du f. 49 r° un extrait imprimé découpé contrecollé (2 lignes).
Les 9 pages suivantes renferment un dialogue entre plusieurs personnages dont Katharma, Maxentius et Torfor(?) et se terminent par un dessin à l'encre représentant la décapitation de Sainte Catherine d'Alexandrie. Avec une 10e page en vers de la même main.
L'écriture change de nouveau à partir du verso du feuillet 55 jusqu'au recto du feuillet 64 (extraits de textes divers en latin).
Le f. 65 verso porte un épitaphe de 6 lignes et un grand bois gravé représentant Saint André et les Pères de l'Église.
Les ff. 67 à 89 renferment une série de sentences, épigrammes et vers extraits de Platon, Cicéron, Sénèque, Horace, Salluste, Aristote, Hésiode, Mantuanus (Baptiste Spagnoli), Béroalde, Balbus, Tibulle, Juvénal, Martial, etc. La marque gravée "X lefevre" est de nouveau présente en bas du f. 67 r°. Ils sont chiffrés anciennement 1-25 (puis non chiffrés à partir du feuillet 94).
Le f. 90 r° porte entre autres un texte de 9 lignes attribué à Hermès Trismegiste ("Magnum miraculum est homi et animal honorandum…") et au verso un dessin à l'encre et au lavis au tiers supérieur de la page, représentant deux personnages endormis dans leurs lits avec une figure spectrale dans l'ombre mi-homme mi-squelette aux yeux bandés (illustrant certainement le destin).
Le f. 91 r° est illustré d'un grand dessin à l'encre et à l'aquarelle représentant la roue du destin portant 4 personnages (dont 2 rois) actionnée par la fortune incarné par un personnage mi-femme mi-squelette aux yeux bandés. On retrouve en bas de cette page le cachet "X lefevre".
Le f. 92 r° est illustré d'un dessin à l'encre à mi-page représentant un homme tenant un bâton s'adressant à un personnage masculin juché sur une roue et portant une horloge et à un personnage féminin juché sur une colonne.
Le reste des feuillets est également constitué de sentences, vers et extraits d'auteurs antiques, philosophes et de quelques penseurs de la Renaissance, émaillé comme les feuillets précédents de soulignés, de nombreuses manicules et d'autres symboles moins courants comme des verres brisés. L'écriture est de moins en moins soignée au fil des feuillets. L'avant dernier feuillet porte au verso la signature finale de Lefevre suivie d'un grand monogramme (comportant les lettres X et Y) et de 2 petits monogrammes.
Le dernier feuillet verso et le contreplat sont remplies de multiples courtes notes, de manicules, de suites de chiffres et calculs, d'un grand Y, de la signature Lefevre, etc.
Riche et curieux manuscrit tournant autour des thématiques abordées par Innocent III dans son traité De la misère de la condition humaine, à teneur souvent macabre voire hermétique reflétée par les quelques illustrations très singulières et riches de symboles représentant la vanité humaine ou la fortune où la figure de la mort est très présente. Rédigé par Lothaire de Segni (devenu par la suite pape sous le nom d'Innocent III) au cours de la dernière décennie du XIIe siècle, à l'époque où il était cardinal-diacre de Saint-Serge-et-Bacchus, le traité De Miseria Condicionis Humane n'est pas à proprement parler un traité théologique ou dogmatique comme les autres écrits de Lothaire de Segni datant de la même époque, mais plutôt un essai psychologique sur la condition humaine, sous la forme de considérations introspectives - et désabusées. Le texte connut un grand succès au cours du Moyen Age. Le traité est émaillé de très nombreuses citations bibliques, qui servent soit de point de départ des réflexions de Lothaire, soit d'arguments venant appuyer ses propos sur la misère de l'existence humaine. Au cours des trois livres qui composent le De Miseria, Lothaire développe des thèmes et un lexique récurrents : douleur et vanité de la vie, variété des tourments psychiques et des souffrances physiques, multiplicité des défauts et péchés des hommes, éternité de la peine des réprouvés, etc. Le tableau de la condition humaine par Lothaire de Segni regorge de cadavres en putréfaction, de vers voraces, de ténèbres insondables, de supplices en tous genres et de flammes dévorantes.


Lot vendu sous le régime de l'importation temporaire.

L'expert