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le 15 décembre 2020 à 14h00

TABLEAUX ANCIENS
JEAN-BAPTISTE VAN LOO (1684-1745)

PORTRAIT D'UN ACTEUR

JEAN-BAPTISTE VAN LOO  (1684-1745)
JEAN-BAPTISTE VAN LOO  (1684-1745)
JEAN-BAPTISTE VAN LOO  (1684-1745)
JEAN-BAPTISTE VAN LOO  (1684-1745)

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Descriptif

JEAN-BAPTISTE VAN LOO (1684-1745)

PORTRAIT D'UN ACTEUR

Toile
80 x 63,5 cm

Jean-Baptiste van Loo (1684-1745) appartient à une grande famille de peintres renommés d’origine néerlandaise. Natif d’Aix-en-Provence, il passe la majorité de sa jeunesse dans le sud de la France, il travaille à Monaco pour les Grimaldi, voyage en Italie et s’établit à Paris en 1720. Si la renommé des Van Loo n’est plus à faire à Paris, Jean-Baptiste s’y fut singulièrement reconnu pour son excellente maîtrise du portrait, ainsi, durant cette longue période son atelier voit défiler de nombreuses personnalités du royaume de France dont notre portrait est un excellent témoignage. Il est reçu à l'Académie le 23 février 1731. Il s’en retourne dans sa ville natale en 1742, pour y mourir trois ans plus tard, dit-on : “le pinceau à la main”.

Notre portrait étant celui d’un acteur, nous invite à considérer le contexte singulier du théâtre en son temps. Au XVIIIème siècle, ce dernier est le lieu de la sensibilité où tout est exacerbé, tout peut s’y passer et tout peut dégénérer ou devenir merveille. Le public y est prompt à s’enthousiasmer comme à huer, à s’y bagarrer (le recours à une police au sein du théâtre était d’ailleurs tout à fait d’usage). Par ailleurs, le public est exigeant et il est capital pour l’acteur de répondre à ses attentes, surtout lorsqu’il est question d’une œuvre tragique où la mise en scène des sentiments prime. Le spectateur tient à ressentir des émotions violentes sinon terribles même. Le rôle étant incarnée, il implique de « frapper » par les actions jouées. C’est pourquoi Pierre Rémond de Sainte-Albine écrit en 1747 dans son traité consacré à l’art théâtral que l’acteur ne doit pas se contenter d’« ébranler » mais doit « transporter », non pas uniquement « imposer » mais « subjuguer », non pas juste « toucher » mais « déchirer » le public. La puissance de l’émotion doit laisser parler le cœur seul et occulter la faculté de juger. Le XVIIIème siècle est également l’époque où l’on ose sur scène, où l’on se met en danger. Il s’agit pour l’acteur de démontrer son génie par son audace, et la gratitude du public peut s’avérer immense.

Ainsi peu à peu l’acteur devient une figure mythique dont les plus grands artistes s'emparent pour honorer le talent de ces monstres sacrés ainsi que l’illustre remarquablement notre portrait : le caractère très huilé de la touche employée lui confère une grande fluidité. La pose très audacieuse est un évident hommage au rôle incarné, sans doute celui d’un maître d’armes. Conformément à l’usage du théâtre, le sujet représenté porte de longs cheveux aux naturels. Il revêt une livrée démonstrative, ornée de parements et de galons pastiches ainsi qu’une bandoulière dont les franges mouvantes d’argent servent à l’artifice du jeu de comédie. Sûrement, la présence magistrale de cet acteur sur scène fut-elle suffisamment considérée par l’artiste lui-même pour se retrouver si bien transposée dans ce portrait qu’il en laissa.