ART RUSSE
le 29 mai 2019 à 11h00

ART RUSSE

Estimation : 40 000 € - 60 000 €

Descriptif

CONDY Nicholas Matthews (1816-1851).
La frégate à vapeur russe "Vladimir".
Huile sur toile (restaurations).
Signature N. M. Condy et date 184- (visibles aux rayons X).
Circa 1846-1848.
Anciennement signé en cyrillique I. Aïvazovsky et daté 1869 (effacé lors de la restauration).
Le navire est représenté au mouillage dans le port de Plymouth, après sa livraison aux Russes en 1848. Les jets de vapeur indiquent que la frégate est à l'exercice ou en manœuvre au moment où le peintre anglais la représente.
L’Angleterre n’étant pas supposée fournir à la marine russe des navires de guerre, le Vladimir arbore le pavillon de la marine marchande. Néanmoins, les trois mâts sont surmontés de pavillons affichant la Croix de Saint-André et l'aigle impérial.
Dans son cadre d'origine en bois et stuc doré de fabrication anglaise, orné en haut au centre de l'aigle impériale de Russie et d'une ancre.
H. 51 x L. 81 cm.

Descriptif du Vladimir:
Déplacement: 1200 t.
Longueur: 61 m.
Largeur: 10,90 m.
Flottaison: 43 m.
Vitesse: 11 nœuds.
Puissance: 400 CV.
Armement: 9 pièces avant la Crimée, puis 11 (2 de 10 pouces, 3 de 68 livres, 4 canons-mortiers de 24 livres et 2 mortiers de 24 livres).

Provenance:
- Le cadre ornementé de l’aigle bicéphale avec le blason dédié à Saint-Georges peut faire penser à un cadeau offert au capitaine de vaisseau Vladimir Alexéevich KORNILOV (1806-1854), futur héros de Sébastopol, venu superviser la construction du navire, destiné à la Flotte de la Mer Noire.
- Puis récupéré par Alexis Gigot de Villefaigne (1840-1934), joallier français installé à Saint-Pétersbourg, qui épousa la fille d'un autre joaillier français, Vaillant, fournisseur de la Cour impériale. Le couple resta en Russie jusqu'au début du Xxe siècle, d'où ils rapportèrent la toile et quelques souvenirs russes.
- Château de Bourdeau (Savoie, France), propriété de la famille Gigot de Villefaigne.

Historique:
Au début du XIXe siècle, la Russie possède la troisième plus importante flotte après l’Angleterre et la France. L’avènement de la vapeur à partir des années 1830 ne suscite cependant guère d’enthousiasme à l’amirauté russe, contrairement aux Français. Ainsi, lors de la guerre de Crimée (1853-1856), la flotte de la Mer Noire n’a aucun vaisseau de ligne avec ce système de propulsion alors que la quasi-totalité des navires français et anglais est à vapeur. Quelques navires à vapeur de faible tonnage sont cependant mis en service par la Russie et l’un est commandé à l’Angleterre en 1846. Construit aux chantiers navals de Londres, le Vladimir est lancé en mer le 1er septembre 1848.
Affecté à la flotte de la Mer Noire, le Vladimir est une frégate à vapeur et à roues. Placée sous le commandement de Grigori Ivanovitch Boutakov, qui donnera par la suite son nom à une manœuvre tactique ("faire un Butakov"), le Vladimir s’illustre le 5 novembre 1853 en remportant le premier combat entre deux navires à vapeur contre le "Pervez-Bahri" turco-égyptien. Ce dernier, capturé, est réutilisé par les Russes. Pendant le siège de Sébastopol, le Vladimir appuie efficacement de ses pièces les défenseurs de la place. À la chute du bastion de Malakoff, le 8 septembre 1855, les Russes évacuent la rive Sud. Ce qu'il reste de la flotte est coulé, y compris le Vladimir. Renfloué et réparé, il reprend du service en 1860 et servira avec la flotte de la Baltique jusqu’à la fin des années 1870, en détachement des torpilleurs.

Bien que l'œuvre se distingue techniquement des compositions habituelles du peintre, une signature datée 1869 au bas du tableau laissait supposer qu'il s'agissait d'une toile d'Ivan Aïvazovsky (1817-1900). L'expertise de l'œuvre par des spécialistes anglais a permis d'écarter cette première piste, observation qui fut par la suite confirmée par l'analyse aux rayons X de la toile. En effet, cette étude permit de mettre au jour la véritable signature de l'œuvre, dissimulée derrière la prestigieuse inscription, qui révelait l'auteur de ce tableau: le peintre anglais Nicholas Matthews Condy (1816-1851).

Natif de Plymouth, dont le port est ici figuré, Condy est un peintre anglais aujourd'hui connu pour ses œuvres de marine et le souci du détail qui caractérise ses représentations tant de navires que de la mer ou de l’atmosphère. S'il se destinait à l'origine à une carrière de militaire dans la marine, son goût pour l'observation du paysage et pour le dessin le conduiront finalement à une carrière de peintre, à l'instar de son père. De fait, c'est avec une connaissance aigüe et rigoureuse qu'il dépeint dans ses œuvres, comme dans celle-ci, l'architecture navale de son époque. Caractérisé pour sa "manière anglaise", le travail de Condy suscite très vite l'admiration de personnalités de l'époque, comme le comte d'Egremont, protecteur de J.M.W. Turner, et des commandes prestigieuses. Hélas, son décès prématuré à l’âge de 35 ans limitera son œuvre, bien qu'au moins trois de ses marines aient été exposées à la Royal Academy entre 1842 et 1845.

КОНДИ Николас Мэттьюс (1793-1857).
Российский фрегат Владимир.
Масло, холст.
Приблизительно 1846-1848 гг.
Подпись латиницей и дата 184-.
Ранее присутствующая подпись И. Айвазовский, датированная 1869 г., была стёрта во время реставрации картины.
В начале XIX в. Российский флот был третим по величине после Английского и Французского. Однако появление парового двигателя в 30-ые годы не вызвало особого энтузиазма у русского морского ведомства, в отличие от французов.
Таким образом, во время Крымской войны (1853-56) Черноморский флот не имел кораблей с этой двигательной установкой, в то время как почти все французские и британские корабли приводились в движение за счет парового двигателя. Однако Россия уже начинала использовать на службе несколько небольших пароходов, и один был заказан в Англии в 1846 г. Построенный на лондонских верфях, « Владимир » был спущен на воду 1 сентября 1848 г.
Присвоенный Черноморскому флоту, «Владимир» - паровой и колесный фрегат, переданный под командование Григория Ивановича Бутакова, проявил себя 5 ноября 1853 г. Победой в первoм в истории бою паровых судов — атаковал 10-пушечный турецко-египетский вооружённый пароход «Перваз-Бахри» (Владыка морей). Последний, захваченный, использoвался русскими.
Во время осады Севастополя «Владимир» эффективно поддерживал защитников крепости. При падении бастиона Малахов 8 сентября 1855 г. Русские покинули Южный берег. То, что осталось от флота, было потоплено, включая «Владимира».
Поднятый и отремонтированный, он возвратился в использование в 1860 г. На Балтийском флоте и оставался там до конца 1970-х годов в составе минного отряда.

Описание фрегата:
Водоизмещение: 1200 т.
Длина: 61 м
Ширина: 10,90 м
Флотация: 43 м
Скорость: 11 узлов
Мощность: 400 л.с.
Вооружение: 9 пушек до Крымской войны, затем 11: двe – 10-дюймовых, три – 68-фунтовых, четыре – 24-фунтовых пушки-мортиры и двe 24-фунтовых мортиры.

На картине корабль находится на якоре в порту Плимут, после поставки его русским в 1848 г. Англия не должна была поставлять России военные корабли, поэтому «Владимир» носил русскиe флаги, государственный и торгового флота, а не Андреевский.
Рама, украшенная императорским орлом и якорем, может наводить на мысль, что это был подарок капитану Корнилову, будущему герою Севастополя, приехавшему наблюдать за постройкой корабля.
Н.М. Конди известен прежде всего своими морскими работами и вниманием к деталям, которые характеризуют изображенные им корабли, морe или атмосферу порта. Преждевременная смерть художника, в возрасте 35 лет, к сожалению, прервала его творческий путь.
Состояние хорошее.