Roger GODCHAUX

Roger GODCHAUX

Roger Godchaux nait à Vendôme en 1878, d’un père antiquaire et d’une mère pianiste et concertiste.
Ses velléités artistiques sont encouragées et Godchaux dessinera dès son plus jeune âge des animaux dans ses carnets d’enfants. Installé à Paris, le jeune homme sera élève à l’Ecole des Beaux-Arts dès 1894, auprès notamment du peintre naturaliste Jules Adler, avant d’entrer à l’Académie Julian en 1896 et de suivre l’enseignement du peintre animalier Gustave Surand. En 1898, le travail du jeune Godchaux (il a alors 20 ans) est remarqué par non moins que Jean-Léon Gérôme qui demande son inscription dans son atelier.
En 1905, Godchaux expose pour la première fois une sculpture animalière (un Lion en cire) au Salon des Artistes Français, auquel il participe régulièrement avant d’être mobilisé en 1914.

Affecté aux bureaux du Ministère de la Guerre, le jeune artiste met ses talents de dessinateur au service de la propagande pour les Alliés. Il réalise également une lithographie "Le Lion de la mer " envoyée en 1916 à un Rudyard Kipling ravi de ce présent. Le Livre de la Jungle est en effet une des grandes inspirations de Godchaux pour la tendresse de l’auteur anglais envers le monde sauvage et animal.
De retour à Paris après l’Armistice, Roger Godchaux retrouve son atelier et ses études des animaux pensionnaires du Jardin des Plantes ou de certaines ménageries de Cirques. Il reprend également les expositions, obtenant en 1922 une médaille de bronze au Salon des Artistes Français puis d’argent à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925.

Particulièrement aguerri aux diverses techniques de la sculptures , Godchaux fait le choix pour réaliser ses animaux de modeler de l’argile ou de la cire sur des structures en fil en fer, terminant le travail des masses ductiles en les lissants ou les striant. Au préalable et comme nombre des animaliers de son temps, il aura pris soin d’étudier longuement et en profondeur ses modèles. En témoignent de nombreuses études anatomiques que Godchaux complète encore par des mensurations qui visent à l’exhaustivité (reprenant en cela l’approche d’Antoine-Louis Barye, qu’il admire et dont il collectionne les œuvres).

En 1928, Georges Godchaux remplace Jacques Nam comme trésorier de la Société des Animaliers, tandis que l’Etat lui achète l’Eléphant qu’il expose au Salon des Artistes Animaliers.
Durant les années 1930, l’artiste expose régulièrement dans différentes galeries et, en 1937, il signe un contrat avec la Manufacture Nationale de Sèvres pour l’édition de ses terres-cuites.
Contraint de porter l’étoile jaune pendant la Seconde Guerre Mondiale, Godchaux prend le risque de rester à Paris et de continuer à sculpter dans son atelier de la rue Boileau. Il le déplacera après-guerre au 3 rue Vercingétorix, exposant de nouveau au Salon des artistes français ainsi qu’au Cercle Volney tout en répondant à diverses commandes publiques, jusqu’à sa mort en 1958.

Roger Godchaux laisse derrière lui un bestiaire tendre et sensible, aux modèles généralement de petite taille, propres à ravir un Petit Prince déplorant "Un éléphant, c'est très encombrant. Chez moi, c'est tout petit."
Parmi ses sujets favoris, justement, les éléphants sont campés dans toute leur force tranquille et ineffable tandis que les félins sont gracieux, facétieux et tout en dynamisme. Justesse et simplicité sont les maîtres mots de l’art de Roger Godchaux, qui s’émancipe du pittoresque pour camper des animaux saisis dans leurs attitudes quotidiennes. C’est là tout son talent : représenter l’animal sans le trahir, dans ce qu’il a de plus expressif et identifiable.

Un trésor se cache peut-être chez vous...