Raoul DUFY

Raoul DUFY

Raoul Dufy (né en 1877 au Havre et mort en 1953 à Forcalquier) compte parmi les artistes majeurs de la première moitié du XXème siècle.


Fils d’un musicien amateur, le jeune Raoul Dufy se tourne dans un premier temps vers la musique et joue régulièrement de l’orgue dans les églises havraises. À l’âge de 14 ans, il entre chez Luthy & Hauser, une maison d’importation de café et suit des cours du soir auprès du dessinateur Charles Lhullier à l'École municipale des beaux-arts du Havre. Il peint des paysages normands (des vues du port du Havre, de Honfleur, …) et se lie d’amitié avec Othon Friesz.


En 1900, Raoul Dufy intègre l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Léon Bonnat, grâce à une bourse d’études. Sa première exposition à Paris a lieu, en 1901, au Salon des artistes français. Son tableau, Fin de journée au Havre, dépeint le dur labeur de charbonniers du port normand.


De 1901 à 1905, Raoul Dufy commence à se faire connaître. Il vend notamment un pastel à la galeriste Berthe Weill et une toile qu’il présente au Salon des Indépendants (1903) à Maurice Denis. Il complète sa formation artistique par l’étude de la peinture impressionniste et post-impressionniste. Tout comme Claude Monet, il aime travailler en extérieur et passe des heures à peindre sur la plage, pour tenter de restituer des effets lumineux.


À partir de 1905, Raoul Dufy s’intéresse au fauvisme. Fasciné par Luxe, calme et volupté présenté par Henri Matisse au Salon des Indépendants de 1905, il peint avec une palette beaucoup plus vive, la foule dans les rues le 14 juillet, des scènes de bord de mer avec des pêcheurs, des plongeurs, …


En 1907, Raoul Dufy s’éloigne du fauvisme et se penche assidûment sur les recherches formelles de Paul Cézanne ("Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d'un objet, d'un plan, se dirige vers un point central" - lettre de Cézanne à Émile Bernard, datée du 15 avril 1904). Il se rend avec Georges Braque à L’Estaque, où il réalise l’une de ses plus belles toiles cubistes, Arbres à l’Estaque (Centre Pompidou). Son dessin se géométrise, sa palette colorée s’assombrit et se restreint considérablement. Le vert et l’ocre sont souvent les deux seules couleurs.


Au début des années 1910, Raoul Dufy se fait remarquer grâce à ses xylographies pour le Bestiaire ou Cortège d’Orphée d'Apollinaire et se lance avec Paul Poiret dans la création de motifs sur tissu. En 1913, il participe à l’Armory Show, la prestigieuse foire new-yorkaise qui permet aux Américains de découvrir l'art moderne européen.


Dans les années 1920, l’artiste expérimente plusieurs médiums : il imagine des costumes et des décors pour le Boeuf sur le Toit de Jean Cocteau (1920), s’exerce à la céramique avec Llorens Artigas (à partir de 1923), exécute des cartons pour des tapisseries produites par la Manufacture de Beauvais, réalise des tentures sur toile de Tournon, … Sa première rétrospective est organisée, en 1921, à la galerie Bernheim-Jeune.


En 1932, sa toile Paddock à Deauville intègre les collections nationales, par l’intermédiaire de l’association Les Amis des Artistes Vivants au musée du Luxembourg.


En 1936, Raoul Dufy reçoit deux commandes pour l’Exposition universelle de 1937. Il réalise la décoration du fumoir du nouveau Théâtre du Palais de Chaillot et se lance dans la création d’un hymne à la modernité, La Fée Électricité. Conservée depuis 1964 au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, cette peinture monumentale de plus de 600 mètres carrés est initialement commandée pour le pavillon de l'Électricité, édifié par Mallet Stevens sur le Champ de Mars. Il s‘agit alors de la plus grande peinture au monde.


En 1952, Raoul Dufy représente la France à la XXVIème Biennale de Venise et remporte le grand prix de peinture. Fort généreusement, il offre le montant de sa récompense à un peintre italien et à Charles Lapicque pour qu’ils puissent se former en France et à Venise.


Réalisée en 1953, son ultime série représente des cargos noirs dans la baie du Havre.