Pierre Corneille

Pierre Corneille

Corneille est le plus célèbre dramaturge français de son siècle. Issu d’une famille de magistrats, il débutera une carrière d’avocat tout en commençant à rédiger des tragédies. Sa première œuvre dramatique intitulé Mélite en 1629 sera jouée au théâtre du Marais à Paris l'année suivante et marquera le début d'une longue et productive carrière de dramaturge.

Les quatre années suivant Mélite, il rédigea deux autres comédies : Clitandre et La Veuve. Ces œuvres ont connus un tel succès qu’il suscitèrent l'intérêt du cardinal Richelieu et lui valut d’être déclaré le premier poète dramatique français. Il restera sous le mécénat de Richelieu et touchera une pension jusqu'à sa mort. En 1637 Le Cid connaît un triomphe auprès du public. Œuvre majeure de sa carrière et dont le succès retentit dans toute la France, cette tragédie met en scène un amour tumultueux, jalonné de duels meurtriers et de conflits familiaux où les thèmes de l’honneur et du pouvoir royal prédominent. Ce succès fit date dans la carrière de Corneille, elle marquera « la querelle du Cid » ou l’on lui reprochera de ne pas avoir respecté l’idéal du classique du théâtre, les règles de la bienséance et de la vraisemblance que sont la règle des trois unités et la séparation des tons et des genres.

Les œuvres de Corneille sont marquées par la grandeur des thèmes qu’il traite, par le réalisme des personnages qu’il met en scène et par la simplicité́ et la rigueur de son style poétique. Corneille marquera le théâtre à travers une œuvre moderne et novatrice où il met en scène des faux-semblant, des personnages héroïques exceptionnels confrontés à des situations tout aussi exceptionnelles et des rebondissements incessants et passionnants. Influencé par l’idée de la responsabilité de l’homme , Corneille portera des personnages qui ne sont pas submergés par la passion mais guidés par leur raison.


De 1640 à 1650, Corneille multiplie les grandes pièces Horace, Cinna, Polyeucte, Le Menteur, Rodogune et Nicomède. En 1647 il entre à l'Académie Française, il est alors adulé par le public, reconnu par ses pairs, pensionné par le pouvoir. Les années 1650 furent assombries par la disgrâce que lui valut Nicomède en 1651. Cet éloge à peine voilé du Grand Condé à la tête de la Fronde, priva Corneille de sa charge et de sa fonction. Il s’éloignera de la création dramatique et ce n’est qu’en 1659 qu’il cède à l'invitation du surintendant Nicolas Fouquet et revient au théâtre en proposant une réécriture de la tragédie Œdipe. Cette pièce est très bien accueillie et Corneille enchaîne ensuite quelques succès dont La Toison d'or en 1660. Mais la faveur grandissante des tragédies de Racine relègue ses créations au second plan. En 1670 les auteurs se retrouvent en rivalité directe alors qu’ils donnèrent simultanément des pièces sur le même sujet antique. Racine triomphera avec Bérénice face au Tite et Bérénice de Corneille qui ne connaitra qu’un succès mitigé. Il cessera d'écrire après Pulchérie et Suréna en 1674.

Après sa mort, son frère Thomas est élu à son fauteuil à l'Académie française. Et c'est Racine qui prononce le discours de réception ou il consacrera un vibrant éloge de Pierre Corneille. Surnommé "le Grand Corneille" ou "Corneille l'aîné", son œuvre prolifique aura donné naissance à l’adjectif "cornélien" et marquera l’histoire de la littérature.