Pierre BAYLE

Pierre BAYLE

Natif de l’Aude, Pierre Bayle étudie la céramique au C.E.T. de Castelnaudary à partir de 1959.
Il en sort diplômé d’un C.A.P en 1962. De cette formation l’artiste conservera une admirable maîtrise de l’art du tournage, technique qu’il accompagnera plus tard d’autres modes de façonnage, dont le moulage.
Entre 1967 et 1969, le céramiste vit et travaille à Paris comme tourneur en faïence dans divers ateliers locaux. Il profite de ces expériences pour se former à un vaste éventail de techniques et visiter les musées de la capitale où il s’intéresse tant à l’art antique que contemporain.

Puis en 1970, Pierre Bayle retourne à la terre qui est la sienne pour installer son atelier dans le Languedoc, à Minerve d’abord, puis à Mailhac en 1974. Là, il renoue avec les anciennes méthodes de cuisson à basse température et d’enfumage, aidé en cela par Jean Montagu qui vient de publier Les secrets de fabrication des céramiques antiques et lui donne la clé de ce qui fera la manière de Bayle : "tu mets un peu de silicate et puis, ça marche" .
Et effectivement "ça marche", mais l’engobe rouge posé sur une terre rouge reste terne.
Alors Pierre Bayle opte pour une pâte blanche qui sublime les nuances de vermillon, d’ocre et de carmin de ses engobes. Sa technique est en place. Elle lui permet de laisser libre cours à des expérimentations formelles audacieuses qu’il explicite ainsi : "les formes évoluent, elles ont commencé à se rapprocher de moi".

Ces céramiques qui ne ressemblent à aucune autres sont exposées pour la première fois à Uzès en 1980, puis à Aix en Provence en 1981. Bayle reçoit sa première récompense la même année : le premier prix de la Biennale de Chateauroux. Puis, en 1982, l’artiste tient sa première exposition personnelle à Paris, à la galerie DM Sarver. Le talent et la démarche unique de Bayle triomphent enfin lors de l'exposition au Musée national de céramique de Sèvres : "De la terre et du feu : 5 potiers contemporains", du 8 novembre 1983-13 février 1984.

Avant de s’éteindre en 2004, Pierre Bayle avait reçu en 2002 le Prix Liliane-Bettencourt pour l'intelligence de la main pour son vase "Gaea". Non sans humour, et comme une explication de son art, l’artiste avait alors lui-même décrit son vase comme "inutilisable, sauf pour deux buts essentiels : la gratuité et la beauté".