Mezcala (Culture)

Mezcala (Culture)

Les sculptures Mezcala ont été découvertes au cœur de l’État montagneux du Guerrero, entre les États de Michoacan à l’ouest et l’Oaxaca à l’est, dans une région peu accessible ou la population cultivait la terre sur les plateaux et les crêtes d’une région accidentée, entrecoupée de ravins et de canyons au fond desquels elle descendait chercher galets et blocs de pierre, verdâtres ou gris, dont les artistes savaient extraire des “ figures de pierre”, des haches aux formes anthropomorphes qui nous séduisent par leur esthétique étonnamment moderne.

En effet les statuettes Mezcala ont la spécificité d’être simplifiées à l’extrême avec des plans symétriques et une grande vigueur de style dans la représentation de l’anatomie humaine mais aussi dans la représentation dépouillée des animaux ou les façades de temples à colonnes.

L’aspect schématisé et stylisé des pièces est le critère essentiel dans la définition de cette tradition. Les objets sont souvent faits sur la base d’une forme de hache, avec des coupes et des plans arrangés de façon symétrique et des traits à peine suggérés. La matière utilisée se présente comme une pierre dure et grise susceptible d’être polie, ou une variété de serpentine veinée typique du Guerrero. C’est Miguel Covarrubias qui donna le nom de Mezcala du nom du village à ces objets d’arts, en adoptant une classification chronologique de la pierre polie du Guerrero mais aussi une classification selon leur forme.

Ainsi, on distingue dans les figurations humaines trois types principaux. Des figurines et des masques plats dont les traits sont fait de larges rebords et d’arrêtes distribués avec un grand sens plastique et un visage rectangulaire ou trapézoïdal autour d’un rebord en forme de T qui définit le nez et les sourcils. Mais aussi des figures dérivées d’une hache de forme plus subtile et complexe avec des traits de visage simplifiés faits de rainures et d’arrêtes qui définissent le nez et la bouche. Enfin, des figures caractérisées par la simplicité extrêmes des formes au nez aquilin et proéminent et les yeux et la bouche indiqués par un creux ovale.
En plus des représentations anthropomorphes, il existe d’autres objets imprégnés du style Mezcala notamment des représentations d’animaux tels que jaguar, grenouille, singe, écureuil, oiseau, tête de canard etc. et des miniatures d’objets variés dont les fameuses façades de temples, haches, polissoirs, perles et boucles d’oreilles.

La culture Mezcala se distingue des autres cultures de la région, davantage caractérisées par leur plus grand réalisme à travers des objets de facture plus abstraite. On recense entre 20 000 et 30 000 de ces statuettes hautes de deux à cinquante centimètres. Il s'agit sans doute d'objets funéraires, créés pour accompagner les défunts et les aider dans leur voyage vers l'au-delà , tels des esprits de l'inframonde où ils sont appelés à renaître. Certains sont assis, le visage incliné en arrière, contemplant le ciel. D'autres sont agenouillés: peut-être s'agit-il de chamans. Parfois on a sculpté deux figures, dos à dos, ou côte à côte, évoquant le dualisme récurrent dans toutes les cultures précolombiennes. A moins que ces Janus de pierre ne personnifient les esprits de la lune à différents moments de son cycle. On les a souvent rapprochés des idoles cycladiques que l’on rapproche souvent des réductions des colossales statues de l'île de Pâques.

Indépendamment du mystère qui entoure leur naissance, on demeure saisi par la puissance d'évocation de ces sculptures minimalistes, leur immédiateté et leur beauté intemporelle.