Maxime MAUFRA

Maxime MAUFRA

Maxime Maufra (né en 1861 à Nantes et mort en 1918 à Poncé-sur-le-Loir, Sarthe) est un peintre français postimpressionniste, reconnu pour ses paysages de Bretagne.

Fils d’un industriel dans le domaine de la métallurgie, le jeune Maxime Maufra s’initie à la peinture de plein air avec deux peintres nantais - Charles Le Roux et Alfred Leduc - et découvre la Grande-Bretagne à l’occasion d’un stage chez un négociant de Liverpool. Lors de ce séjour, il découvre avec admiration les paysages anglais et la peinture de William Turner.

En 1886, Maxime Maufra présente trois peintures lors du Salon des Artistes Français à Nantes, une importante manifestation artistique qui réunit, à Nantes, 1 800 œuvres d’artistes aux influences très diverses : Paul Gauguin, Charles Gleyre, Armand Guillaumin, Stanislas Lépine, Camille Pissarro, Auguste Renoir, Auguste Rodin, Georges Seurat, Paul Signac, Alfred Sisley, …

En 1889, Maxime Maufra décide de se consacrer pleinement à la peinture. L’année suivante, il s’installe à l’auberge Gloanec de Pont-Aven pour rencontrer Gauguin et intègre l'Ecole de Pont-Aven qui réunit des peintres comme Henry Moret. Après une courte période symboliste et synthétiste, l’artiste revient à l'impressionnisme.

À 31 ans, Maxime Maufra quitte la Bretagne et loge à Montmartre, au 13 rue Ravignan. Il est le premier artiste à intégrer ce bâtiment parisien qui se fera connaître par la suite sous le nom de Bateau Lavoir.

“Ma surprise fut grande de voir le grand diable de Paul Gauguin paraître sur le seuil de ma porte [...] Sans me dire un mot, il entra et regardant les esquisses accrochées aux murs et quelques études à terre le long de la muraille, il s’exclama : « Je comprends que vous défendiez mon art, Maufra, mais bien que nous suivions une voie différente, la vôtre est bonne, continuez-la ». Ces paroles firent l’effet du calumet de la paix chez les peaux-rouges. Nous nous étions compris, nous devenions amis et nous devions beaucoup nous voir.” (Maufra, Mémoires, novembre 1893).

En 1895, il entre en contact avec Paul Durand-Ruel qui devient son marchand. Grâce à lui, il a l’occasion de participer à diverses expositions à Berlin, New York, Saint-Pétersbourg, Dresde , Gand, Mulhouse, Pittsburgh, …

Voyageur infatigable, l’artiste se rend très régulièrement en Bretagne et en Normandie mais également à Bruges (1894), en Ecosse (1895), dans les Alpes (1904), en Italie (1912), …

En 1903, Maxime Maufra s'installe dans une petite ferme à Kerhostin et cofonde avec Frantz Jourdain le Salon d’Automne. Ce salon, qui se tient dans les sous-sols du Petit-Palais, s’inscrit en réaction à l’académisme régnant et rencontre un succès immédiat (l’année suivante, il prend place sous la verrière du Grand Palais).

Au début du XXème siècle, le talent de Maxime Maufra est reconnu. En 1904, l’Etat lui achète Les coteaux de Morgat (œuvre déposée au Musée de Toulouse) et, deux ans après, il est promu Chevalier de la Légion d'honneur. En 1916, Maxime Maufra est nommé officiellement peintre du Département de la Marine.

En 1918, Maxime Maufra meurt d’une crise cardiaque, au pied de son chevalet sur lequel figure une toile presque achevée, Le Moulin du Gué du Bray.


Aujourd’hui, les œuvres de Maxime Maufra ont la côte auprès des collectionneurs de paysages. Et, ses huiles sur toile sont particulièrement appréciées des acheteurs lors des ventes aux enchères :

-En 2010, Petite Houle, Dinan (1900) trouve preneur pour 22 844 euros à Paris

- En 2011, Le Vent (commandée, en 1899, par le Grand Hotel de la Mer à Morgat) est vendue aux enchères, à New York, 266 500 dollars (record pour l’artiste).

- En juin 2022, L'automne à Saint Jean du Doigt (1895) est adjugée 18 455 euros à Paris.