LE PHO

LE PHO

Le Pho (né en 1907 à Hà Dông et mort en 2001 à Paris) s’est imposé comme l’un des principaux maîtres de la peinture vietnamienne du XXème siècle grâce à ses portraits de femmes indochinoises.


Fils du vice-roi du Tonkin, Le Pho bénéficie d’une éducation mandarinale raffinée. Il étudie notamment la calligraphie et la peinture de lettrés. À 16 ans, il entre à l'école professionnelle d’Hanoï - alors capitale de l'Union indochinoise - et intègre, deux ans plus tard, la première promotion de l'École des beaux-arts d'Indochine. Il y reçoit une formation complète, portant tout à la fois sur les pratiques picturales occidentales (comme la peinture à l'huile) et les traditions artistiques asiatiques (la laque, la détrempe sur soie…). Il y lie également de fortes amitiés avec certains de ses camarades, notamment le peintre Mai Thu.


Son talent précoce est très vite remarqué par Victor Tardieu, le premier directeur de l’institution, qui le recrute comme assistant pour préparer l’Exposition coloniale de 1931. Il est chargé de la décoration du salon de la laque du pavillon d’Angkor et a l’opportunité d’exposer sur place, aux côtés de Le Van De, To Ngoc Van, Thang Tran Penh et Do Dun Thun. En 1932, il suit des cours à l'École des beaux-arts de Paris.


Lors de son premier voyage en Europe, Le Pho découvre Paris, mais également plusieurs pays dont l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique où il admire les œuvres des Primitifs et des maîtres de la Renaissance.


Ses premières peintures - réalisées à l’encre sur soie - représentent des femmes vietnamiennes de l’aristocratie, des enfants ou des natures mortes.travaillées en aplats. Les personnages sont généralement peints dans les mêmes tons que les fonds, ce qui procure une sensation d'irréalité et de nostalgie.


En 1933, Le Pho revient au Vietnam et se voit proposer un poste de professeur aux Beaux-arts d’Indochine. Il réalise les portraits de S.M. l'Impératrice d'Annam Nam Phuong et de S.M. Bao Dai ainsi qu’un panneau pour le palais impérial de Hué.


L’année suivante, Le Pho se rend en Chine ; Il visite plusieurs musées (dont le Musée National et le Musée du Palais) et se penche sur la porcelaine ainsi que les estampes.


En 1937, Le Pho s’installe définitivement à Paris. Il est nommé directeur artistique de la section Indochine de l’Exposition internationale. Il découvre les avant-gardes européennes, la peinture de Bonnard, Matisse,Raoul Dufy, etc.


Pendant la seconde guerre mondiale, Le Pho rencontre André Romanet - qui organise une exposition de ses œuvres dans sa galerie d'Alger - puis Pierre Bonnard et Henri Matisse. À leur contact, il modernise peu à peu son style. Sa palette s’éclaircit et il adopte de plus en plus la peinture à l’huile sur toile.


En 1963, Le Pho signe un contrat de quasi-exclusivité avec la galerie américaine Wally Findlay. L’artiste produit alors de grandes huiles sur toile, très colorées.


Le Pho cesse de peindre en 1990 suite à un accident de la route et meurt à Paris en 2001 à l’âge de 94 ans. Depuis 2005, la côte de ses œuvres connaît une belle hausse. Quelques unes dépassent le million d’euros lors de ventes aux enchères organisées en Chine, à Hong Kong et en France :


• En 2017, l’encre et gouache sur soie Family Life a été adjugée 1 022 322 euros à Hong Kong

• En 2020, une encre sur soie s’est envolée à 1 164 760 euros à Paris (frais compris)

• En 2021, une peinture sur soie, intitulée Jeune femme attachant son foulard,a été adjugée 1,1 millions de dollars à Hong Kong.