Judy Napangardi Watson

Judy Napangardi Watson

Judy est née dans le milieu des années 1930 à Yanungkanji (1925 selon d’autres sources). Elle a parcouru à pieds à maintes reprises les terres traditionnelles de sa famille, autour des sites de Mina Mina et de Yingipurlangu, situées entre le Désert de Gibson et le Désert du Tanami, incorporant les connaissances traditionnelles qu’elle transmet dans ses peintures.
Judy a commencé à peindre pour la coopérative de la communauté de Yuendumu en 1986.
Ses toiles se présentent comme une construction complexe et colorée.
Elle connaît parfaitement la puissance des forces telluriques mues par les Ancêtres, l’énergie physique des sites sacrés, imprégnés encore de la puissance de ses Ancêtres. Par la tonicité d’une touche alerte et souple, par l’intensité des tons, le rayonnement lumineux qui en jaillit, elle cherche à montrer ces forces. Mais le piège consisterait à en rester là. Il s’agit aussi d’art contemporain montrant une maîtrise rare de la peinture, un sens intuitif de la construction et de la couleur. Chez elle, il s’agit de condenser une multitude d’informations : l’environnement (végétation, eau, topographie), l’histoire d’un site, des Ancêtres qui en sont à l’origine, leurs actions, les réunions des initiés pour les cérémonies… Le visible et l’invisible prennent forme. Ces couleurs éclatantes exaltent un site sacré important, celui de Mina Mina. Bien qu’il soit aussi un carrefour pour les Rêves des hommes, ce sont essentiellement les femmes qui en sont les gardiennes. Et elles viennent de loin pour y célébrer des cérémonies, d’Utopia, de Lajamanu, de Balgo et, bien entendu, de la plus proche Yuendumu. Les gardiens de ce territoire, situé à l’ouest de Yuendumu, sont les femmes Napangardi et Napanangka et les hommes Japangardi et Japanangka. Au Temps du Rêve, la genèse selon les Aborigènes, un groupe de Femmes Âgées voyageait vers l’est tout en collectant de la nourriture et des lianes serpents et réalisait, ici et là, des cérémonies. Elles entamèrent leur voyage à Mina Mina où des bâtons à fouir émergèrent du sol. Les Femmes s’en saisirent pour leur voyage et créèrent de nombreux sites, aujourd’hui sacrés pour les initiés associés à ce Rêve. Les lianes serpents revêtent une grande importance pour les femmes Napangardi et Napanangka et sont utilisées aussi bien pour les cérémonies que dans la vie profane. Elles sont représentées par les formes de lignes se croisant à la manière d’une colonne d’ADN. Le choix d’une grande toile paraît judicieux tant les détails sont nombreux, mais Judy se montre tout aussi à l’aise dans les petits formats.

Collections : AA&CC, AAM, AGNSW, GDF, FU, MAGNT, NGA, NGV, SAM

Un trésor se cache peut-être chez vous...