Jean PROUVE

Jean PROUVE

Jean Prouvé (né en 1901 à Paris et mort en 1984 à Nancy) est une figure emblématique du modernisme du XXe siècle. Reconnu comme un architecte et un designer de premier plan, il a notamment marqué les esprits avec ses méthodes de production industrielle et sa maîtrise du travail du métal.

Fils du peintre et sculpteur Victor Prouvé et filleul du maître verrier Émile Gallé, deux des principaux protagonistes de l’Art Nouveau au sein de l’Ecole de Nancy, Jean Prouvé grandit dans un milieu progressiste qui fait la part belle à l’art industriel. Il entre en apprentissage, à l’âge de seize ans, chez le ferronnier d’art parisien Emile Robert et se distingue très vite par son talent. Il poursuit sa formation chez Raymond Subes puis chez Georges-Adalbert Szabo.

En 1924, Jean Prouvé fonde son propre atelier à Nancy. Il commence par exercer son art pour des architectes nancéiens - notamment pour Paul Charbonnier, Pierre Le Bourgeois et Jean Bourgon - puis collabore, à partir de 1926, avec Robert Mallet-Stevens.

En 1925 Jean Prouvé équipe son atelier d'un poste de soudure électrique pour travailler la tôle mince, met au point la technique du tube d’acier inoxydable aplati et produit les premiers meubles en tôle d’acier pliée.

En 1929, Jean Prouvé cofonde l'Union des artistes modernes (UAM) avec Charlotte Perriand, Charles Édouard Jeanneret (Le Corbusier), Pierre Jeanneret, les frères Jean et Joël Martel, Gustave Miklos et Robert Mallet-Stevens. Ces artistes mettent en avant un art véritablement social, qui fait la part belle aux technologies industrielles de l’époque et souhaitent abolir les barrières traditionnelles entre les disciplines.

Au début des années 1930, Jean Prouvé crée “Les Ateliers Jean Prouvé”, rue des Jardiniers. Il décide alors d’abandonner la ferronnerie et de se consacrer aux besoins des collectivités. Il imagine le mobilier de la résidence étudiante de la cité universitaire Monbois (1931), celui des Grands sanatoriums du plateau d'Assy, la chaise type « standard » de l’École des sciences politiques de Paris (1934), un pupitre scolaire à deux places pour l’École nationale professionnelle de Metz (1936), …

À partir de 1935, Jean Prouvé se lance dans l’architecture. Il collabore notamment avec les architectes Eugène Beaudoin et Marcel Lods sur deux projets innovants : l’aéroclub Roland-Garros à Buc et la Maison du Peuple de Clichy. Au début de la seconde guerre mondiale, il reçoit une importante commande de la part de l'état-major du génie militaire : 300 baraquements militaires facilement démontables (la commande est abandonnée au moment de la défaite française).

De la Libération jusqu’aux élections municipales de 1945, Jean Prouvé est maire de Nancy. À partir de 1947, il produit des maisons en série pour faire face aux importants besoins de logements dans les zones détruites par les bombardements, puis pour des pays africains (la maison « tropicale » pour le directeur de l’université de Niamey, deux maisons assemblées à Brazzaville…).

En 1947, Jean Prouvé lance la fabrique « Maxéville » où 200 employés produisent des maisons, des écoles préfabriquées ainsi que des meubles

En 1954, l’abbé Pierre lance son célèbre appel à la solidarité et contacte Jean Prouvé pour imaginer une habitation d’urgence, économique, industrialisable et facile à monter. Il réalise le prototype de la « Maison des Jours Meilleurs » (oui « Maison pour l’abbé Pierre »), qu’il présente sur le quai Alexandre-III. La maison est appréciée par le public et Le Corbusier mais ne reçoit pas l'agrément du Centre scientifique et technique du bâtiment au motif que la salle d’eau n’a pas de fenêtre ni d’aération distincte de celle de la cuisine.

Entre 1957 et 1970, Jean Prouvé occupe la chaire d’Arts appliqués du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Il prône l’intégration du bâti à l’environnement, expérimente de nouvelles matières… Il réalise plusieurs structures et bâtiments dont l’ossature vitrée de la façade du CNIT à La Défense (1956-59)), la façade de verre de l’aérogare d’Orly-Sud (1959), le Musée-Maison de la culture du Havre (1961) et Alpexpo à Grenoble (1968).

En 1966, Jean Prouvé ouvre un petit bureau d’études indépendant d’ingénierie-conseil. Il collabore notamment à la tour Nobel à Paris-La Défense (1969), au bâtiment V de l’UNESCO (1969, avec Bernard Zehrfuss), au siège du Parti communiste français à Paris (1971, avec Oscar Niemeyer), à la structure du Palais omnisports de Paris-Bercy (1981, avec Michel Andrault et Pierre Parat).

En 1971, Jean Prouvé est nommé président du jury international pour le concours du Centre national d’art et de culture (futur Centre Pompidou). Il défend le projet de Renzo Piano et de Richard Rogers.

De 1971 à 1977, il préside le Cercle d'études architecturales (CEA), désigné par beaucoup comme le contre-ordre des architectes.

Jean Prouvé meurt à 82 ans, en 1984, à Nancy .


Aujourd’hui, les œuvres de Jean Prouvé ont la côte auprès des collectionneurs. Certains exemplaires sont vendus plus d’un million d’euros en salle des ventes :

- En 2014, une "Table Trapèze" en métal datant de 1956, dite "Table Centrale",est adjugée pour un montant de 1 241 300 euros (frais compris) à un collectionneur privé nord-américain ;

- 1 table S.A.M. (produite pour le siège social d’Air France à Brazzaville, vers 1952) a trouvé preneur à 1 714 000 dollars lors d’une vente à New York en décembre 2021 ;

- 1 table de réfectoire a été vendue 988 000 dollars lors de la même vente ;

- 2 tables provenant du réfectoire de la Résidence universitaire Jean Zay à Antony ont été adjugées 3 844 000 € (frais compris) lors d’une vente à Paris en juin 2022.