Georges BRAQUE

Georges BRAQUE

Compagnon de Pablo Picasso dans l’aventure cubiste qui a marqué l’histoire de l’avant-garde au début du XXe siècle, Georges Braque (1882 – 1963) a poursuivi un chemin plus solitaire après la Première Guerre mondiale. Son œuvre est marquée par une certaine gravité, et surtout le retour à un imaginaire classique dans les années 1920. Braque était même considéré comme l’un des chefs de file du retour à l’ordre.

Né à Argenteuil, le jeune Braque passe son enfance au Havre. Son œuvre en tant qu’artiste suit dans un premier temps le sillage des fauves d’Henri Matisse et André Derain. Le fauvisme est un style artistement qui marque longuement son œuvre.

Dès 1906, ses recherches aboutissent à des compositions qui utilisent de légères interruptions dans les lignes, comme dans Nature morte aux pichets. Puis, il s'oriente, après 1908, vers une rupture de la vision classique, l'éclatement des volumes, une période communément appelée cubiste, qui dure de 1911 jusqu'en 1914. Il utilise alors des formes géométriques principalement pour des natures mortes, introduit les lettres au pochoir dans ses tableaux, invente des papiers collés. En véritable « penseur » du cubisme, il élabore des lois de la perspective et de la couleur.

Son art est qualifié d’analytique et d’hermétique, il est en effet très conceptuel : le sujet est décomposé en une multitude de facettes géométrisées. Il introduit des fragments empruntés au réel dans ses œuvres, à l’instar de bouts de papier journal. Il invente également les sculptures en papier en 1912, aujourd’hui toutes disparues.

Mobilisé pour la Grande Guerre où il est grièvement blessé, le peintre abandonne les formes géométriques pour des natures mortes où les objets sont dans des plans recomposés. Pendant la période suivante qui va jusqu'aux années 1930, il produit des paysages, des figures humaines et, malgré la diversité des sujets, son œuvre est d'une remarquable cohérence.

La Seconde Guerre mondiale lui a inspiré ses œuvres les plus graves : Le Chaudron et La Table de cuisine. La paix revenue et la fin de sa maladie lui ont inspiré les œuvres plus approfondies. Ses tableaux les plus connus sont aussi les plus poétiques : la série des Oiseaux. Il a aussi créé des sculptures, des vitraux, des dessins de bijoux, mais à partir de 1959, atteint d'un cancer, il ralentit son rythme de travail.

Deux ans avant sa mort, en 1961, une rétrospective de ses œuvres intitulée L'Atelier de Braque a lieu au musée du Louvre, Braque devient ainsi le premier peintre à être exposé dans ce lieu de son vivant. Homme discret, peu porté sur les relations publiques, Braque était un intellectuel féru de musique et de poésie, ami notamment d'Alberto Giacometti. Il s'est éteint le 31 août 1963 à Paris. Des obsèques nationales ont été organisées en son honneur, au cours desquelles André Malraux a prononcé un discours.