Eugène Louis BOUDIN

Eugène Louis BOUDIN

Eugène-Louis Boudin est un peintre français né à Honfleur le 12 juillet 1824. Il nait dans une famille travaillant dans le commerce maritime et très jeune il est placé comme mousse sur un bateau. Cette initiation à la vie de marin lui donneront goût aux paysages maritimes qu’il ne cessera de peindre tout au long de sa carrière. Employé en 1836 en tant que commis chez l’imprimeur havrais Joseph Morlent, il prend goût aux arts graphiques et décide d’ouvrir son propre commerce de papetier-encadreur avant de se mettre à dessiner.
Encouragé par des artistes comme Francois Millet et Thomas Couture, il s’inscrit en 1846 à l’Ecole municipale de dessin du Havre. Pour vivre, il peint scènes de genre, natures mortes et quelques portraits. Il obtient finalement une bourse d’études pendant trois ans, ce qui lui permet de se consacrer pleinement à son apprentissage.
En juin 1851, il s’inscrit à Paris dans l’atelier d’Eugène Isabey et au musée du Louvre en tant que copiste.
Voyageant souvent entre la capitale et les côtes normandes, son art s’oriente vers la représentation de marines. Bien qu’il soit entouré de personnalités de renom telles que Gustave Courbet ou Johan Jongking, son succès se fait bien tardif. Avec l’arrivée de la mode des bains de mer naissante dans la haute bourgeoisie et l’aristocratie parisienne dans les années 1860, Eugène Boudin saisit l’occasion de se frayer un chemin sur la scène artistique.
Il commence alors à faire des tableaux de petits formats, pris sur le vif où il dépeint les activités de ces gens venus se détendre à la mer. Si le public est peu réceptif au départ, la critique décèle chez lui un talent. Il est directement perçu comme le précurseur de l’impressionnisme.
Il peint alors les stations balnéaires normandes les plus fréquentées de l’époque mais aussi les ports et les marins qui y travaillent. Il peint des instants de vie sur les côtes dans une réalité pure. Son style se fait alors impressionniste bien qu’il n’appartienne pas réellement au mouvement.
Il portera un grand intérêt à sa ville natale, Honfleur, mais aussi à bien d’autres plages comme celles de Deauville et du Havre. S’il voyagera dans bien d’autres endroits, il retournera toujours en Normandie, et ce jusqu’à la fin de sa vie.
Autour de son travail sur la mer se dégage un point essentiel : l’étude du ciel. Il représente aussi bien des couchers de soleil éclatants qu’un ciel gris de bords de mer. Si Corot le surnommait le « roi des ciels », il affirme lui même son ambition : « C’était mon idéal faire des grands ciels… mais le peintre propose et le ciel s’y oppose. ».
Dans la plupart de ses réalisations, le ciel occupe les deux tiers supérieurs du tableau laissant le tiers inférieur pour la mer et ses personnages. Il précède alors Claude Monet dans le travail de séries reprenant un même paysage à des moments différents dans le temps, le but étant de restituer les variations lumineuses et ainsi de
montrer que l’espace n’est pas figé. Sa palette reste souvent sobre, il emploie des tons dans les nuances de gris, de bleu et d’ocre couleurs phares des paysages maritimes. Dans les années 1890 il fait un pas vers la non figuration, il dissout les formes et commence à suggérer du mouvement à travers ses touches de peinture.
Son amour pour la mer le suivra jusqu’au bout, à l’approche de sa mort, il demande à être transporté à Deauville où il rendra son dernier souffle.

Un trésor se cache peut-être chez vous...