Camille PISSARRO

Camille PISSARRO

Camille Pissarro est né d'un père juif français d'origine portugaise émigré dans une colonie danoise des Antilles, commerçant en quincaillerie, et d'une mère créole des Antilles danoises. Très jeune, il dessine à la campagne et visite les musées parisiens. En 1855 son père finit par céder à sa volonté de devenir peintre et l'envoie suivre une formation plus sérieuse, à Paris.

Pissarro n'y suivra pas de formation régulière, mais se contentera de travailler occasionnellement à l’Académie Suisse. Cet atelier parisien prestigieux créé en 1815, successivement dirigé par David, Gros, Delaroche, et sous la direction du peintre suisse Charles Gleyre depuis 1844, ne dispensait pas de cours, mais permettait aux jeunes peintres d'étudier le nu, le prix d'un modèle étant trop élevé pour un seul artiste. C'est là qu'il fera la connaissance de Monet en 1859, de Guillaumin et de Cézanne en 1861.

A cette époque, il peint dans les environs de Paris, les bords de la Seine, de l'Oise et de la Marne. En 1859, il envoie sa première œuvre au Salon et y fut admis à exposer. En 1860, il rencontre Julie Vellay avec qui il aura huit enfants.

Pissarro se sert des modulations de couleur pour suggérer la profondeur spatiale tout en gardant une grande rigueur dans la composition. Ces qualités que l'on retrouve chez son élève Cézanne font de Pissarro un peintre encore plus considéré aujourd'hui qu'il ne le fut par le passé.

Au cours de la guerre de 1870, Pissarro, de nationalité danoise, réfugiera à Londres auprès de Monet. Il laissera derrière lui tous ses tableaux à Louveciennes, ainsi que ceux que Monet lui avait laissés en dépôt. Ceux-ci seront pour la plupart détruits par les Prussiens. Sur les bords de la Tamise, Pissarro découvrira le travail de John Constable, Joseph M.W. Turner et de Richard Bonington.

1874 fut l'année de la première exposition impressionniste. Pissarro, doyen des Impressionnistes, participera aux huit expositions du groupe. Vers la fin 1882, Camille quittait Pontoise pour s'établir à Osny. De cette époque, son œuvre évolue, aux simples paysages s'ajoutent désormais des scènes de rue, de marché avec de nombreux personnages, d'intérieurs avec des paysans. Le peintre paysagiste devenait également peintre de figures. Sa palette évolue vers plus de contraste dans les couleurs et des touches de plus en plus petites. Le tissage de la surface picturale est composé de particules de pigments d'égale valeur.

Vers le milieu des années 1880, il rencontre Seurat et est impressionné par ce qui pendra plus tard le nom de néo-impressionnisme, et la technique divisionniste, sans pour autant adhérer totalement à l'approche systématique et scientifique de ce dernier ou de Signac. Il adoptera un moment les petites tâches irrégulières du pointillisme, et exposera même en 1886, avec Seurat et Signac. Jusqu'en 1890, il signera des tableaux divisionnistes sur des motifs de paysages cultivés, de vues fluviales ou de scènes paisibles du travail paysan, préférant toutefois des petits traits aux points rigoureux de Seurat.

Dans ses œuvres tardives, Pissarro va accorder de l’intérêt aux vues métropolitaines. Il peint des perspectives dynamiques de boulevards, de places, de fleuves et de ponts. Comme Monet, il peint des variantes et répétitions pour fixer les différences de lumière. Il faut voir dans cette nouvelle évolution, due en partie à sa maladie des yeux, un désir de satisfaire ses nombreux acheteurs.

Le marchand Durand-Ruel, qui contribuera au succès de Pissarro en France et en Amérique, lui consacrera une exposition monographique.