Bernard BUFFET

Bernard BUFFET

Peintre français, Bernard Buffet naît à Paris le 10 juillet 1928 et décède le 4 octobre 1999 à Tourtour. Devenu orphelin jeune, ce traumatisme marquera sa vie et son oeuvre. À l’âge de quinze ans il intègre l’Ecole des Beaux-Arts comme élève titulaire, il quitte l’établissement en 1943 et décide de poursuivre son enseignement en tant qu’autodidacte. Considéré rapidement comme un avant-gardiste prodigieux, le peintre Aujame l‘introduit auprès de collectionneurs. Sa montée dans le milieu de l’art est fulgurante. Il remporte de nombreux prix dont celui de la Critique à seulement vingt ans et sera désigné en 1955 comme le « meilleur peintre français » de l’après-guerre lors d’un referendum organisé par la revue Connaissance des Arts. Estimé comme la figure majeure du misérabilisme qui traduit l’atrocité de la Seconde Guerre Mondiale, Buffet exposera rapidement dans les plus grands musées du monde. Un musée complet lui sera même consacré en 1973 à Higashino au Japon, pays où il est particulièrement apprécié.

Sa personnalité marquée par la violence de sa vie ressortira dès 1947, il peint ses personnages anguleux en mouvance dans des tableaux emplis d’horreur et de misère. Il s’inscrit alors dans le courant expressionniste misérabiliste de Georges Rouault et Francis Gruber, courant faisant consister la valeur de la représentation dans l’intensité de l’expression.
En 1948 le marchand d’art Emmanuel David lui propose d’intégrer sa galerie en contrat d’exclusivité, ce qui permet à Bernard Buffet d’entrer dans une carrière de renommée internationale. Dès l’année suivante, des expositions annuelles portées exclusivement sur son travail prendront place dans la Galerie David et Garnier pour finalement devenir l’exclusivité de la Galerie Maurice Garnier en 1968.

Entre 1952 et 2000, Il expose chaque février sur de nouveaux sujets. Artiste polyvalent, il illustrera de nombreux ouvrages qui donneront lieu à des dessins et estampes parmi lesquels figurent les Chants de Maldoror de Lautréamont en 1952. Il réalisera également des décors pour le Concours des Jeunes Compagnies (1948) ; Carmen de Georges Bizet pour l’Opéra de Marseille (1962) et bien d’autres. Vers la fin des années 1970 il recevra des commandes de maquette de timbres par l’Administration des Postes. Il réalise environ 8000 oeuvres qu’on lui attribue pour lesquelles il utilise diverses techniques, on compte parmi elles des toiles, des dessins, des aquarelles, des estampes mais aussi des lithographies.
Il travaille en étroite collaboration avec la Maison Mourlot pour la réalisation de nombreuses lithographies, un atelier célèbre fréquenté par des artistes tels que Henri Matisse ou encore Pablo Picasso.

Son style s’articule autour de réseaux de lignes droites et sèches qui rendent des figures systématiquement allongées, longilignes. Pour lui, « La peinture on n’en parle pas, on ne l’analyse pas, on la sent ».
La palette chromatique est d’abord constituée de couleurs sombres, d’ocre, de gris et de noir avant de voir une explosion de couleurs plus vives et ainsi un élargissement de la palette suite à sa rencontre avec Annabel Schwob en 1958 qui deviendra sa femme et sa muse.

En 1974, Bernard Buffet est élu membre de l’Académie des beaux-arts. En 1993 il est promu au rang d’Officier de la Légion d’Honneur ainsi qu’officier des Arts et des Lettres. Cela marque son passage d’avant-gardiste critiqué pendant une certaine époque à un artiste reconnu officiellement pour son talent. Il dédia sa vie à son art ignorant les critiques. Frappé par la maladie de Parkinson, il est contraint d’arrêter la peinture, privé de sa liberté, il met fin à ses jours le 4 octobre 1999 dans sa maison de Tourtour.