Aristide MAILLOL

Aristide MAILLOL

Aristide Maillol commence sa carrière d’artiste avec la peinture et s'intéresse très tôt aux arts décoratifs : céramique et tapisserie, avant de se consacrer à la sculpture. Il fut l'un des sculpteurs les plus célèbres de son temps. Son œuvre, silencieuse, fondée sur des formes pleines, élaborées à partir de l'étude du nu féminin et simplifiées jusqu'à l'épure, représente une véritable révolution artistique, anticipant l'abstraction. Sa création a marqué le tournant entre le XIXème et le XXième siècle, inspiré nombre de grands artistes, dont Henry Moore, Arp ou Laurens et trouvé une résonance chez Picasso, Brancusi et Matisse. L'œuvre de Maillol a suscité les éloges de grands écrivains, tels Octave Mirbeau et André Gide.

Arrivé à Paris en 1882, il s'inscrit à l'école nationale des Beaux-Arts, où il suit le cours de dessin de Jean-Léon Gérôme. Mal reçu, il passe dans le cours de dessin de nu d’Adolphe Yvon, où il fait la rencontre d’Achille Laugé et d’Antoine Bourdelle. Lorsqu'il découvre les tapisseries de La Dame à la licorne au musée de Cluny, il ouvre un atelier de tissage dans son village natal, y rencontre Clotilde Narcis, dont il aura un fils, Lucien (1896-1972)9. Clotilde sera sa compagne et son premier modèle en sculpture. Sa peinture est influencée par ses contemporains, il admire Pierre Puvis de Chavannes, rejoint le groupe des Nabis, où il côtoie Bonnard, Vuillard et Maurice Denis, et sa rencontre avec Paul Gauguin, en 1892, est décisive.

L’année 1900 est un tournant dans l’œuvre de Maillol, qui invente un véritable répertoire de formes, préfigurant son œuvre à venir. Ses premières sculptures évoquent la statuaire grecque archaïque. La perfection des formes impressionne Rodin et Mirbeau. Son exposition en 1905, au Salon d’automne, parmi les peintres fauves fut un triomphe. Son œuvre n'est plus la traduction d'une pensée littéraire ou mythologique, elle ne vise plus une lecture ou un sens préétabli. Le destin de la sculpture va désormais s'orienter vers la forme pure dégagée de tout souci ou contenu.

Par sa vision synthétique, axée sur l’arrangement des masses et la rupture radicale avec l’art descriptif du XIX e siècle, Maillol, dans son domaine, a ouvert la voie vers l’abstraction, comme Cézanne en peinture. D’emblée, Maillol pense à une sculpture de l’immobile et atteint une perfection des proportions, tant pour les statues de petit format que pour celles aux dimensions monumentales.

Le comte Harry Kessler, un collectionneur allemand, sera son mécène durant toute sa carrière. Dès 1905, Maillol reçoit des commandes privées et publiques. Après deux rétrospectives en 1933, à New York et à Bâle, Maillol voit la consécration de son œuvre lors de l’exposition universelle de 1937 à Paris par la place qu’occupent ses sculptures dans le tout nouveau Musée national d’art moderne au palais de Tokyo.