Amadeo MODIGLIANI

Amadeo MODIGLIANI

Amedeo Modigliani est l’un des plus célèbres artistes maudits de la bohème parisienne des années 1910. Et sa légende n’a d’égale que la rareté de son œuvre. Portraitiste étonnant, sculpteur à ses heures, ami de Picasso comme d’Apollinaire, il a laissé une œuvre mystérieuse qui a révolutionné l’iconographie de la femme. Régulièrement, ses toiles (particulièrement les nus) atteignent des records aux enchères. Modigliani, qui a vécu dans la pauvreté, est aujourd’hui l’un des artistes les plus chers du monde.

Né en Toscane dans une famille juive séfarade, le jeune Amedeo est un enfant chétif, successivement atteint d’une typhoïde et d’une pleurésie, à l’origine d’une tuberculose qui ne le quittera jamais. En 1906, le jeune homme arrive à Paris après avoir suivi des études artistiques en Italie.

En 1909, il rencontre Brancusi après avoir fait la connaissance du marchand Paul Guillaume, qui devient son soutien. Modigliani s’installe à Montparnasse, deuxième centre de l’avant-garde parisienne, et découvre l’art africain. Il se consacre à la sculpture sur pierre en s’inspirant de modèles primitifs, à l’instar de Brancusi. Mais sa tuberculose le détourne de la sculpture au profit de la peinture.

Surfaces bien délimitées, visages et corps aux formes étirées, aux traits accusés, aux yeux souvent vides ou asymétriques : Modigliani a inventé son style pictural, linéaire et curviligne, voué à inscrire dans l'intemporel la figure humaine qui le fascine. L’importance que le peintre accorde à la ligne le distingue en tout cas de la majorité de ses contemporains.

Les critiques se rallient pour dire que les tourments de Modigliani, souvent mis en avant, n'ont pas obéré son travail ni son élan vers une pureté idéale. Bien au contraire, son art de plus en plus accompli a évolué à l'inverse de son existence. C’est son expérience de la sculpture qui lui a permis de mettre au point ses moyens d’expression en peinture. Se centrer résolument sur la représentation de la figure humaine « devait l'amener à développer sa vision poétique mais aussi l'éloigner de ses contemporains et lui valoir [sa] réputation de grand solitaire ».

Modigliani aime à portraiturer ses amis, tous membres de l’avant-garde parisienne : Diego Rivera, Juan Gris, Moïse Kisling, Pablo Picasso…. Ses portraits offrent un reflet fidèle de l’internationalisme de l’école de Paris dans les années 1910.