Alfons MUCHA dit(e) Alphonse MUCHA

Alfons MUCHA dit(e) Alphonse MUCHA

Alfons-Maria Mucha naît le 24 juillet 1860 à Ivančice, dans le Sud de la Moravie alors province de l’Empire Austro-Hongrois. Son rapport à l’Art passe d’abord par la musique car le jeune Alfons-Maria intègre une chorale à Brno, ce qui sera l’occasion pour lui de se prendre d’affection pour les fresques religieuses qu’il redessine à l’envie. Mucha embrasse cependant d’abord la profession de greffier … qu’il décide d’abandonner en 1875 pour se consacrer à l’Art.
Ses débuts sont cependant difficiles car il est refusé par l'Académie des Beaux-Arts de Prague.

Il déménage alors à Vienne en 1880, à l’âge de 19 ans, et entre comme apprenti peintre de décors dans les théâtres locaux. Son talent est remarqué par le Comte Khuen-Belassi, qui l’engage pendant 3 ans pour décorer les murs de son château d’Emmahof ainsi que ceux du manoir de son frère à Bolzano. Ce mécène financera également les études de Mucha à l’Académie des Arts de Munich et l’encouragera à rejoindre Paris en 1887, où le jeune artiste s’inscrit à l’Académie Julian puis à l'Académie Colarossi.
Devenu parisien, Mucha arpente la ville, dessinant inlassablement des détails de son architecture et des scènes de vie de la capitale. Il fréquente Bonnard et Sérusier, se pénétrant avec ce dernier du Symbolisme qu’il admire également chez Puvis de Chavannes ou les Préraphaélites anglais. Attiré par l’ésotérisme et soucieux d’humanisme, Mucha est également un homme moderne, qui pratique la photographie et s’attache à Rodin et Gauguin.

En 1889, Mucha est embauché comme illustrateur par la maison d’édition Armand Colin.
Ses qualités d'illustrateur continuent à s’y affirmer jusqu’à la rencontre, décisive, de l’artiste avec la tragédienne iconique Sarah Bernhardt, pour qui il dessine l’affiche de Gismonda en 1894. Enthousiasmé par le travail de Mucha, Sarah Bernhardt signe avec lui un contrat de 6 ans lui confiant la création de ses affiches mais aussi de ses décors et costumes de scène.
Affiché sur tous les murs de Paris, Mucha détrône Toulouse-Lautrec et Jules-Chéret comme maître de l’affiche et devient célèbre. L’artiste est demandé par tous et sera à l’origine d’une œuvre pléthorique et aussi diverses que des affiches pour les biscuits Lefèvre-Utile, les champagnes Ruinart, le papier à cigarettes Job ou les Bières de la Meuse ainsi que des couvertures pour la revue artistique et littéraire La Plume. On retrouve également son art sur des calendriers ou sur les menus de grands restaurants. Le style de Much est immédiatement reconnaissable et participe des canons de l’Art Nouveau avec des femmes toutes en courbes et aux cheveux en volutes mêlées de fleurs, de fruits, et d’emprunts aux esthétiques Byzantine, Slave (et notamment Tchèque) ou Japonaise.

En 1898, Mucha débute une collaboration avec le bijoutier Georges Fouquet, dessinant pour lui d’incroyables parures dont certaines iront à sa bienfaitrice Sarah Bernhardt comme le célèbre bracelet-serpent qu’il lui créé pour son rôle de Médée. L’artiste sera aussi à l’origine de la décoration de la boutique de Fouquet, véritable parangon de l’Art Nouveau qui s’impose alors et dont Mucha étend le vocabulaire esthétique sur le mobilier, les sols, les sculptures ou ses vitres.

A l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, Mucha se voit confier par le Gouvernement Autrichien la décoration du pavillon de la Bosnie Herzégovine. L’artiste en fera un manifeste patriotique vibrant pour la défense des aspirations Slaves et, tandis qu’il voyage dans les Balkans pour documenter sa réalisation, décidera de consacrer le reste de son œuvre à sa Nation.
C’est "l’ Épopée Slave", un cycle de vint toiles monumentales qui occuper les 30 dernières années de sa vie. Après plusieurs voyages aux Etats-Unis pour y vendre des œuvres et enseigner, Mucha rencontre en 1910 le mécène de son projet : Charles Crane. Il rentre alors définitivement à Prague et débute la décoration de l’Obecní Dům (Maison Municipale) pour laquelle il conjugue mobilier Art Nouveau et peintures murales célébrant l’héroïsme Tchèque. Achevé en 1926, ce décor monumental qui exalte dans un même souffle le peuple Slave et ses figures historiques impose Mucha comme un grand patriote. Par la suite, l’artiste sera chargé de dessiner les premiers billets et timbres de la nouvelle République Tchèque.

Son engagement et sa ferveur dans l’émancipation des peuples verra malheureusement Mucha arrêté par la Gestapo dès l’entrée des troupes allemandes à Prague en 1939. Brisé par son incarcération, dont il est libéré pour cause de santé fragile, l’artiste meurt quelques mois plus tard des suites d’une pneumonie, le 14 juillet 1939, à l'âge de 78 ans.
Virtuose de l’illustration et de la peinture monumentale, patriote tchèque et artiste célébré par le Paris de la Belle Epoque, Alfons Mucha aura vécu mille vies au cours desquelles il s’est imposé comme une figure iconique de l’Art Nouveau.

Un trésor se cache peut-être chez vous...