Albert CHEURET

Albert CHEURET

A l’heure d’aborder la vie d’Albert Cheuret, on ne peut qu’être surpris du peu d’informations connues sur un artiste qui fait pourtant figure, par son œuvre, de parangon de l’Art Déco.

Né en 1884 à Paris, il semble avoir été formé à la sculpture (sans doute aux Beaux-Arts de Paris) par le sculpteur Jacques Perrin et le graveur Georges Lemaire. Cheuret aurait ensuite établit son propre atelier, avant d’exposer dès 1907 au Salon des Artistes Français. Lauréat du premier prix du Concours de Sculpture ornementale organisé par la Réunion des fabricants de bronze en 1908, Cheuret accède à une certaine célébrité et reçoit notamment plusieurs commandes pour des monuments publics.

Si les raisons du passage de l’artiste vers la création de mobilier sont inconnues, c’est pour ce pan de sa création que Cheuret est connu aujourd’hui. L’artiste est en effet le père d’un étonnant bestiaire fonctionnel, où des serpents soutiennent des consoles et où différentes espèces d’oiseaux se changent en délicates lampes aux réflecteurs d’albâtre. C’est ainsi que sa plus célèbre réalisation est une applique "Argus" en forme d’Oiseau du Paradis. La Nature en générale irrigue les créations de Cheuret qui décline également la flore sur ses créations comme ses célèbres lampes "Tulipes" ou "Palmier".

La manière qu’a Cheuret de représenter ses animaux et ses plantes est particulièrement stylisée et géométrisée, très Art Déco. Une tendance qu’il pousse jusqu’à l’abstraction sur d’autres réalisation comme des vases aux décors évoquant quelque œuf de dragon ou écorce mystérieuse. La découverte de la sépulture de Toutankhamon et l’égyptomanie des Années 20-30 un autre élément d’inspiration d’où provient, sans doute, sa célèbre pendule de bronze dites "Egyptienne".

Luxueux et d’une rare délicatesse, cette manière de Cheuret lui apportera notamment le succès lors de l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925 où, sur le Stand 33 installé sur le Pont Alexandre III, il expose appliques murales, miroirs, pendules, plafonniers ou consoles.

On n’en sait guère plus d’Albert Cheuret, virtuose discret du contraste entre la blancheur de la pierre et les nuances du métal, entre l’utilitaire du mobilier contemporain et l’évocation d’une Nature qu’il géométrise avec bonheur. A défaut d’éléments biographiques ou documentaires pléthoriques sur l’artiste, on aura recours ici à l’idée que : "c'est une erreur que de vouloir chercher le sens de l'œuvre d'un artiste hors de son monde à lui". Et le monde de Cheuret est celui de l’Art Déco, de la modernité et du luxe fastueux des années 20-30 qu’il a contribué à faire passer à la postérité.