Le manuscrit Albanel, réalisé vers 1490-1500, a été préempté pour le Département du Var et adjugé 27 000 € marteau. Il rejoindra les collections du futur Musée d’Histoire Médiévale de Provence au Couvent royal de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, affirmant ainsi la volonté de préserver sur le territoire un témoin majeur du patrimoine médiéval provençal.
Une acquisition patrimoniale stratégique
Le Département du Var a exercé son droit de préemption afin d’acquérir ce remarquable Livre d’heures enluminé de la fin du XVe siècle. Réalisé à l’usage de Rome vers 1490-1500, ce manuscrit sur parchemin, rédigé en latin avec des ajouts en occitan datés de 1514, constitue un témoignage précieux de la production manuscrite à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance.
Orné de 17 grandes miniatures, 24 miniatures pour le calendrier, 2 miniatures intermédiaires et 3 marginales, il déploie un décor foisonnant mêlant fonds dorés, rinceaux floraux et figures hybrides. Sa réalisation par plusieurs artistes aux influences lyonnaises, berruyères et parisiennes illustre la richesse des échanges artistiques de la période. Le premier peintre, proche du Maître de Monypenny, se distingue par la finesse de son trait et l’élégance de ses compositions.

Un manuscrit au cœur de l’histoire provençale
Probablement commandé par Marc Albanel, Maître des Requêtes du roi René d’Anjou, pour sa fille Marquise Albanel, qui en revendique la possession en 1514, le manuscrit s’inscrit dans l’histoire d’une famille marseillaise influente.
Le calendrier fut adapté à l’usage liturgique de Marseille, attestant de son ancrage territorial. Mentionné dès le début du XVIIe siècle, puis conservé au XIXe siècle dans une collection du sud de la France, l’ouvrage bénéficie d’une provenance continue particulièrement rare pour ce type de pièce.

Une pièce phare pour le Couvent royal de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
Le manuscrit rejoindra les collections du futur Musée d’Histoire Médiévale de Provence, installé au Couvent royal de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et porté par le Département du Var.
Cette acquisition s’inscrit dans une politique ambitieuse de sauvegarde et de valorisation du patrimoine écrit provençal. Elle permettra de présenter au public un exemple emblématique de l’enluminure de la fin du XVe siècle, étroitement lié à l’histoire religieuse, administrative et artistique de la région.