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Reconnaître et faire estimer un jade chinois

Jade chinois : comment le reconnaître et le faire estimer ?

Vous pensez posséder chez vous un jade chinois et vous souhaitez faire expertiser cet objet ? Cette pierre fine appartient à une riche et longue histoire de la culture chinoise, où se mêlent croyances et développements esthétiques. Quelle fascination se cache derrière cet objet sculpté ? Comment le reconnaître et le faire estimer ? La maison aux enchères Millon s’intéresse plus en détail au jade chinois. 


Qu’est-ce qu’un jade chinois ?


Un objet taillé dans la pierre de jade
Le jade est un minéral qui comprend deux variétés : la néphrite et la jadéite. Présent dans le monde entier, le jade a particulièrement été exploité en Chine depuis l’époque du Néolithique (6200 - 1500 av. J.-C.), grâce à la présence de plusieurs gisements importants de néphrite sur son territoire. La jadéite, plus rare, a été travaillée dans cette région de l’Asie seulement à partir du XVIIIe siècle, grâce à des importations depuis la Birmanie.

Le jade est une roche particulièrement appréciée pour sa dureté (ou plutôt sa ténacité), qui lui permet d’être résistante au cours de son ciselage et de son polissage. Elle est également célébrée pour ses variations de couleurs, ainsi que ses jeux de transparence et d’opacité, qui se révèlent grâce au travail minutieux de l’artisan sculpteur.                                         
Une roche source de nombreuses croyances 
À l’instar de la céramique, le jade est considéré comme un don de la nature à la population chinoise. Elle est ainsi l’objet de nombreuses croyances. 

C’est en premier lieu une pierre associée au pouvoir. D’ailleurs, et durant plusieurs siècles, l’idéogramme chinois yu, qui désigne le jade, a été similaire au caractère wang, qui signifie “roi”. Le jade est donc directement rattaché au prestige du souverain.  
C’est ainsi qu’elle est devenue un médium privilégié pour les rituels impériaux. Elle incarne même la figure de l’empereur (aussi appelé “fils du ciel”) lorsqu’elle est taillée en objet cérémoniel.

Cette pierre gemme est, en outre, un marqueur de prestige social prisé par l’élite, dans une société où le rang se révèle au travers des vêtements et de l’accessoirisation de la parure. Sous la dynastie Ming (1368 - 1644), l’attachement du jade à la figure du souverain atteint son apogée. Devenue pierre impériale officielle, elle ne peut alors être exclusivement portée que par la famille du souverain et les élites de 1er rang. 

La civilisation chinoise confère également à la pierre de jade des propriétés spirituelles et magiques. À l’instar du souverain auquel elle est rattachée, cette pierre incarne le lien entre le ciel et la terre, et donc entre le monde des morts et celui des vivants. 
Sculpté sous la forme d’amulette, le jade éloigne le mal de celui qui la porte. Disposé sur le corps des défunts lors des rituels mortuaires, il protège le corps de la putréfaction. 

Les jades chinois sont ainsi des objets rattachés à de nombreuses conceptions qui mêlent symbolisme et spiritualité. 

Une fascination qui dépasse les frontières de la Chine

Le jade n’est pas une pierre précieuse, à l’instar du diamant ou de l’émeraude. Néanmoins, cette pierre a exercé un pouvoir fascinant pour le peuple chinois, et il a suscité un attrait particulier à l’étranger, notamment à partir du XIXe siècle. 

À partir de cette époque, les jades ont connu un engouement en Europe avec le développement de l’attirance pour les chinoiseries, au même titre que les porcelaines impériales et les laques de Chine. Ces objets ont été notamment collectionnés en nombre par l’impératrice Eugénie (1826 - 1920) dans son Musée chinois. 
Le jade est aussi prisé par les grands joailliers parisiens, dont la maison Cartier qui la met en scène dans ses bijoux, flacons de parfum ou autres étuis à cigarettes.

Cette fascination pour les jades chinois se perpétue encore de nos jours, telle que le révèle l’exposition que lui a consacrée le Musée Guimet en 2017, “Jades : des empereurs à l’art déco”, avec des œuvres issues des collections du Musée national du Palais de Taipei.  


Comment reconnaître cette pierre gemme typique de la culture chinoise ?


Des caractéristiques esthétiques spécifiques au jade
Bien que le vert émeraude soit certainement la couleur à laquelle on rattache le plus souvent le jade, les objets sculptés dans cette pierre peuvent être de couleurs variables : 
•    Les sculptures en néphrite (une variété de trémolite) peuvent être d’un vert soutenu (dit alors “épinard”), intense (“émeraude”) ou bien plutôt violettes (“hexagonite”). 
•    Les pièces en jadéite sont violettes, oranges, rouges, ou bien noires. 

Des tâches ou des veines peuvent apparaître, pour le plus grand plaisir des tailleurs qui s’en servent pour mettre en exergue une couleur ou révéler certains éléments majeurs de leurs pièces. 
Une variation de couleurs peut aussi être relevée, notamment lorsque la pierre a été soumise à une modification. C’est une pratique qui était notamment utilisée pour imiter des jades antiques. Parmi les procédés plébiscités, il est possible de citer l’effet  “peau grillée” (kaopizi), qui permet d’obtenir une coloration oscillant entre le brun et le jaune. 

En plus de sa couleur, le jade se caractérise par une transparence variable. Selon les pierres, elle peut être translucide à opaque, et parfois semi-transparente sur de fines sections. Elle dispose également d’un éclat vitreux, résineux, voire gras.  

Les artisans se sont justement servis des subtilités de la pierre pour composer ensuite leur création.


Une pierre taillée pour de multiples usages :

La pierre de jade a été utilisée pour façonner des objets de natures variées, dont il serait impossible de lister toutes les déclinaisons. 

Au début du Néolithique, le jade est employé dans la partie orientale de l’actuelle Chine pour fabriquer des armes, car la métallurgie n’est alors pas encore maîtrisée. De par sa grande résistance, cette pierre sert à fabriquer des outils du quotidien, comme des haches ou des burins. À partir du XVIIe siècle av. J.-C, les armes taillées dans ce minéral deviennent plutôt symboliques. 

C’est à partir de la culture de Hongshan (v. 4500-3000 av. Jc.-C.) que le jade est privilégié par les élites. Il devient une pierre d’ornement pour les bijoux ou les pièces d’habillement. Il prend la forme de perles ou de plaques, qui représentent alors majoritairement des formes géométriques, et beaucoup plus rarement des animaux tels que des poissons, des oiseaux ou des cigales. L’accessoire le plus prestigieux demeure la ceinture de jade, qui révèle le rang social de son porteur. 

De par son prestige associé à la figure du souverain, le jade a permis de tailler des objets rituels de première importance. C’est dans cette matière que sont notamment fabriqués les sceptres (zhang), les tablettes gui et les sceaux impériaux.
Sous la forme de plaques, elle reçoit aussi l’écriture de textes sollennels calligaphiés en or.  

 

Sceptre en jade blanc - Période Jiaqing (1796-1820) - Adjugé 1 200 000 €

 

Les propriétés magiques de cette pierre gemme expliquent également la présence de nombreuses amulettes et statuettes de jade dans les tombes. Durant la culture de Liangzhu (3200 - 2200 av. J.-C.) se sont développés les cylindres (cong), perforés en leur centre, et des disques percés(bi), parfois composés de quatre sections (huang), que l’on retrouve dans les tombes les plus aisées. Par la suite, des pierres de jade sont également cousues dans le linceul qui recouvre les morts, notamment pour former un masque sur leur visage, le tout pour protéger leur corps de la putréfaction. 

Une attention portée aux décors naturels et animaliers:


Le décor des jades chinois marque l’attachement de la culture pour les motifs naturels et animaliers. 
On distingue ainsi :
•    De nombreux animaux, réels ou imaginaires.
•    Des éléments de lieux naturels, tels que des scènes paysagères figurant des montagnes et de l’eau, ou bien encore des rochers.                  
•    Des végétaux (notamment sous l’influence des lettrés et du taoïsme), dont le bambou, le prunus et le pin.  

                                                                                                                                      
Comment faire estimer un jade chinois ?


Pourquoi faire expertiser cette pierre gemme sculptée  ?
Si vous comptez revendre un jade chinois, il est impératif de faire estimer votre bien auprès d’un expert en art asiatique. En effet, de par l’importance de la production de jades en Chine, il est difficile d’estimer la valeur de son œuvre sculptée quand on ne connaît pas précisément le marché de l’art. 
Cette expertise est également nécessaire pour détecter toute imitation, réalisée notamment en antigorite. Elle est enfin obligatoire si vous désirez soumettre votre bien aux enchères. 
Comment un expert procède-t-il pour analyser une telle œuvre sculptée ? 
L’estimation de l’expert mêle analyse stylistique et minéralogique. 

Pour donner une tranche de prix, le spécialiste se fonde notamment sur : 
•    La couleur et la densité de la pierre. 
•    Son style et son décor. 
•    La technique de taille utilisée. 
•    L'habileté de l’artisan. 

Ces points de contrôle s’adaptent bien évidemment selon la nature de l’objet. 

Le jade est ainsi une pierre profondément enracinée dans la culture chinoise. Exploitée depuis la Préhistoire, elle se rattache à de nombreuses croyances, telles qu’en témoignent les multiples déclinaisons d’objets taillés dans cette pierre fine. 


Si vous désirez vendre votre jade chinois, la maison aux enchères Millon vous fournit une expertise gratuite et rapide. Venez remplir une demande d’estimation en ligne pour recevoir une estimation de votre jade chinois sous 48 h. Vous pouvez également rencontrer l’un de nos experts dans nos centres présents en France, en Espagne, en Allemagne et en Belgique, ou demander un inventaire à domicile de votre collection.