Jarre à eau almohade en céramique à décor...

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Jarre à eau almohade en céramique à décor...

Jarre à eau almohade
en céramique à décor estampé, à impressionnant corps balustre s'élevant d'un pied à talon étroit, avec un col tubulaire évasé, épaulée de deux ailes verticales, le corps marqué de registres horizontaux, de palmettes stylisées et de compositions géométriques. La panse est tapissée de multiples frises, la principale à décor de mihrabs stylisés, d'autres de polygones étoilés, ou de pseudo-inscriptions. Traces de glaçure monochrome ancienne. Accidents et restaurations.
Espagne ou Maroc, 12e - 14e siècle
H. 68 cm

An important and large almohad Water Jar, Spain, 12th-14th century

Provenance :
Collection française de M. L., acquis vers..

Un certificat de thermoluminescence du laboratoire QED confirmant la datation, sera remis à l'acquéreur.

Cette jarre, par sa forme et sa technique inspirée de productions andalouses, témoigne du brassage continu des cultures ifriqiyennes et espagnoles. Elle fait partie des plus grands exemples de céramique émaillée jamais produits dans le monde islamique et appartient à la fascinante tradition céramique originaire d’Almohad, en Espagne, qui a finalement abouti aux célèbres vases «Alhambra» des XIVe et Xve siècles, réalisés en Andalousie dans les ateliers de Malaga aux XIIIe et XIVe siècles.

Ce type de jarre était destiné à la conservation de liquides (huile, vin) ou de denrées (grain). La glaçure permettait l’étanchéité du récipient. Ces jarres pouvaient être enterrées au trois quart dans le sol, ou bien placées côte à côte dans un lieu de stockage.
La grande taille et le contour de ce pot, avec ses deux poignées, suggèrent qu'il était aussi décoratif que pratique. La plupart des grandes jarres à vitrage vert ont été trouvées en Espagne, où elles ont été produites, mais il est possible que certaines d'entre elles aient également été exécutées sur le territoire almohade au Maroc, comme le suggère un jar du XIIIe ou XIVe siècle trouvé à Salé.

L'exposition de 2014 sur le Maroc médiéval au musée du Louvre, à Paris, a abordé l'importance de l'eau à la cour almohade et dans la culture urbaine contemporaine. Il est suggéré que la dynastie almohade, suivant des rites sunnites stricts, accorde une grande importance aux rituels des ablutions. Les potiers almohades produisirent de grands bassins d'ablution et des têtes de puits avec une technique similaire indiquant la forte demande de l'élite urbaine locale ainsi que le résultat de la multiplication et amélioration des fours à céramique.

Références :
Muséo de la Alhambra, Grenade, Inv. N°RE4606 et R.E.3127, publiés dans "Arte islámico en Granada", 1995, cat.146, p. 383 et cat.149, p.387.
Salé, the Challa archaeological site, inv. N°SAL 98
Muséo de Mértola, Inv. N°CR/ET/0067.
Maroc, les trésors du royaume, Exposition Paris, Paris-Musées, 1999, n° 243 p. 163 pour un exemplaire similaire.
Y. Lintz, Le Maroc médiéval. Un empire de l'Afrique à l'Espagne, 2014, p. 340 à 345. et cat.327
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